Les mamans et les papas du monde ne me porteront pas la contradiction ; vers l'âge de cinq ans tous les petits garçons affirment, en bombant leur petit torse, projets et ambitions pour les années futures. A cinq ans je claironnais partout haut et fort.
─ Quand je sera grand, moi je s'ra chauffeur d'avion à réaction, p'is j'aura une auto d' course.
Les adultes bienveillants autour de moi, dans le meilleur des cas, me reprenaient gentiment et simplement sans commenter ces idées extravagantes.
─ On ne dit pas je sera, mais je serai, et pas j'aura, mais j'aurai.
Les moins pédagogues oubliaient de me corriger mais insistaient bêtement.
─ C'est un pilote qui est aux commandes d'un avion à réaction et non pas un chauffeur. Et puis pour conduire une auto de course il faut manger beaucoup de soupe...
Le sale gosse joufflu que j'étais, s'entêtait
─ Et si…je sera chauffeur d'avion à réaction et…p’is j’aime pas la soupe...
Depuis, les années sont passées. Ecarté des terrains d'aviation, mon cursus ne m'a pas jamais conduit aux commandes des plus légers que l'air. J'ai les jetons chaque fois que l'avion, dans lequel j'ai pris place, décolle pour un long et beau voyage.
En revanche, jamais je n'ai abandonné l'idée d'acheter une auto de course, et là je commence avec le craquant cabriolet Mazda MX-5 1,8l Elégance Pack 126cv.
J'ai planifié l'achat de ce véhicule pour l'année 2007 et comme il ne faut jamais se mentir ; j’ai tenu ma parole...et suis propriétaire du bolide depuis un mois. Je vous propose de faire un tour avec moi...au volant bien sûr, oui j’ai encore du mal pour le prêter...Je vous raconte les premières impressions que j’ai ressentie lorsque je me suis installé au volant d’une MimiX-5.
La première énigme à résoudre, lorsqu'on s'installe dans le siège baquet d'une voiture de sport ; est : vais-je pouvoir me plier suffisamment pour rentrer là sans m'éborgner contre l'angle supérieur du pare brise.
Je mesure 1,82m et me réjouis d'en être resté là lorsque je règle la distance entre le siège et le volant ; je suis presque à fond, au dernier cran.
─ ?????? !! Pardonne-moi passager, je t'oubliais ! Tu es là debout, mais installe-toi sur le siège passager, voilà tu es bien là ? Oui, mais tu ne l'as pas bouclé...ta ceinture. Sinon j’ai le témoin d’alerte qui va "biper" sans arrêt
Les mains posées sur le volant à dix heures dix, je simule le passage des vitesses pour m'assurer de la bonne ergonomie de ma position de conduite.
Première sensation en regardant vers l'avant, la traverse supérieure du pare brise paraît incroyablement basse, on voit le gros bossage caractéristique du long capot du cabriolet MX-5.
J'ai lu des essais dans des revues automobiles spécialisées qui signalaient la position de conduite "au raz de la route" ; ces remarques me reviennent à l'esprit lorsque j'abaisse les vitres latérales.
J'ai l'impression d'être dans la voiture à laquelle je rêvais…à l'âge de 5ans : une auto d'course, une vraie.
C'est vraiment le panard que de pouvoir faire remonter ses désirs de garçonnet ; ils ne sont pas enfouis sous le poids des responsabilités, des convenances d'adultes, non ils attendent là, blottis dans ma mémoire de petit garçon, prêts à surgir aux premiers stimuli.
Comme mon couteau à cran d’arrêt lorsque j’étais scout, la clef se dégage de la télécommande quand on actionne un petit bouton chromé. J’engage et tourne la clef de contact. Le MX-5 frémit, quelques vibrations remontent par le fauteuil baquet en cuir, le démarreur lance le moteur, je devrais plutôt écrire "la musique" ; en effet, une symphonie, un envoûtant feulement me titille les oreilles, les 1798 cm 3, telles les grandes orgues de la cathédrale St Jean, libèrent leur souffle vrombissant.
Que c'est beau à entendre, la perception est d'autant plus aiguë que la capote est rabattue, donc pas d'obstacle acoustique. J'engage la 1ère à l'aide du très court levier de vitesse qui tombe bien sous la main.
L'accouplement embrayage/moteur, du fait de la puissance des 126 CV délivrés, me pose un petit problème, le compte tour grimpe à 2700 tr/mn, c'est trop, je relâche la pédale d'accélérateur, c'est mieux. Le cabriolet MX-5 roule sur le tarmac, je pointe le museau de la bête sur l'artère principale. Ne pas oublier le clignotant à droite, l'excitation de l'essai ne dispense pas d'être vigilant. Pas de véhicule en vue, la voie est dégagée, j'y vais, c'est parti et bien parti. Je m'applique à bien monter les rapports, le vrombissement se fait très présent car les sorties d'échappement sont à 1,50 m, juste derrière moi. Le passage des rapports est extrêmement précis et agréable. Une ligne droite se profile au bout du long capot du MX-5, quelques dégradations du macadam me font ressentir des trépidations dans le dos.
─ Que dis-tu passager ? Ah, ça secoue ! Ouuuuuuui maiiiiiiis c'eestt nooormaaaal !!!!Nous ne sommes pas dans une Bentley, je t'ai prévenuuuuuuuuu !!!!
Evidemment, un MX-5 sera contre indiqué pour un conducteur à la colonne vertébrale susceptible ; car en effet, les suspensions à double triangulation à l’avant et multibras à l’arrière font remonter les imperfections de la route. Rassurez-vous, si votre dos est normal, tout se passe bien ; les sièges cuir accueillants et enveloppants sont très confortables. Pour vous démontrer les qualités dynamiques du MX-5 nous allons faire de la ville et de la route, de sorte que nous pourrons piloter la voiture sans être gêné par le trafic.
Dans Besançon, ma ville, je longe les quais du Doubs pour déboucher dans des ruelles étroites et pavées. L'occasion d'apprécier l'extrême maniabilité du MX-5, l'étroitesse des ruelles me renvoie le son mélodieux du 1,8l. Cette rue dans laquelle je m'enfile est déserte à cette heure, j'en profite pour faire un créneau, si je le loupe personne ne le verra. A cet instant, en manoeuvrant me revient un souvenir d'enfance où mon copain et moi, nous nous étions payé la tête du conducteur d'une Triumph TR4, il avait arraché son enjoliveur de roue contre le trottoir. Sincèrement, je regrette cette moquerie imbécile.
Le dégagement total de la visibilité sur l'arrière facilite grandement l'appréciation des distances, la courte malle et un rayon de braquage contenu, moins de 10 m, me permettent de rentrer dans le créneau au premier essai.
J'en profite pour remettre la capote qui se manœuvre très facilement. Pour cela il faut abaisser les deux vitres d’environ 5 cm, libérer le verrouillage de la capote qui est repliée derrière soi, sans se retourner saisir les poignées en creux du fronton de la capote puis tirer celle-ci vers l’avant. Un dispositif à genouillère verrouille la capote sur le centre de la barre supérieure du part brise, au dessus du rétroviseur.
Ah ! Ça surprend, la capote étant noir, je ne suis pas familiarisé à cette sinistre ambiance ; je me croirais dans la Lison, la locomotive de Zola dans la Bête humaine !! Rassurez-vous, depuis je me suis habitué à être dans le noir, heureusement l’intérieur fauve de l’habitacle apporte de la clarté.
Je redémarre et n'entends plus ce beau vrombissement qui me poursuivait depuis le départ. La chaleur augmente dans le cockpit, ben oui, le noir est la couleur qui emmagasine le plus les photons, un souvenir ému des Beaux-Arts. En coulissant les vitres je parviens à abaisser la température de l'habitacle, et puis la ventilation est très performante sur le MX-5, l’emplacement des pulsateurs d’air est pertinemment adapté à l’habitacle. Je n’ai pas la clim’ et ne le regrette toujours pas.
A présent j'enchaîne, en grimpant une petite colline qui domine Besançon, une série de virages en lacet pour apprécier la propulsion...que du bonheur. Le MX-5 est ici sur son terrain de jeu favori, il vire sans verser ni tanguer, à plat, ce qui procure une sensation bizarre, comme sur un karting et j'arrêterai là cette offensante comparaison.
Les appuis sont francs et réactifs, liés à un excellent châssis qui absorbe intelligemment les différences de niveaux de la chaussée. Le très court empattement, 2,33m, est là pour favoriser les passages dans les épingles ; à noter qu’un empattement court n’est pas un atout pour la tenue de cap à très haute vitesse, je pense au-delà de 200 km/h...mais, c’est bien connu...on est rarement à de telles vitesses.
Le plaisir de conduire ce MX-5 est j'ose le dire : jouissif ; si on conduit une bagnole, en revanche on pilote un cabriolet Mazda MX-5. La nuance est telle que, grâce à l'architecture de la voiture qui confère un comportement informatif du châssis et une direction d’une grande précision, je peut placer le MX-5 là où je veux : dans les plans inclinés, les dévers, les déformations de la chaussée ; par conséquent, il est possible d'anticiper sur le positionnement de la voiture dans l'approche d'une courbe ou d'un virage.
Je roule depuis vingt minutes dans Besançon tout ensoleillé et songe, en voyant les panneaux de pré signalisation, à me diriger vers l'extérieur de la ville. La voie rapide sera le terrain idéal pour apprécier la conduite à haute vitesse, capote rabattue.
A un carrefour, le feu tricolore passe au rouge ; j'ai 1mn 30 pour décapoter. Une charmante conductrice derrière moi doit penser que je me livre à quelques travaux de maintenance sur ma voiture, inquiète, son regard va, comme un métronome, du feu rouge à la capote du MX-5. Ça y est tout est en place, le feu passe au vert, ça m’a pris 8 secondes...
Les deux vitres latérales étant complètement relevées, le volet anti remous positionné entre les deux arceaux de sécurité est dressé, la sensation de vitesse est atteinte dès les 110 Km/h. Les sons provenant des autres véhicules sont très perceptibles. La luminosité est extrême, seul, un flux léger sur le haut de mon front me rappelle que je roule "top down", en anglais ça veut dire "le haut en bas". J'entends un peu moins la sono du bord, mais toujours ce vrombissement qui me prend aux entrailles.
La tenue de cap, malgré la direction plus "directe" que sur une berline de père de famille, n'est pas piégeuse, bien au contraire la grosse monte de pneus, des 205/50R16 assure une trajectoire au fil.
Il est 16 h, je rentre à la maison. Alors mon passager ? Je te dépose au prochain arrêt de bus ? Toi, je sens que tu ne vas pas rester longtemps piéton...








Message édité par phiza le 23-08-2007 à 00:05:01
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On conduit une voiture... on pilote un cabriolet Mazda MX-5