En Avril 1972, l'Aston Martin DBSV8 fut remplacée par un nouveau modèle, simplement baptisé Aston Martin V8. Bien que la firme traversait une période de rachats, le travail fut supervisé sous la direction de David Brown, le fondateur. Dès 1974, la volonté de proposer une version plus puissante de la V8 se fait sentir. Mais en 1976, lorsque les nouveaux propriétaires de la marque commencent à envisager le futur d'Aston Martin, et alors que le V8 se voit sérieusement brimé par les nouvelles normes anti-pollution, deux projets vont viser à sortir plus de puissance du V8 maison. La première étape se présente sous la forme du V8 'S' en 1977. Toujours la même année, l'étape deux sera la bonne et apparait alors la "V8 Vantage". L'histoire débute par les "series 1" ou V540 pour le type moteur. Le missile capable d'atteindre "170 mph" (soit 268 Km/h) devient alors la première supercar britannique.
DESIGN
Le nom "Vantage" était quand à lui apparu sur la DB4 et destiné aux moteurs ayant reçu l'adjonction d'un kit de puissance, ce qui devait au départ être le cas. La ligne de l'Aston Martin V8 remonte à 1972. Avec sa calandre à quatre phares et son arrière plongeant, elle n'est pas sans rappeller les traits d'une grande vedette américaine : la Ford Mustang fastback . La V8 Vantage y ajoute quelques éléments aérodynamiques plus agressifs, comme le spoiler avant en fibre de verre et arrière plus bas ou l'aileron ajouté sur le coffre . La V8 Vantage reçoit également deux projecteurs longue portée Cibie et une grille de calandre pleine, l'air admis pénétrant désormais par l'imposant bouclier avant ajouré. Le bossage sur le capot avant permet de loger les carburateurs Weber 48 IDF. La bête est posée sur des jantes de 15" GKN chaussées de pneus 255/60. La première évolution de l'Aston Martin V8 Vantage (Series 2) apparait dès 1978. Leur nom de code est V540 OI, V580 et V580 BBS. L'habitacle de cette version résolument sportive est simple et de bonne facture, aucunement prétentieux. Quand, en Octobre 1978, l'Aston V8 reçoit de nombreuses modifications, connues sous le nom de spécifications 'Oscar India', la Vantage va subir un traitement encore plus profond. Ainsi le spoiler arrière devient plus important et est désormais totalement intégré dans la malle. L'intérieur devient alors plus luxueux, le cuir remplace le vinyl sur la planche de bord et les plaquages de bois sont disponibles en option sur la Vantage. A partir de 1983, les jantes GKN de 7" de large sont remplacées par des 8" BBS. Une évolution destinée à mieux accueillir les gros pneus Pirelli P7 de 275 mm de section. Ces modèles sont identifiés sous le matricule V580BBSet se reconnaissent aussi à leur largeur aux hanches supérieure de 6 cm. Enfin, ultime évolution repertoriée, la Série 3 (rien à voir avec le modèle de Munich...) ou V580X, fut produite de 1986 à 1989. Une fois la série limitée carrossée par Zagato mise en production, l'attention se retourna vers la Vantage. Les modèle de la série 3 se distinguent par de nouvelles jantes de 16" signées Compomotive chaussées initialement de pneus 255/50 Goodyear Eagle. Après quelques souci rencontrés avec ces jantes, AML (Aston Martin Lagonda Ltd.) changea pour des OZ Ceres ou MSW puis par la suite encore, pour des Ronal aujourd'hui hors de production. On en trouve toutefois des imitations auprès du Works Service AML. L'habitacle évolue en profondeur avec un nouvel agencement de planche de bord et un affreux volant à deux branches. De Mars 1977 à Décembre 1989, l'Aston Martin V8 Vantage fut la seule anglaise capable de faire partie du club très fermé des "Supercar", au milieu des Ferrari Testarossa ou Lamborghini Countach, avec l'avantage supplémentaire de pouvoir faire voyager 2 personnes aux places arrières ! Sans descendante directe, elle laissa sa place ensuite à la phénoménale Jaguar XJ-220.
MOTEUR
Le talentueux motoriste d'Aston Martin se nomme Tadek Marek. Cet ingénieur polonais d'origine, à qui l'on devait déjà le fameux 6 cylindres en ligne se remet au travail pour ramener la firme de Newton Pagnell au rang des meilleurs constructeurs européens. Le premier V8 fut donc un mécano reprenant bon nombre d'éléments du 6 en ligne, le tout accolé dans un carter de V8 à 90°. Le bloc et les culasses sont en aluminium, le V8 16 soupapes possède 4 arbres à cames en tête et des chemises humides. Avec son alésage de 96 mm et sa course de 83 mm, la cylindrée du V8 atteint 4,8 L. Mais cette solution expérimentale avoua rapidement ses limites en termes de fiabilité, après sa mise en production en 1969 avec une cylindrée de 5 340 cm3. Il animait alors l'Aston Martin DBS V8, lancée en septembre de cette année là. Les performances étaient éloquentes, 6 secondes pour passer de 0 à 100 Km/h mais la consommation également : jamais moins de 17L/100 Km, en pleine crise pétrolière ! L'Aston V8 Vantage devra donc attendre quelques années pour entrer dans la cour des grandes, sous la tutelle du motoriste David Morgan. Les changements mécaniques apportés à la version Vantage de 1977, par rapport au V8 de base, concernent les soupapes, de plus grand diamètre avec un angle de croisement différent ainsi que des arbres à cames retaillés et des bougies NGK plus performantes, l'ensemble permettant d'atteindre un meilleur rapport volumétrique de 9:1 environ. L'injection Bosch d'origine est remplacée par une solution plus ancienne, consistant à gavé le gros V8 par 4 carburateurs inversés Weber IDF moins sensibles aux problèmes de démarrages à chauds ou de ralenti instable. Le 'V540', préfixe du numéro moteur devient alors une sacrée bête, développant 360 ch DIN à 5800 tr/mn et un couple maxi de 380 lb./ft disponible à 4000 tr/mn ! Sur la série 2 le V8 "Oscar India" de l'Aston Martin Vantage (V540 OI) demeure inchangé. 44 exemplaires vont être produits entre Octobre 1978 et Mars 1980. Plusieurs évolutions purement mécaniques vont apparaître sur la Vantage en 1980. Les modèles V580 cars, sont le fruit d'un processus d'harmonisation de la production de la gamme V8. Les changements concernent le haut moteur qui adopte des soupapes et des pistons identiques, pour apporter plus de souplesse et de douceur dans son fonctionnement avec plus de couple dans les mi-régimes, au bénéfice également de la consommation. Bien que jusqu'alors, l'Aston Martin V8 Vantage était strictement proposée en boîte manuelle, la séries 3 de 1983 sera la première à inaugurer une boîte auto. Le coeur du monstre, le V8 type V580X s'alimente par de nouveaux carburateurs Weber de 50 mm et reçoit le renfort de pistons signés Cosworth, ainsi que des arbres à cames retaillés. Comme sur la Porsche 911 SC, une pompe à air fait office de subterfuge pour diluer les émissions polluantes. La puissance dépasse en revanche les 400 chevaux à 6200 tr/mn. Comme il se doit, chaque mécanique assemblée à la main est signée d'une plaque métallique au nom de son artisan.
CHASSIS
L'Aston Martin V8 possède une architecture classique de propulsion à moteur avant. Il n'en a jamais été autrement à Newport Pagnell. Toutefois, la V8 Vantage utilise un pont de Dion. Le pont de Dion est constitué d'un tube reliant rigidement les deux moyeux de roues. Le différentiel à glissement limité et les disques de freins sont directement installés dessus, ce montage appellé "inboard" ne pèse alors plus sur les ressorts de suspension. Par rapport à l'ancien train arrière à roues indépendantes, il est aussi beaucoup plus léger. Les deux roues restent alors toujours parallèles entre elles et perpendiculaires à la route. Inconvénient majeur, en virage, elles tournent en même temps, ce qui ne favorise pas la maîtrise du dérapage en l'absence d'autobloquant mécanique... De même, sur les bosses, c'est tout le train arrière qui réagit ! Rodéo garanti ! Le surcroît de couple apporté à la V8 Vantage a amené les ingénieurs à renforcer la partie châssis plate-forme de la structure de l'Aston Martin V8. Composés d'éléments d'acier soudés entre eux par de nombreux renforts, le châssis de l'Aston est aussi rigide que lourd. Sur la V8 Vantage, la voie arrière est élargie et les amortisseurs Koni sont nettement plus fermes et couplés à des ressorts plus courts d'un tour et plus durs. La barre anti-roulis avant est de section majorée. A la place des pneus d'origine en 15" hors de prix,, il n'est pas rare de trouver en seconde monte des jantes Gotti, en 16", permettant de poser des pneus plus larges, plus standards et mieux adaptés à la fougue du V8. Toute la carrosserie est réalisée en aluminium, une technique alors extrêmement coûteuse et complexe à mettre en oeuvre. Bien que pesant plus de 1800 Kg, la Vantage est incroyablement performante ! Elle abât le 0 à 100 en 5,4 secondes seulement et tutoie les 270 Km/h en vitesse de pointe, sans perdre en tenue de route, grâce aux évolutions aérodynamiques. La répartition de poids très équilibrée est un autre atout. 50,6% sur l'avant et 49,4% sur l'arrière !
:: CONCLUSION
Supercar de la première heure, l'Aston Martin V8 Vantage a énormément contribué à hisser la marque dans les plus hautes sphères de l'automobile sportive. Aujourd'hui, sa descendante tente le chemin inverse, en rendant ces voitures de rêves plus accessibles mais le charme de cette version ancienne et le plaisir d'entendre gronder son V8 demeurent intacts. Pour ceux qui peuvent s'offrir ses talents, cette Aston Martin Vantage n'est vraiment pas une voiture ordinaire...
Série 2
La V8 devint célèbre sous le nom de la Série 2. parmi les changements visuels on trouvait des phares doubles utilisant des ampoules à quartz ainsi qu’une calandre en treillis. Les voitures de la Série 2, produites entre 1972 et la fin de juillet 1973, utilisaient un moteur semblable à celui de la DBS V8. Seules 288 Série 2 virent le jour.
Série 3
L’attention fut reportée sur les carburateurs pour la construction de la Série 3 en 1973. Ces voitures se distinguent par un bossage sur le capot plus haut permettant de loger quatre carburateurs Weber à double starter. La voiture développait 310ch et pouvait atteindre 95 km/h en 6,1 secondes avec une transmission automatique ou en 5,7 secondes avec une transmission manuelle. La performance fut entravée par les normes anti-pollution et fut réduite à 288ch en 1976. L’année suivante, un moteur « Stage 1 » plus puissant équipé de nouveaux arbres à cames et d’un nouveau pot d’échappement ramenèrent la performance à 304ch.
La production des voitures de la Série 3 dura entre 1973 et la fin d’octobre 1978, mais fut interrompue pendant toute l’année 1975. 967 exemplaires furent produits durant cette période.
Série 4 (« Oscar India »)
Les spécifications « Oscar India » furent présentées en octobre 1978 lors du Salon international de Birmingham. Sur le plan visuel, l’ancien bossage sur le capot fut refermé tandis qu’un spoiler fut intégré à l’arrière. La plupart des « Oscar India » furent équipées d’une transmission automatique à 3 vitesses « Torqueflite » de marque Chrysler, avec un aménagement intérieur en bois, caractéristique présente pour la première fois depuis la DB2/4 des années 1950. Seules 291 modèles Oscar India furent construites entre 1978 et la fin de 1985.
Série 5
Les Série 5 à injection essence furent présentées au Salon de New York en 1986. le système compact Weber/Marelli n’avait plus besoin de l’espace consacré aux anciens carburateurs, ainsi le renflement du capot fut pratiquement éliminé.
Seules 61 Série 5 furent produites avant que la production ne cesse en 1989.
MOTEUR :
-Type: V8 à 90°, 32 soupapes
-Position: longitudinal AV
-Alimentation: Injection électronique
-Cylindrée (cm3): 4 300
-Alésage x course (mm):
-Puissance maxi (ch à tr/mn): 380 à 7 300
-Puissance spécifique (ch/L): 80,04
-Couple maxi (Nm à tr/mn): 410 à 5 000
-Couple spécifique (Nm/L): 80,04
TRANSMISSION
-AR
-Boîte de vitesses (rapports): 6 manuelle
POIDS
-Données constructeur (kg): 1 570
-Rapport poids/puissance (kg/ch): 5,71
ROUES
-Freins Av-Ar (ø mm): Disques ventilés
-Pneus Av-Ar: 225/45 - 255/40 ZR 18
PERFORMANCES
-Vitesse maxi (km/h): 280
-1 000 m DA: 22"
-0 à 100 km/h: 5"
CONSOMMATION
-Moyenne (L/100 Km): 16,2

---------------
..Via ferrata et canyonisme..
"Endormi a son poste ! Mais je dormais pas ! J'étais bourré !" (Homer Simpson)