Paris, Aéroport Charles de Gaulle, lundi 8 janvier 2007, 15h05. Avec une grosse demi heure de retard, notre avion prend son envol vers Dubai. Nous sommes super excités mais sereins car le moment tant attendu est enfin arrivé. Nous sommes dans l’avion et plus rien ni personne ne pourra nous empêcher de réaliser notre rêve : participer à la seconde édition des 24 heures de Dubai…
Après environs 7 heures de vol, le Boeing 777-300 de la compagnie Emirates se pose à l’aéroport de Dubai. Il est presque une heure du matin – heure locale. Un accompagnateur nous attend à la sortie de l’appareil pour nous faire passer les différents contrôles de douane et d’immigration.
Dès la sortie du terminal, nous ressentons la fraîcheur de la nuit et sommes frappés par la propreté des lieux; pas un papier, pas un mégot, pas une tache.
Après quelques minutes de marche, nous atteignons enfin un minibus Toyota aux couleurs de Desert Adventures. Durant le trajet vers notre hôtel nos yeux scrutent les alentours… c’est incroyable, Dubai est un immense chantier. Partout, absolument partout d’immenses tours se bâtissent. Elles sont surmontées de grues et les parties basses sont déjà habitées alors que le haut est toujours en construction… Incroyable !!!
Arrivée à l’Arabian Park Hotel à Bur Dubai. Nous prenons possession de nos chambres et après une bonne mais courte nuit de sommeil, nous nous retrouvons tous les treize au buffet du petit déjeuner.
Vers 10h30, six d’entre nous partent en taxi au World Trade Center - trajet : 10 minutes à tout casser. Nous louons trois Toyota Corolla pour effectuer nos déplacements de l’hôtel au circuit. Le trajet de retour à l’hôtel nous prend plus d’1h30. C’est grave quand même quand on ne connaît pas le chemin !
13h00 : Nous sommes en route direction Al Ain puis Jebel Ali en empruntant l’Emirates Road. Nous atteignons Dubailand puis l’entrée de l’Autodrome sans trop de problème. Heureusement, car nous avons un peu de retard sur l’horaire prévus.
Nous pénétrons avec les voitures dans le paddock et nous garons le long des grillages, face à une colline de sable et de cailloux au sommet de laquelle passe la piste.
Dès notre arrivée au circuit nous nous rendons compte de la parfaite organisation de ces fameuses 24heures de Dubai.
Tous les containers sont alignés derrière les stands sur un paddock d’asphalte plat comme un billard. Les installations sont grandioses et là aussi, d’une propreté exemplaire. Le stand 3b nous a été attribué et nous devrons le partager avec First Motorsport. Cet autre team belge est présent avec deux Porsche 996 Supercup. A côté, au 3c, la Porsche GT3 RS de Penders / Lamot / Schrauwen / Van de Velde trône déjà dans un stand digne du Salon de l’Auto.
Les représentants de DHL viennent nous ouvrir le container et c’est avec soulagement que nous constatons que tout est encore en bon état à l’intérieur. La voiture est délicatement poussée en dehors et les caristes se mettent en route pour décharger nos cinq palettes de matériel, outils et pièces de réserve.
La journée, initialement prévue pour uniquement décharger, passer le contrôle administratif et puis visiter la ville, se mue en une révision complète de la voiture et en une séance de relooking de la décoration carrosserie pour pouvoir passer le contrôle technique où notre monture revendique 1550kg (à vide) sur la balance ??? 350 kg de trop par rapport au minimum autorisé !!!
Nous rentrons ensuite à l’hôtel et après une bonne douche partons au Wafi City Center, un mall (centre commercial) entièrement décoré à l’Egyptienne. Nous soupons dans une ambiance jazz accompagnés par une chanteuse et un orchestre. Un souper succulent et pour vraiment pas cher. Nous sommes tous étonnés.
Le lendemain, les femmes partent visiter la ville pendant que pour les hommes s’achève la révision de la voiture. J’en profite également pour faire une promenade dans la pitlane avec Christian Deridder, histoire de voir les forces en présence. Au vu de tous les teams professionnels présents, nous avons replacé nos prévisions à la baisse : « Si nous terminons dans les 40 premiers, ce sera un exploit. »
Durant la journée, nous avons le plaisir également de rencontrer des belges établis à Dubai depuis quelques années et qui nous proposent de nous aider lors d’un prochain voyage. Nous faisons aussi connaissance de quelques autochtones fascinés par notre voiture qui il faut le rappeler est unique au monde. Nous échangons nos adresses email et promettons de rester en contact.
En fin d’après midi, nous avons la possibilité de faire nos premiers tours de roues sur la piste avec les voitures de location. Cette séance de reconnaissance nous permet de prendre quelques repères réels et nous nous rendons bien vite compte que notre préparation à l’aide des conseils de notre ami Olivier Bruixola et d’un film amateur trouvé sur internet nous est bien utile, mais très insuffisante.
Nous quittons le circuit relativement tôt et nous nous rendons après avoir récupéré nos chères accompagnatrices à la soirée d’ouverture organisée par le promoteur de l’évènement. La soirée se donne dans les jardins du Jumeira Beach Hotel, juste en bord de plage, sous les fenêtres du Burj Al Arab, le fameux hôtel en forme de voile, symbole de Dubai.
Nous quittons la réception un peu déçus par les boissons et zakouski « offerts » pour 35 Euros par personne et nous rendons juste à côté, toujours en bord de plage, dans un restaurant Malaisien où nous attendait un buffet mémorable.
Jeudi 11 janvier : Un journaliste de BMW magazine passe plus d’une heure avec nous et son photographe prend des centaines de photos de la voiture sous tous ses angles. Les premiers essais libres se déroulent de 11h30 à 13h15. André Carlier prend la piste le premier histoire de voir si la voiture est en ordre. Après deux ou trois tours, il rentre au stand. « La pression d’huile est beaucoup trop haute, le moteur va casser ».
Après concertation avec mon père et les mécanos, il est décidé de continuer la séance pour apprendre le circuit, mais sans dépasser les 4000 tours/minute… De toute façon, nous avons un moteur de réserve avec nous pour le cas où celui-ci rendrait l’âme.
Je prends donc le volant et me voilà parti sur une piste dont la trajectoire est propre mais les bas côtés pleins de sable. Les freinages sont hyper importants et se doivent d’être très tardifs. J’emmagasine les informations et petit à petit, tout en me « promenant » je mémorise la bonne trajectoire. La piste est très technique, difficile mais aussi très rapide car formée de deux longues lignes droites qui permettent de se reposer après les enfilades de virages.
Après quelques tours, je rentre dans la pitlane et c’est au tour de Christian Deridder et puis d’Alain Fischer de prendre la piste. Un quart d’heure avant la fin de la période d’essais libres je reprends le volant pour pousser le moteur jusqu’à son rythme de 24 heures habituel - soit 6000 tours/minute - histoire de voir s’il tient le coup. Le damier m’est présenté et c’est avec un temps relativement médiocre à mon goût que je regagne le stand. Le moteur a tenu et décision a été prise que pour les qualifs de jour nous monterions à 6000 tours sans tenir compte de la pression d’huile et ceci durant toute la durée de la période.
Première séance qualifs : la pression d’huile est toujours trop haute mais nous décidons de mettre la patate. Si le moteur casse, nous avons de toute façon suffisamment de temps pour le changer. Après avoir un moment navigué aux alentours de la 25ème place, la séance se termine. Nous avons le 44ème temps : 2’27’’198. Bof, bof ! Nous ne nous attendions pas à mieux, mais les autres sont vraiment très rapides. Il ne faut pas oublier que notre voiture est de très loin la plus lourde du plateau et que beaucoup de teams professionnels sont présents.
18h00, les essais de nuit commencent et c’est Alain Fischer qui s’élance le premier dans un couché de soleil à faire rêver. La nuit tombe très vite et le circuit devient complètement sombre. Les quatre phares au Xénon se montrent très insuffisants pour Alain et André qui ont du mal à trouver leurs repères dans ce sombre désert. Christian et moi même sommes satisfaits tout en considérant qu’il serait sage de rajouter deux phares anti-brouillard supplémentaires. La séance se terminant à 20h30 et les commerces restant ouverts le jeudi soir jusque 22h00, un petit groupe d’entre nous partit donc à la recherche d’un accessoiriste en ville. Ils reviendront à l’hôtel bredouille, mais avec une adresse d’un éventuel revendeur. Rendez vous est pris pour vendredi matin.
Vendredi 12 janvier, nous ne participons pas au warm up et consacrons une bonne heure et demi au montage des anti-brouillard achetés chez Chris, un préparateur de voitures de rallye local qui a accepté de nous ouvrir son magasin alors que c’était son jour de fermeture.
13h15 les voitures quittent petit à petit leur stand pour se rendre sur la piste où elles sont présentées en épi. Un pitwalk est organisé et des centaines de personnes parcourent la grille de départ en faisant des photos des voitures et des pilotes. L’ambiance est festive et décontractée. Nous profitons de ce moment intense mais privilégié pour faire une série de photos avec le Prince Abdulaziz Bin Turki Al Faisal, qui pilote lui aussi une des 81 voitures inscrites à l’épreuve.
14h00, après un tour de chauffe le feu vert est allumé et les 24 heures de Dubai peuvent commencer. Je suis au volant, décide de ne pas dépasser les 6200 tours/minute et de laisser partir les concurrents qui étaient derrière moi sur la grille. De la 44ème place, je me retrouve vite à la 54ème mais j’apprends mes trajectoires et mes freinages en condition de course. Très rapidement, je passe d’un temps de 2’40 à un temps régulier de 2’31. Tout ça en freinant de plus en plus tard. Après deux heures, je donne le volant à André Carlier alors que nous sommes en 38ème position. Il est ensuite remplacé deux heures plus tard par Alain Fischer qui effectueras le premier relais de nuit. Les phares additionnels se montrent très efficaces et les temps descendent de nuit à 2’27. Tout va bien !
Après son deuxième relais (de nuit), André est victime d’un malaise qui le rend incapable de conduire. Nous nous relaierons donc à trois pour terminer l’épreuve. A noter l’excellente prestation de Christian Deridder de nuit et sans les grands phares !!! Il a tout simplement inversé la commande et ne s’en rendit compte qu’après deux heures, au moment de rentrer dans la pit-lane pour le changement de pilote.
En milieu de nuit, alors qu’Alain Fischer est au volant, une Porsche en perdition vient percuter notre BMW. La porte et l’aile avant droite sont touchées. A peu près 20 minutes sont perdues dans les stands. La tenue de route est un peu modifiée à cause de l’aileron qui a été arraché dans l’accrochage mais la voiture se comporte toujours convenablement. Malheureusement, à cause de cela, nous nous retrouvons à nouveau aux environs de la 50ème place.
Le jour se lève et la température monte rapidement sans être excessive ni dérangeante. Le reste de la course se déroule sans soucis et à part des changements de pneus, de plaquettes de frein et l’appoint l’huile de pont et de moteur, rien ne nous obligeras plus à nous arrêter au stand inutilement.
Vers midi et quart samedi, je prends le volant pour le tout dernier relais de cette course fabuleuse. Nous sommes alors en 37ème position mais les écarts sont très faibles. Il faut donc tenir la cadence sans fléchir. Je décide donc d’attaquer un maximum et de passer mes vitesses à 7000 – 7400 tours.
En un peu moins de deux heures, je gagne encore une position. Après deux derniers tours au ralenti car les places sont figées, je passe le drapeau à damier en compagnie de la Clio GDC du team AD Sport sous les acclamations des teams belges. Nous terminons donc 36ème sur 81 au général et 16ème sur 27 à la classe.
J’ai des larmes plein les yeux tout au long du tour d’honneur, je saute de joie dans mon baquet, frappe sur le volant, crie par la fenêtre, salue les commissaires. Après avoir rentré la voiture dans le parc fermé, je rejoint toute mon équipe qui m’attend derrière les grilles… Ils sont tous là… Embrassades et larmes de joie pendant de longues minutes. C’est un des plus beaux moments de ma vie.
Maintenant, avec juste quelques heures de recul, c’est décidé, je serai à Dubai en 2008, pour la troisième édition des 24 heures. Alain et Christian ont déjà décidé de m’accompagner l’an prochain pour une nouvelle aventure inoubliable au Moyen-Orient.
Avant de clôturer ce résumé de notre séjour, j’aimerais remercier nos rares sponsors et mes compagnons de voyage… mes équipiers bien entendu, mais aussi toute l’équipe qui nous a soutenu: les mécanos (Jean-Philippe, Massimo, Peter et Nick), nos liaisons voiture / stand (Monique, Annemie, Petra et ma femme, Daisy), Annick des Lignes Amarantes qui nous a préparé le voyage et surtout Hervé, notre team manager qui a passé 24 heures debout au mur, sans repos. Merci Papa, merci à vous tous.
Un seul regret : n’avoir pas eu le temps de visiter la ville, mais heureusement, ce n’est que partie remise.

Message édité par raf vds le 18-01-2007 à 22:33:57
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Ne laissez jamais personne vous voler votre rêve