Le 04-02-2009 à 17:06:19, OLIVIER_TFE a écrit :
- Message posté le 1/2/09 à 22h22 Fr -
Je ne sais pas comment vous dire ce qui m'est arrivé cette après midi avec ma 135! J'ai tout simplement pris le plaisir le plus fou et génial de toute ma vie d'automobiliste et ce, de manière totalement imprévue!
J'explique...
Lorsque je sors la voiture, vers 16h30, il pleut et "il vente" vers l'Ouest alors je décide d'aller vers l'Est, sur une route où je n'avais pas été depuis presque 1 an: "l'ancienne route", celle qui date d'avant l'autoroute. Elle fait 70 km et est à environ 400 m d'altitude, et suit plus ou moins la ligne de pente (elle garde donc cette altitude tout du long). Comme Tenerife est une île 100% volcanique et montagneuse, avec de nombreux ravins, la route est tout en virages, enfilades et autres "pif-paf". Surement plusieurs miliers de virages?! Les vitesses atteintes ne sont pas très élevées: entre 30 et 110 km/h tout au plus dans certains petits bouts droits.
Bon, bref, j'y roule tranquillement... Les 20 premiers km sont moyens car asphalte en mauvais état et je me demande même si je ne vais pas rebrousser chemin. Ca tape un peu avec les 18 pouces tailles ultra-basse... Mais je décide de continuer et bien m'en a pris car à la sortie d'un petit hameau, la route est nickel! Température idéale (16 degrés), route sêche, adhérence idéale.
Je commence à chauffer les pneus en roulant cool-rapide... Les Bridgestones répondent bien et j'augmente imperceptiblement le rythme au fil des enchaînements de virages. Je me dis "Oh, c'est chouette, cette route et cette voiture!" En plus il est 17h30 alors sur cette "ancienne route" il n'y a pas grand monde et on peut rouler.
Après une 10aine de km de ce régime anti-dépresseur, je traverse un bourg et repère un groupe de motards sportifs, arrêtés mais sur le point de repartir (dans mon sens)... Je continue mon chemin mais un peu plus lentement...
Et cela n'a pas manqué!
Les 2 meilleurs du groupe sont arrivés très fort sur moi. J'ai tout de suite compris qu'ils voulaient jouer! Et, c'est là, oui là, que je me suis métamorphosé sans préambule en "l'incroyable HULK", mais niveau pilote de rallye, si vous voyez ce que je veux dire... J'ai laissé tombé la conduite pour passer au pilotage! Accélérations un peu "douces" et sans dépasser 4000 tr/mn, rodage oblige, mais question chassis, je n'ai pas économisé: il est rodé!
Et d'ailleurs avec ce moteur bi-turbo, à 4000 cela pousse déjà "velu", même sans accélérer à fond. Imaginez: VROOOoooooo freinage d'enfer avec talon pointe pour rétrograder, juste avant un pont qui aide la route à passer le "barranco" (ravin vertical, dû aux coulées d'eau durant les pluies), virage incroyablement étroit entre 2 murets, gaz, troisième VROOOooooo, Ah! l'enfilade géniale en légère montée, virage à droite pas trop fermé VROOoooo... Un pif-paf en descente douce: les bras travaillent à fond. Il faut faire très vite pour suivre la route! Et le bruit du moteur est là pour distiler encore plus de plaisir au pilote.
Le volant cuir M à jante large est un régal. Je n'ai jamais eu un volant si efficace à manipuler en conduite extra-sport et pourtant j'ai eu des volant Audi cuir... Les freins: époustouflants! Dosables à souhaits, puissants, endurants, équilibre avant/arrière qu'on se demande comment ils ont réussi ce coup magistral chez BMW! Le moteur: mais pourquoi s'acheter une Porsche quand on a ici le meilleur moteur de tous les temps, rapport perf./prix/conso/Agrément! Je fais presque tout en 3e, entre 2000 et 4000 tr/mn, cela donne déjà un "champ" énorme (30 - 80 km/h je crois?). Un peu de 2e et un poil de 4 ici ou là.
Les suspensions: magistrales sur ce bon revêtement, avec quelques ondulations de la route mais sans trous ni bosses sêches. Quel plaisir mes amis! La voiture vire à plat et on ne las sens pas du tout "ridicule" comme bien souvent cela arrive avec une voiture de série lorsqu'on "attaque".
La propulsion apporte la "touche qui tue", le miracle, la perfection! Les roues avant se chargent de diriger la voiture et des freinages. Les roues arrières ont pour mission de transmettre la puissance et le couple du moteur 6 cylindres 306ch et de seconder les roues avant au freinage. J'ai souvent conduit très sport dans ma vie, avec toutes sortent de GTI, GSI, Audi 1.8 Turbo 20 soupages (etc.) mais avec ces tractions, j'avais des pertes de motricité et surtout des réactions dans le volant et le sentiment que l'avant portait tout le poids de la voiture.
Ici rien de tout cela, c'est l'osmose, l'extase, la perfection je vous dis!
L'ESP: je ne l'ai même pas déconnecté et il n'a servi qu'une fois, en sortie d'un droite où j'étais bien trop fort. C'est vrai que c'est l'avant qui avait envie de partir... A vérifier une fois que j'aurais le droit d'accélérer vraiment! Rien à voir avec la 120d avec laquelle je déconnectais l'ESP systématiquement car il se déclanchait tout le temps, trop tôt et trop frustrant.
ici, il est bien plus permissif et quand il se met en route, on est content car cela valait le coup, cette petite correction électronique!
Les pneus (j'ai gardé le meilleur pour la fin): je me répète depuis vendredi mais ces Bridgestone RE 050A sont vraiment fabuleux! Je pense qu'ils sont la cause principale de la grosse différence de comportement routier entre ma 120d et cette 135i. Et bien sûr en 18 pouces et plus large, dans ce cas de conduite un peu "spécial" cela compte. Pas de crissement ou presque. Ils sont superbement monté en température et à présent ils accrochent tant qu'on croirait qu'ils en veulent plus, des virages en mode rallye!
Je sens la voiture d'un bloc, homogène et magistrale.
Les motards sont là, derrière: ils sont très doués! Il faut vraiment des virages serrés pour je les distance un peu, mais comme ils ne sont pas en rodage - eux! - ils accélèrent en sortie de virage et je ne les distance pas, globalement.
A un moment, petite traversée de village, je sors le pouce pour leur faire signe qu'ils roulent super. Et cela recommence à la sortie du village. Cette route est sans fin et c'est tant mieux!!!!!! Virage, pif-paf, bout droit, enfilade, encore un petit pont en pierre, freinage équilibré...
Souvent, je laisse filer le volant entre mes mains (en contrôlant), en sortie de virage. L'accélération se charge de remettre les roues droites. Ce chassis n'est pas paresseux! Mes mains s'activent à un rythme effréné, mon pied droit dance entre accélérateur, frein et talon-pointe. Mais je ne transpire pas et mon coeur ne s'accélère pas plus que ça. Non. Je suis très concentré, mais en forme et bien conscient de chaque détail. Mes sens sont exacerbés. Je perçois le travail de chaque pneus, de chaque frein. Je "sens" la voiture comme on peut sentir son propre corps. Les pneus sont devenus mes membres! Cela me semble tellement facile, de conduire ainsi!
Quel dommage que je n'ai pas la caméra aujourd'hui!
Au bout de 15 bons km, petit village: je decide d'arrêter là cet exercice jouissif mais tout de même osé. Je me gare et fais signe aux motards de s'arrêter... Je descends; ils enlèvent leur casque. Je les connais (enfin au moins 4 ou 5 sur les 8) car j'avais déjà discuté avec eux lors de mes balades en moto KTM, durant lesquelles je m'arrête parfois à "la Mècque" de la moto en montagne: un parking bellevédère en plein virage de montagne, où les motards se rencontrent.
Ils ont trouvé que la 135i marche drôlement bien et ont été aussi surpris que moi de cette course improvisée mais très chouette.
Ils continuent vers le Nord et je vais rentrer vers le sud...
J'examine la voiture: la surface des pneus semble être à 60 degrés! Pas étonnant qu'ils accrochent. L'aspect rugueux et bien noir de la gomme laisse voir le pouvoir d'adhérence. Les 6 pistons des freins avants sont tièdes, même pas brulants! Bon, nous avons discuté 5 mn, mais cela n'explique pas tout. Je me rappelle bien qu'avec la 120d, les pistons étaient brulants pour moins que cela.
Je fais un petit tour à pied dans ce joli village, histoire de savourer ce qui vient de se passer, ce beau moment de pilotage dans des conditions idyliques qui ne se reproduisent pas tous les jours. En prenant une ruelle en montée, vue plongeante sur la 135i... Je comprends à présent ce que je lisais déjà du haut de mes 18 ans dans les revues auto: "la M3 est une voiture civilisée et discrète mais capable de performances réellement époustouflantes". Bon, et bien la 135i c'est du même style! Je suis rentré tellement heureux, vous ne pouvez pas savoir... (Bon si, un peu en lisant ce texte!)
J'ai tout simplement pris le plaisir le plus fou et génial de toute ma vie d'automobiliste!
PS:
1 - La voiture a presque 800 km.
2 - Savez-vous que c'est en partie grâce au forum que j'ai eu envie d'acheter cette voiture? Alors merci! Merci à tous!
3 - Tient! J'aimerais bien envoyer ce compte-rendu au journal Le Moniteur Auto. Quand je pense qu'à cause d'eux, j'ai falli ne pas acheter la 135i, tant ils l'ont "descendu" dans le compartif No 1413 du 7/2/08 (avec Porsche Cayman S et Nissan 350Z).
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