La France tient des états généraux sur la Sécurité routière
PARIS (Reuters) - Le gouvernement tient ce mardi à Paris les états généraux de la Sécurité routière.
Il s'agit de la première étape d'une vaste réflexion nationale destinée à préparer un projet de loi contre l'insécurité routière: un fléau que Jacques Chirac a placé au coeur des priorités de son quinquennat.
Pas moins de sept ministres dont Nicolas Sarkozy (Intérieur), Gilles de Robien (Equipement et Transports) et Jean-François Mattéi (Santé) sont attendus à cette grand-messe qui rassemble les représentants d'associations, les principales administrations et les professionnels concernés.
Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, clôture en fin d'après-midi les travaux.
Lundi, à l'issue d'une réunion de travail sur l'insécurité routière, Jacques Chirac s'était indigné face à ce fléau, responsable de plus de 8.000 morts et 26.000 blessés graves chaque année en France.
Il a invité le gouvernement à mettre en place une "nouvelle politique de sécurité routière", donnant ainsi le coup d'envoi du premier "grand chantier" de son quinquennat.
"Le but de ces états généraux est d'écouter tous les acteurs de la sécurité routière afin de dégager des réflexions", a-t-on expliqué à Reuters à la direction de la Sécurité routière.
L'objectif est de dégager une plate-forme pour le comité interministériel de Sécurité routière prévu en novembre et dont les conclusions seront reprises dans le projet de loi qui sera soumis au printemps 2003 au Parlement, a-t-on précisé.
Trois thèmes sont à l'ordre du jour de ces états généraux: "Comment mieux faire respecter les règles?", "comment équiper les véhicules pour les rendre plus sûrs?" et "comment renforcer la mobilisation des acteurs de la sécurité routière?".
UN PLAN DE BATAILLE NATIONAL
Jacques Chirac a pour sa part déjà fixé quatre orientations contre l'insécurité routière:
- une initiation précoce et systématique des élèves aux règles de la sécurité routière et un renforcement des exigences imposées aux conducteurs inexpérimentés.
- une sévérité accrue à l'égard des conducteurs en infraction et des chauffards.
- un durcissement des règles pour la conduite sous l'emprise de produits dangereux, comme le cannabis.
- une meilleure adaptation des équipements des véhicules et la définition de nouvelles priorités dans la mise aux normes de sécurité des infrastructures routières.
Jean-Pierre Raffarin a promis de son côté "un plan de bataille national".
Des pistes sont d'ores et déjà évoquées, comme l'automatisation du contrôle des infractions - avec notamment la pose de boîtes noires dans des véhicules -, la réforme du permis de conduire, l'harmonisation des législations européennes en matière de vitesse et d'alcoolémie ou encore la création d'une véritable police de la route sur le modèle américain.
Le ministère de l'Intérieur a déjà prévu de mobiliser 1.200 gendarmes et policiers supplémentaires sur les routes.
Pour le ministre des Transports, Gilles de Robien, il s'agit de tendre à l'"impunité zéro" sur les routes de l'hexagone.