Récupéré sur un journal local Ajaccien cher à cece, "In Piazza Magazine"
Rallye des 10 000 virages : L’hymne au pilotage
La légende est bel et bien en marche. Depuis 1956, des milliers de trajectoires ont mené des pilotes vers les sommets de la hiérarchie mondiale. En fait, depuis qu’un groupe de passionnés et de gentlemen drivers ont décidé de donner à la Corse une image de marche en avant. Tout simplement. Une image d’une région déterminée, pleine de fougue et de passion maîtrisée. Le résultat a été tout simplement remarquable. Le Tour s’est taillé une solide réputation de robustesse et les pilotes qui l’ont emporté, comme l’épreuve, sont entrés dans a légende. Non, le Tour de Corse n’est pas mort. Il vit encore et continue sa trajectoire vers des lendemains de bonheur. Et s’il ne compte plus pour un championnat qu’importe. N’est-il pas solidement ancré dans le cœur de ceux qui aiment le sport auto, le vrai ?
E cusi sia !
Merveilleux Tour de Corse, celui de mon enfance, celui que j’ai « assuré » pour mon journal plus de trente années durant, celui qui m’a fait connaître les plus grands volants internationaux, celui qui m’a fait vibrer sur le bord de la route et dans les parcs fermés. C’est ce Tour de Corse là que j’aime, celui de l’ambiance et de la convivialité, celui où le pilote ne se prend pas la tête et où l’organisateur ne roule pas les mécaniques, celui qui rassemble tout un peuple qui fête son monument sportif.
Un jour de franche rigolade autour d’un feu de bois arrosé au figatellu et vin rouge, Jean Luisi - père - l’un des grands concepteurs de Tour, me disait : « Tu sais, ce Tour de Corse, c’est notre enfant et même adulte, ça reste un bébé que l’on chouchoute, un enfant que l’on élève, un grand Monsieur que l’on continue de driver avec la passion qui soulève les montagnes. Alors, tu sais, championnat du monde ou pas, nous ne le laisserons pas tomber, jamais ô grand jamais notre Tour, il est désormais ancré dans le patrimoine. Même si souvent ce « géant aux pieds d’argile » montre ses faiblesses, il y aura toujours des passionnés comme nous pour le soutenir, lui redonner des forces et lui assurer des lendemains qui chantent… »
Il avait bien raison mon ami Jean Luisi et l’autre Jean, son fils, semble sur la même longueur d’onde. Il y est venu tout gamin traîner dans les bureaux de la place De Gaulle et il est revenu plein d’usage et raison prendre le relais, s’investir et travailler au sein d’une grande famille solidement accrochée à « son Tour »…
Je parle de Jean mais je pense aussi aux autres, ceux qui ont pris la relève des anciens, qui ne manquent jamais une réunion ou un rallye, ceux qui défendent avec l’acharnement que l’on sait leur épreuve et celle de tout un peuple, ceux qui continuent de travailler dans l’ombre pour assurer sa pérennité, ceux enfin qui tiennent le Tour à bout de bras et qui méritent un énorme coup de chapeau. On ne doit jamais les oublier, jamais…
Il faut savoir rebondir !
La réussite du Tour de Corse, ce n’est un secret pour personne, est principalement due à un groupe de personnes, les François Siciliano, docteur Sermonard, Toussaint Rombaldi, Louis Bianchetti, Jean Luisi, Paul Usciati, Charles Leonardi, Jean Pinelli, René Vignocchi, Jean Rasori, Pierre Colombani et bien d’autres encore qui ont œuvré des décennies durant, se sont heurté à des barrières qu’il ont franchi avec la foi qui soulève les montagnes. Ils sont sortis de tous les orages, de toutes les menaces, pour mener à bien leur travail et l’imposer au beau milieu d’un calendrier mondial qui n’accepte que le travail bien fait. Ce sont des pionniers qui, fort heureusement, ont fait des petits qui ont poursuivi l’œuvre en la peaufinant, avec toujours la même passion, la même méticulosité.
Grace à eux, le Tour de Corse est devenu une sorte de mythe, un événement international certes fragile, mais combien apprécié tant par les instances mondiales que par les constructeurs.
L’envol eut lieu en 1973, année de la création du championnat du monde des rallyes dont leTour de Corse devint l’un des piliers incontournables. Jean-Marie Balestre, alors président de la FIA et de la FFSA, déclarait sur le podium d’arrivée : « Il existe trois épreuves phares en France, les 24 Heures du Mans, le Grand Prix de France et le Tour de Corse. Il faut toujours les préserver, les maintenir, les supporter, les aider à ne pas mourir. » Jean-Marie s’en est allé et avec lui le Grand Prix de France. Les 24 heures tiennent bon, le Tour de Corse aussi.
C’est vrai que le sport auto évolue bien trop vite, il faut s’adapter, casser des années de travail rendre une épreuve mythique à une simple et stupide boucle, mais c’est ainsi et l’on ne peut rien changer sur un cahier des charges pourtant très controversé.
Alors, il a fallu faire avec, revoir ses notes, respecter l’alternance prônée par la FIA et rebondir, trouver une autre solution pour maintenir le colosse sur la voie de la légende afin de lui redonner l’oxygène avec lequel il a survécu plus d’un demi-siècle. Jean Luisi fils et ses amis ont réagi, très vite et apparemment très bien. Ils ont apporté le souffle novateur et redonné vie au mythe en revenant à une épreuve plus humaine, plus corse, plus en phase avec la passion des insulaires pour le sport auto, pour leur monument sportif qui va nous offrir un come back d’une grande brillance.
Fango, Barchetta, Notre Dame de la Serra, Gradello, Castagniccia, Bozio, Sarsoghju, que de noms évocateurs pour les gens de rallye, que de spéciales qui vont rafraîchir notre mémoire et nous redonner la joie au coeur de notre bon vieux Tour de Corse d’antan, ses sorties de nuit autour d’un grand feu, ses odeurs d’huile de ricin qui se mêlaient à celle du figatellu que l’on faisait rôtir en attendant le passage des voitures. Retrouver ces gestes et ces instants de pur bonheur ne déplait pas à nos compatriotes qui vont ressortir bousons fourrés et bonnets pour « affronter » le froid automnal au son des échappements libres…
Quelqu’un a dit un jour que sur le Tour de Corse, les chemins de la victoire passent toujours par les routes de l’enfer.
La Corse va retrouver sa fête de l’automobile. Entre le 10 000 virages et l’Historique, c’est à un authentique bain de jouvence que l’on a droit.
Pourquoi s’en priver !
J. di T.M.
53e Tour de Corse Parcours et spéciales comme aux plus beaux jours…
Tous dans le bain ! ASAC Tour de Corse, Bastiaise, Corsica, Restonica et Terre de Corse main dans la main pour une épreuve unique mais mythique, monument sportif, voilà qui va mettre en valeur le savoir-faire d’une bande de passionnés au passé prestigieux qui ont apporté au sport automobile insulaire ses plus belles lettres de noblesse. Un exemple pour les autres disciplines sportives…
858 kilomètres dont 218 d’épreuves chronométrées, deux étapes et onze spéciales précédées d’un prologue, la Corse en long, en large et en travers (normal pour un rallye !), voilà qui va mettre du baume au cœur de nos passionnés trois jours durant, trois jours de pure merveille mécanique pour un public qui va enfin retrouver son Tour de Corse, celui des années folles, celui qui a permis à bien des constructeurs français et étrangers de se faire une solide réputation sur un terrain que tous, sans exception, s’accordent à reconnaître idéal comme banc d’essai mais aussi au niveau des performances réalisées par les pilotes les plus en vue.
Cette année, les « heureux » qui seront parmi les 120 engagés, vont retrouver des classiques parmi les classiques du Tour, les spéciales mythiques, inoubliables d’un rallye qui a conquis pilotes et observateurs des décennies durant.
Des étapes bien équilibrées
A commencer par le prologue, qui aura pour cadre Notre Dame de la Serra, sur les hauteurs de cette Balagne si attachée au Tour. Les reconnaissances auront lieu les 24, 25, 31 octobre et le 1er novembre.
Prologue : il aura lieu sur la traditionnelle route de notre Dame de la Serra et le Fango pour un périple de 29 kilomètres rapides, où toutes les conditions sont réunies pour satisfaire pilotes et public : longues courbes, portions de grande vitesse, il y en aura pour tous les goûts.
1ère étape : Calvi-Porto-Vecchio : 330 km dont 94,7 de spéciales. On reste dans les classiques qui ont fait le tour et bien d’autres épreuves, avec ce premier jour, dont l’arrivée sera jugée à Porto-Vecchio sur le coup de
16 h 30. Les concurrents disputeront 5 épreuves chronométrées à savoir : Montemaggiore-Feliceto (15, 2 km) puis sortiront à Barchetta après une zone d’assistance avant d’attaquer le gros morceau de la journée, notamment Barchetta-Morosaglia (28,2 km), la plus longue de cette édition 2009, puis San Lorenzo-Francardo (16,2 km) et regroupement à Corte. Les deux dernières épreuves auront lieu à Noceta-Salastraco (20 km) et Mignataja-Ventiseri (14,8).
2e étape : Porto-Vecchio-Ajaccio : 460 km dont 102 de spéciales. On retrouve les grandes classiques qui ont fait la réputation du Tour de Corse et le bonheur des passionnés. Cinq épreuves pour rallier Ajaccio, mais quelles épreuves, avec notamment Col de Bacino-Caldane (21,4 km), puis dans la foulée, la terrible Aullène-Zicavo (15 km), classique parmi les classiques qui rappellera de beaux souvenirs à Claude Balesi, vainqueur scratch de cette épreuve un jour de mauvais temps et de neige au mois de mai… Seul le porto-vecchiais avait prévu des pneumatiques à structures alors que les autres concurrents, et pas des moindres, étaient tous ou presque dans le décor…Victoire historique du concessionnaire Renault de l’extrême Sud !
On enchaîne avec Bains de Guitera-Sainte Marie Sicché (27 km) après quoi les pilotes marqueront une pause à Ajaccio.
L’après-midi, re-classiques avec deux monuments du Tour, Vico-St Roch (13 km) et Liamone-Sarsoghju (25,6 km).
Vico-Saint Roch, c’est la Corse profonde, avec ses lacets, ses virages étroits qui n’en finissent plus, ses accotements qui n’en sont pas, ses surprises à chaque virage et des changements de rythme qui n’en finissent jamais de finir. Les 13 kilomètres de cette portion de route typique de la Corse ne manquent pas de pièges, loin s’en faut. Il faudra se montrer vigilant à chaque seconde, à chaque secousse car il y en aura sur ce trajet d’un autre temps…
Autre difficulté de cette « sortie » de Tour de Corse, la fameuse épreuve Liamone Col de Sarsoghju, 25 kilomètres de belles enfilades, de grosse attaque et de surprises de taille pour les pilotes qui seraient tentés de se distraire et surtout de croire que le terme n’est pas loin. La route est agréable mais piégeuse et mieux vaut ne pas se laisser surprendre.
Les plus heureux dans tout cela ? Les spectateurs insulaires bien sur, heureux de retrouver un Tour de Corse qui ressemble à quelque chose, une épreuve plus proche du public et des amateurs, un rallye comme aux plus beaux jours et, une fois n’est pas coutume, une manifestation sans l’ombre d’une menace, d’une épée de Damoclès qui reste des décennies durant suspendue sur la tête des organisateurs bénévoles.
Il fallait en finir et c’est mieux ainsi. Pour que vive le Tour de Corse.
J. di T.M.
Message édité par reghiu le 05-11-2009 à 17:46:19
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"Ne nous prenons pas au sérieux, il n'y aura aucun survivant" Alphonse ALLAIS.