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Volant moteur défaillant : souci récurrent sur les diesels récents
JEAN-RÉMY MACCHIA SUR FRANCE INFO 10.12.2009, 13:45
Vous l’avez peut-être subie si vous possédez une voiture diesel de moins de neuf ans. C’est une des pannes « à la mode » aujourd’hui. Car les soucis de ce qu’on appelle le « volant moteur » sont vraiment fréquents. Et les constructeurs les prennent mal en charge…
C’est un souci qui affecte de façon chronique certains diesels – uniquement des diesels – sortis depuis 2000. C’est la Toyota Avensis en version D4-D qui a « ouvert le bal ». Mais, depuis de nombreux modèles ont subi le même problème.
C’est quoi, le volant moteur ?
C’est une sorte de plateau, contre lequel vient se coller l’embrayage lorsque vous avez passé une vitesse. Sur les voitures diesels plus puissantes sorties depuis 9 ans, ce volant moteur peut se montrer défaillant.
Cela se traduit par quoi ?
D’abord, quelques broutements, comme des à-coups, juste après les changements de vitesse. Vous pouvez aussi entendre un bruit métallique, surtout au ralenti et en accélération. Puis, assez rapidement, vous pouvez vous retrouver immobilisé.
Et ça affecte des séries précises de voitures ?
Exactement. Des séries parfaitement identifiées, et connues des constructeurs. L’ennui, c’est que les marques assument plutôt mal leurs responsabilités. Et qu’elles laissent les réparations à la charge des automobilistes. Ca revient tout de même assez cher. D’autant plus que, lorsque vous changez le volant moteur, vous remplacez également l’embrayage.
Il y en a pour… ?
Couramment 1 600 à 1 800 €. Et jusqu’à 2 200 € sur les Toyota, avec des pièces de rechange plus chères. Le problème, c’est que ce souci survient vers 70 000 km, soit, couramment, hors période de garantie.
Et les constructeurs assument mal ?
Oui. Trop souvent, la réparation est laissée à votre charge. Nous avons parlé des Toyota, sur les Avensis et Rav 4. Mais le problème affecte aussi les Peugeot 307 HDI 110. Là, des prises en charge sont assez couramment accordées. Il en va de même chez Mazda et Volkswagen, avec des participations, malheureusement limitées. Le groupe Volkswagen (marques Volkswagen, Seat, Skoda et Audi) a lancé en 2006-2007 une très vaste campagne de rappel sur ce point, concernant près de 450 000 voitures, construites d’octobre 2003 à juin 2005. Mais quelques voitures d’une de ces 4 marques font encore état, aujourd’hui, de problème de volant moteur.
Encore moins favorable pour ses clients, l’attitude de Ford. La marque est très touchée, en particulier sur les Focus et C-Max de 2002 à 2005, et aussi parfois sur les Mondeo. Elle assume très mal ses responsabilités, et accorde rarement des remboursements, même partiels. Avec en plus un service après-vente qui ne répond pas toujours aux clients.
Pourtant, il devrait y avoir prise en charge intégrale ?
Bien sûr que oui. On est typiquement, non seulement dans ce qu’on appelle le vice caché avec l’obligation d’une garantie sans limitation de durée. Mais en plus dans le défaut de conception caractérisé, dont le client n’a pas à payer les conséquences.
Le volant moteur n’étant pas une pièce d’usure, il doit être remboursé à 100%, pièce et main d’œuvre. On peut admettre que l’embrayage, qui au contraire est une pièce d’usure, soit laissé en partie à la charge du client. Donc que les automobilistes au total déboursent 200 à 300 €, mais pas plus.