Présentation du secteur automobile
Secteur essentiel de l’économie française, l’industrie automobile (constructeurs et équipementiers) emploie directement près de 365 000 personnes mais génère également 270 000 emplois par ses achats aux autres branches. Plus largement, en intégrant les secteurs situés en amont et en aval (distribution, réparation, etc.), et les activités de transports et de services, ce secteur représenterait de l’ordre de 2,5 millions d’emplois en France.
- Les constructeurs
Les constructeurs automobiles français ont réalisé en 2003 un chiffre d’affaires de 92,854 milliards d’euros et assurent 191 642 emplois directs en France (364 714 au total). Les constructeurs étrangers implantés en France (Toyota et Daimler Chrysler au travers de Smart) emploient environ 5 500 personnes. Toyota a produit en France 184 000 Yaris en 2003 et a augmenté la capacité de cette usine pour la passer à 240 000 par an. Ces véhicules sont commercialisés pour 15% en France et exportés en Europe pour le reste (85%). Smart a produit 125 000 véhicules en 2003 dans son usine de Hambach en Lorraine dont la capacité de production est de 200 000 véhicules par an.
Par des stratégies sensiblement différentes, les deux principaux constructeurs français ont poursuivi la consolidation de leurs places respectives, en terme de nombre de véhicules vendus (données 2003 : 6ème pour PSA et 10ème pour Renault) au sein des constructeurs mondiaux de premier plan.
Ces constructeurs partagent tous les mêmes préoccupations pour les années à venir :
* réussir leur développement international, en prenant des positions sur les marchés mondiaux prometteurs, mais aussi risqués, ce qui entraînera une moindre dépendance du marché européen a priori le moins en développement, le plus complexe et le plus concurrentiel,
* savoir intégrer au mieux dans leur offre les différences de règlements entre la communauté européenne et les autres continents,
* contenir voire diminuer l’impact financier de leurs nouveaux développements et de leur " relation au client " ( distribution, réparation, garantie,…)
* poursuivre une politique d’innovation forte,
* continuer à faire baisser les coûts de leurs fournisseurs, et d’une manière générale à pousser toute la filière à améliorer sa compétitivité.
- Les équipementiers
Le secteur de l’équipement automobile, selon le traitement statistique effectué par la FIEV (Fédération des Industries des Equipements pour Véhicules) prenant en compte les sociétés industrielles nationales et internationales implantées en France, a représenté en 2002 un chiffre d’affaires de 21,0 milliards d’euros, en progression de 2,9 % par rapport à l’année précédente.
Les exportations directes totales (ventes d’équipements directement aux constructeurs hors de France) ont faiblement progressé au cours des trois dernières années, mais représentent 40 % du chiffre d’affaires du secteur. Il convient de souligner que la progression des exportations des équipementiers a été constante au cours des années 1990-2000 et que, le solde commercial de la branche équipements pour véhicules demeure un des premiers postes excédentaires de la balance nationale, avec un excédent de 4,3 milliards d’euros en 2002 (-9,2 % par rapport à l’année 2001). Cette baisse s’explique notamment par une hausse de plus en plus significative des importations en provenance des pays à faible coût de main d’œuvre.
Le bon niveau d’activité observé en 2002 a permis un relatif maintien des effectifs du secteur (variation de -0,2 % par rapport à 2001), à 109 560 personnes. Cette évolution s’explique également par le fait que l’élargissement de l’assise des équipementiers (consécutive au recentrage des constructeurs sur leurs activités de base) permet de compenser, pour une part, les gains de productivité réalisés par les entreprises du secteur.
La rentabilité financière du secteur est un enjeux important : les résultats publiés par les principaux équipementiers font apparaître un tassement des marges lié en particulier aux baisses de prix significatives demandées par les constructeurs.
- Evolution de la filière
Le secteur des équipementiers de rang 1 a fortement et constamment évolué sous la pression de la concurrence et des prix ces dix dernières années.
Les constructeurs automobiles qui fabriquaient une majorité des équipements d’une voiture ont en effet progressivement sous traité ou externalisé la fabrication et le développement de ces composants à des sociétés spécialisées.
Au cours de la même période, des mouvements de concentration ont conduit à l’émergence de grands groupes internationaux.
Pour restaurer leurs marges, malgré la pression constante sur les prix exercée par l’ensemble des constructeurs automobiles, mais aussi pour gagner des parts de marché ( ou seulement les conserver), les équipementiers de rang 1 ont fortement investi dans la R&D (actuellement environ 6% de leur chiffre d’affaires).
Toutes ces évolutions ont un impact grandissant sur le reste de la filière : les équipementiers de rang 1 entrent en effet dans une démarche similaire à celle menée par les constructeurs automobiles il y a dix ans, en s’entourant de sous traitants auxquels ils confient des prestations de fabrication et de recherche sur les composants constituant leurs équipements.
Les équipementiers de rang 2 et plus constituent quant à eux un tissu régional important, en quantité ( plusieurs milliers d’entreprises), en compétences, et bien sûr en terme d’impact économique et d’emplois. Beaucoup d’entre eux devront, au moins aussi rapidement que les équipementiers de rang 1, évoluer en intégrant les demandes de leurs donneurs d’ordres et en faisant face à une concurrence croissante de pays à bas coût. Ces entreprises doivent donc maintenir et développer des avantages compétitifs par rapport à ces pays.