Le 12-01-2008 à 06:48:37, savilleRW a écrit :
Bonsoir,
Puisque l'insomnie veille à ce que je ne prenne définitivement pas pour un Gai-Luron contre son mur, j'ai décidé de vous faire un petit reportage romancé d'un voyage aux confins du luxe (et non de la luxure) et du bon-goût , à savoir Monaco (d'où le smiley à lunettes), au volant d'XJ-Super V8. C'est un mélange comme tout roman, de vécu et d'imaginaire. Pour l'histoire, sachez que tout est vrai, sinon quelques détails apocryphes ou déplacés de leur contexte (plusieurs voyages compilés). Evidemment pas de nom, les lieux cités sont célèbres et néanmoins suffisamment anonymes pour ne pas qu'on me (nous) reconnaisse. Si c'est le cas, merci de ne pas le faire savoir. La jeune femme m'accompagnant n'est ni ma femme ni ma maîtresse, c'est mon (ex)"assistante personnelle", qui à ce titre partage plus de temps avec moi que ma moitié. Une intimité se crée, très proche, où le personnel et le travail souvent ne font qu'un. C'est difficile à comprendre pour beaucoup... pas la peine de broder, c'est de la dentelle.
Pour les mous du bulbe, à la capacité d'attention d'une page de Manga, le récit risque de durer un bon moment, sans sexe, merci d'aller faire un tour en boîte, et de retourner sur les forums-textos sans m'agonir de vos sarcasmes, merci. Et bien sûr désolé par avance pour les fautes et incohérences de syntaxe, je ne suis pas écrivain. ......
Le récit commence entre Toulon et le Massif des Maures où l'autoroute à l'immense avantage, pour nous les gens du nord, sortant de la terrible A6/A7 d'être à peu près déserte, belle, tournante, mais sans excès. Déjà, aux alentours de Salon-de-Provence, la douceur de l'air et les effluves d'essences de pins ont supplanté les odeurs d'essence tout court ou de gas-oil, lors d'un arrêt-service, ce qui surprends toujours et donne l'impression de rentrer chez soi. Le mois de septembre est beau, ni chaud ni venteux, ce qui dans le coin est synonyme de Mistral, glacial et qui énerve les locaux, qui n'ont nullement besoin de ça au volant. (Si!)
Le MYS ou Monaco Yachting Show s'annonce tranquille, les rendez-vous sont confirmés et donc rarement décalés. Ce qui me détends d'autant. Nous avons déjà 700 kilomètres dans les pattes et pourtant aucun signe de fatigue. J'ai fait la majeur partie de la route seul, G... pratiquant dès Paris son sport favori : ronflette à l'arrière. Siège passager avant en position "limousine" le compartiment arrière coté droit bénéficie ainsi de plus d'un mètre d'espace aux genoux. Ces sièges sont chauffants, inclinables, au soutien lombaire pneumatique ce qui permet de se masser les reins de temps en temps. Le cuir autoluxe y permet de dormir en toute quiétude sans transpirer ni glisser.
Je réveille G... en lui mettant l''Alléluia" de Jeff Buckley qu'elle ne connaissait pas il y a huit jours et qui l'a fait pleurer la première fois. Le rideau arrière est tiré, ceux des vitres latérales aussi, il fait donc très sombre malgré l'aube déjà lointaine. Et effectivement je la vois dans le rétroviseur s'éveiller (elle a la particularité de dormir assise, mains croisés sur son giron et tête très droite ; danseuse), le système Harmann/Kardon est d'une clarté telle que la voix cristalline de Jeff permet un réveil en douceur. Elle s'étire, descends le rideau afin de regarder le paysage, et elle sourit de toutes ses dents. Dans le compartiment entre les sièges, se trouve le minimum vital, un nettoyant sans eau ni savon, des compresses ouatées, de l'eau minérale et douze kilos de M&M's©, aliment de base de G... -"Bien dormi?"
-"Oui, pas trop fatigué?""
-"Non"
-"Les yeux?"
-"Nickel"
Et de fait le régulateur (même avec son foutu radar adaptatif), la suspension pneumatique, la boîte auto et les phares d'une efficacité redoutable, m'ont permis de ne ressentir aucune douleur, ni aucun ennui ce qui est le propre d'une Jaguar. Le bruit de la voiture doit s'établir aux alentours de 45db en marche normale à 1750 tr/mn. Guère plus. La tentation de rouler vite est quasiment absente, seules quelques pointes ont été acceptables sur l'A5 en passant le Morvan. Cela permet de se concentrer un peu lors des passages les plus ennuyeux de France (je parle de la route, pas de la région...) L'écran tactile en position "logo", et dimmer au mini permettent une concentration et une vision de nuit bien meilleure.
"Terre des Hommes" de Saint-Ex. m'a tenu compagnie et je pense à lui, disparu là-bas derrière les montagnes et Toulon. En sourdine, son du compartiment arrière coupé, le récit n'en avait que plus de saveur introspectif et philosophique.
Une fois le petit matou éveillé, une pause naturelle permet de checker le gros matou.
Tout est Ok. Température, niveaux, pneus, liquide lave glace (consommation énorme : doubles Xénon et mauvaise vue). Je repère un monsieur Belge en X300 qui me lorgne du coin de l'œil alors que je nettoie le pare-brise mais fais mine de ne pas vouloir m'adresser la parole, ancienneté oblige. Je le salue donc, et il vient étudier la voiture. Charmant, il reste distant : on voit bien dans son regard qu'il n'approuve pas l'évolution du dessin, d'ailleurs il n'écoute pas mes explications et ne consent un intérêt que pour G... qui revient de ses ablutions. Elle s'assoit à nouveau à l'arrière et commence à travailler, ce qui consiste surtout à passer des coups de fil via le système embarqué, qui n'est entre parenthèse pas des plus pratiques : le micro est à l'arrière et lorsqu'on est à l'avant, il faut le régler à fond et crier comme un sourd (qui ne crient pas) pour se faire entendre. Par contre à l'arrière, le Mac© sur la tablette, système Voice "On" elle contacte nos contreparties les unes après les autres. Incapable de travailler en roulant, je suis heureux que cela ne luis pose aucun problème.
Dans ce cas de figure, le regard des automobilistes en 4X4 et surtout des camionneurs est amusant : comme ils voient très bien à l'intérieur de l'habitacle par la vitre latérale, ils contemplent les jolies jambes de G... pieds nus dans les tapis, l'ordi. ouvert à l'arrière du siège passager, son Filofax sur les genoux. C'est souvent l'occasion d'appels de phares amusés.
La route est donc belle, encore exempte de trafic. Et se succèdent les magnifiques courbes de l'autoroute de l'Esterel. Ici, j'évite le régulateur, car le radar adaptatif n'est pas bien réglé par défaut, et les freinages surprises (très très puissants) sont fort désagréables, de plus les limitations 110 sont légions.
C'est dans ces conditions qu'XJ est le plus agréable : un bitume parfait, de grandes courbes, des montées et descentes incessantes. Nul besoin de forcer, tout sur le couple énorme (supercharged), l'auto se place au millimètre. Les jantes de 20" sont très belles mais transmettent trop les vibrations de la route. Des 19" seraient mieux adaptées, ménageant un meilleur confort. Bon, rassurez vous, c'est tout à fait acceptable. Ca dribble juste un peu trop et les roues ont tendance parfois à faire ce qu'elles veulent sur les saignées longitudinales. Rien de bien grave... L'arrivée sur Cannes, Antibes (salut Daimler40!!) annonce le début des hostilités. Le trafic se fait vraiment dense et agité, la gendarmerie est partout, mais cela ne semble pas inquiéter les possesseurs de disons Astra OPC. Donc prudemment je me "cloque" sur la deuxième voie et j'attends que ça se passe. C'est dans ces moments là que la voiture est la moins a son aise : gabarit, réactivité moyenne (on est loin d'une CooperS) aux changements de direction intempestifs, faufilement impossible, et... dédain manifeste des autres usagers. M'est d'avis que si je roulais comme un demeuré sur la troisième voie tout irait mieux... mais j'ai horreur de ça.
Alors j'attends que ça ce passe. Puis c'est Nice. Direction Monaco et son infernale montée.
Pas question d'envoyer la sauce ici. On risque de s'écraser dans le cul d'un Camion Italien ou Croate... ou pire dans une Fiat Panda 1984 digne de sa lignée, c'est à dire complètement rouillée (j'en ai eu deux), 400bHP sont une arme dans certains cas.
Donc sortie 56, Tunnel, et on espère que le bouchon ne sera pas trop monstrueux. Bon, le panorama est sublime, l'air doux, et on sent tout à coup qu'on passe de statut d'exception à celui d'entrée de gamme. Les Bentley sont légions (surtout Continental GT), tiens une Zonda F qui monte à la station. Et là-bas ne serait-ce pas une Enzo qui sommeille au pied d'une résidence, vulgairement posée dans la rue? Si.
Alors on prends son mal en patience et on descends tout doucement en comptant les immeubles en construction. Enfin, nous voici dans le vif du sujet : ne pas oublier d'aller jusqu'au carrefour de la Pharmacie (devant l'Hôtel Alexandra à éviter à tout prix même lors du GP de F1!) pour pouvoir rentrer à l'hôtel Métropole correctement, sinon en passant par le Casino, il va falloir aller tourner au milieu de la route et je déteste ça. Voici l'entrée, le Portier coupe la circulation et nous enjoint de rentrer.
Hum, facile à dire, le portail doit faire 2m30 de large et la voiture 2m10 avec les rétros sortis. Petit coup de flippe et on se faufile entre une Murcielago Roadster et une 575 Barchetta.
Perso, je leur laisse, surtout pour franchir le portail...
Stationnement sous la marquise, blablabla, loufiats et concierges. Réception pas très aimable, et malgré un triple check, attribution de deux chambres pas du tout contiguës, et non communicantes merci bien, très pratique pour bosser.
Bref, là je m'énerve, mais G... s'en occupe, et je sais que dans deux heures j'aurais dormi, pris un bain, room service... la voiture sera elle aussi lavée, prête pour l'apparat..
... (Toujours pas sommeil, je continue donc.)
Notre première visite n'est pas "officielle", aussi nous descendons par les ascenseurs. Pour nous dégourdir les jambes. Descendre jusqu'à Sainte-Dévote aurait été plus joli, mais les "spotteurs" placés devant le Casino ou/et l'hôtel de Paris me sortent par les trous de nez. Entendons nous bien, les passionnés respectueux, les curieux aimables, ça va, mais les dingues du scoop et autres lessivés de la tête dont l'activité principale semble éructer des grossièretés, non merci... même à pieds je les déteste. Ceci dit ils vont bien avec leurs "spots" : débiles et m'a-tu-vus.
Tiens une Maybach qui déboule de sous le tunnel! Pas beau, et ces bi-tons, orange et noir, roues noires. Balade tranquille dans les allées du MYS. Le luxe se porte bien, merci... (j'allais frapper Marxi). Cette maline de G... a oublié de changer de chaussures (talons), elle est en jupe, les transferts entre "Piers" sont donc impossibles, Dinghy fragiles. Aviation privée, services, je ne ferais pas le tour des exposants, mais il me semble que la seule chose qui manque sont les constructeurs auto (impossible de me rappeler, il faut dire que je ne vais pas la-bas pour ça), ce qui n'a rien d'étonnant au fond, à un certain point de richesse tout se passe en l'air (avions, hélicos). Quoi qu'il en soit, on remonte, je suis claqué.
Passage par le Grill de Rebuchon (miam, simple et efficace...), petite sieste, et c'est reparti.
XJ nous attends sous la marquise, pimpante. Notre chauffeur est italien et connaît (évidemment) la voiture, pas d'hésitation pour la manipuler (qui les forme? Je ne le sais pas, sur le tas?). Ce soir, nous avons R.V. dans un des lieux les plus fermés au monde, grâce à une contrepartie. Il ne s'agit pas d'une boîte à la mode ou WallyPower qui mouille au large, mais simplement du Y.Club de Monaco. Comme le port de la Condamine est plein à craquer, les quelques centaines de mètres pour faire le tour sont longuets... mais on est bien... la vue depuis l'avenue d'Ostende est splendide. L'avenue de la Quarantaine est encore plus encombrée et on a l'impression qu'on est pas dans le ton... ah oui, les vitres fumées, il nous manque les vitres fumées! On est donc pas des vrais... on a oublié. J'aurais dû!
Pour le reste, privé. Simplement Tuiga est là, et elle est belle...
En fin de soirée, heureusement que le chauffeur est là. Je n'y vois plus rien...
Et dieu ce qu'il est doux à la conduite! Une bénédiction! Ils arrivent encore à rendre la voiture plus douce...mais là il me semble qu'XJ aurait besoin de "zéros degré tilts" comme sur les Yachts. Ca roule et ça tangue. On ouvre les vitres, on respire un grand coup et on se dit que manger chez Rebuchon ou Ducasse ne sert à rien si on a pas le pieds marin ou l'alcool stable. Bon, je n'ai pas vomi sur la console, c'est déjà ça.
Bref. Dodo.
...
Lendemain matin, descente en voiture pour R-V, visite de navires et montée jusqu'à Eze pour manger (encore!).
On prends donc à gauche le long de l'Opéra, jusqu'au "portier" et tunnel. Ca me fait toujours drôle... et c'est là qu'on se rends compte à quelle vitesse démente les F1 passent. XJ est parfaitement insonorisée et rien ne filtre de l'extérieur (seulement du toit ouvrant si on oublie de fermer le cache). Le trajet est des plus court et n'offre aucun intérêt, sauf que tout au bout, au "U-turn", il va falloir sortir de la voiture sous le regard des badauds, et ça, je sais qu'il y en a une qui déteste! Heureusement le chauffeur sait faire et sa technique est parfaite : en deux secondes c'est fait, ouverture de la porte, protection, bras en "L" en regardant hors de la voiture (pour ne pas voir l'entrejambes), geste leste et précis et hop, G... se faufile jusqu'au guichets. Entre temps une demi douzaine de Classe S sont arrivées, les dernières sont très belles, mais anonymes. XJ a plus de... sensualité.
Blablabla, business, etc...
Donc montée jusqu'à Eze simplement par la N7, le convoi est composé de Mercedes, de Porsche (cayenne) et d'une seule non allemande : nous. Ca roule vite, trop vite, ça ne sert à rien... XJ se comporte bien, très bien même. Précise, stable, puissance suffisante (il y a plusieurs 600). La vision par les grandes vitres latérales est royale! Merci aux chauffeurs habiles pour garer les autos en absence totale de place! Pendant le repas, AUCUN discours sur les autos, ce qui est très rare vous en conviendrez. Alors surtout ne pas commencer! J'aime les autos mais déteste en parler à table!
La descente se fait en ordre dispersé, et c'est tant mieux. Ca nous permet de savourer la vue, le confort, la classe du chauffeur. Et bien sûr de déchecker le travail.
A bien y réfléchir, la place arrière, derrière le chauffeur n'est pas terrible dans XJ, l'appuie tête est trop volumineux, je suis toujours à me pencher pour voir la route. De l'autre côté c'est mieux : siège avancé au max (commande possible depuis l'arrière), la vision est bien meilleure. J'évite aussi de toucher au système son, je le dérègle à coup sûr... Par contre les sièges arrières sont vraiment confortables. Incomparables, mieux que Classe S ou Série 7. Seule Lexus LS fait mieux... et encore, je ne l'ai essayé que sur Berlin-Mitte-Tegel. Evidemment Phantom, c'est une autre histoire!
Reste de la journée : quartier libre et balade au soleil (ah oui, piscine aussi, aux thermes marins et à l'hôtel, pris une otite).
Blablabla... mangé, dodo...
Le lendemain matin, back to northern Europe. Plus de mille kilomètres d'autoroutes avec trois étapes, tranquilles, loin dans la campagne .
Et bien avec XJ, aucune appréhension (bon en hiver, je prends l'avion ou le train quand il neige, je ne suis pas fou...), je sais que mis à part les entrées et sorties de ville, rien ne me stressera. De par sa qualité de roulement, son silence, son allonge moteur, mais elle y ajoute une touche de calme raffiné absent de nombre d'autres modèles (y compris Quattroporte). Je vous rappelle qu'il s'agit d'un modèle Portfolio 2005, et qu'a ce titre elle possède des particularités qui font d'elle un cas à part : sa sellerie marron glacé est particulièrement belle et la couleur est reposante, idem pour le bois mat. Les tapis de haute laine semblent attirer les doigts de pieds des femmes comme un aimant.
A ce titre G... qui est assise à coté de moi ce coup-ci prépare sa play-list et savoure calmement l'idée du voyage. Outre ses poperies sans intérêt, elle découvre Bach (la Chaconne la boulverse à chaque fois), va bientôt poser les mains en creuset l'une sur l'autre et savourer le calme et la tranquillité, sans peur, et s'endormir...
Et vous savez c'est le plus beau des compliments qu'on puisse faire à cette auto, car elle a été traumatisée par plusieurs accidents, un ex complètement barge au volant. Xk puis Xj Super V8 lui ont redonné goût au voyage et même à la conduite! (J'y suis aussi pour beaucoup, je suis très calme...)
Voilà, j'espère que ça vous a plu.
cordialement.
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