Quoique n'ayant pas de documents iconographiques inédits à fournir, j'en suis désolé, je me permets d'ouvrir ici un sujet qui continue de constituer une énigme. (Enfin, pour moi !
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Comme on le sait, la Ferrari 512 S, trop hâtivement construite, fut un échec face aux Porsche 917 dont on avait, chez Ferrari, sans doute sous-estimé les ressources. De même, l'apparition de la surprenante 908/3 qui allait tailler des croupières aux puissantes mais lourdes 5 litres sur les circuits sinueux et bouleverser pour longtemps la conception des prototypes de course, n'avait pas été envisagée ! Une conséquence, peut-être, de ce boycott de la saison 1968 qui fit à Ferrari louper un épisode, à savoir que l'avenir appartenait aux prototypes petits et légers. Mais c'est une autre histoire !
Dès la mi-saison 70, Enzo Ferrari qui vient de comprendre la leçon, ordonne à Forghieri de revoir sa copie. Allégée, parait-il, redessinée et passée en soufflerie, dit-on, quoique le capot arrière semble plus relever des bricolages chers à Mauro Forghieri que d'une étude véritable, la 512 devenue M fait à Zeltweg des débuts fracassants sans toutefois parvenir à concrétiser. C'est chose faite à Kyalami quelques semaines plus tard, hélas, en l'absence de toute Porsche officielle.
Là dessus, la C.S.I. ayant annoncé la fin des Sport 5 L. pour 1972, Enzo Ferrari décide d'abandonner l'exploitation et le développement de la 512 pour se consacrer à la préparation d'un nouveau prototype 3L. (Ces années se caractérisent, chez Ferrari, par une politique sportive particulièrement girouettique !)
En 71, exceptée la voiture préparée par Penske qui rivalise avec les Porsche d'usine, les 512 M aux mains d'écuries privées vont se montrer très décevantes. Dès Daytona, alors que les pilotes Porsche se sont acharnés sur la 512 Sunoco sans parvenir à en venir à bout, elle terminera malgré tout 3°, mais dans quel état (!), un bon vieux spyder 512 S du N.A.R.T manque de peu remporter l'épreuve. Pédro Rodriguez et Jacky Oliver devront se cracher dans les mains pour aller chercher la victoire !
Sébring, Brandts Hatch, c'est la petite 312 PB d'usine qui fait parler d'elle. Mais sur le très rapide circuit de Monza, surprise ! En première ligne, à côté de la mini 312 PB, 3,50 mètres toute habillée, non pas une 917, non pas une 512 M, mais une 512 S/M dont je n'ai jamais compris par qui, exactement, elle était engagée (Filipinetti ? Müller ? Les deux ?) et par qui préparée ? Sauf la jupe arrière dont on s'est dispensé, l'auto reprend l'aérodynamique de la 512 S originelle. (Pourquoi ?) En contrepartie elle est mue par le moteur 512 M.
De là à faire douter des « améliorations » apportées par Forghieri en matière de poids et d'aérodynamique sur la 512 M ?
Quelques temps plus tard sur le Nurburgring, derrière l'escadron des protos 3 litres monopolisant, comme de juste sur ce circuit, les premières places de la grille, qui apparaît en tête de l'escouade des 512 ? Une légère et aérodynamique 512 M, non, un classique coupé 512 S !
On doute encore que la 512 M ait constitué une réelle évolution par rapport au modèle originel ! ? En tout cas, elle ne l'a pas prouvé.
Quoi qu'il en soit, si quelqu'un peut apporter un éclairage inédit sur la mystérieuse 512 S/M des 1000 kms de Monza 71, ce serait sympa !