Huit militaires français et un canadien ont été tués dimanche dans l'accident d'un petit avion français de la Force multinationale et Observateurs (FMO), chargée de faire respecter l'accord de paix israélo-égyptien, dans le nord de la péninsule égyptienne du Sinaï.
"Huit Français et un Canadien qui constituaient l'équipage de l'avion sont morts", a déclaré à l'AFP un responsable de l'aéroport d'al-Gorah, dans le nord du Sinaï.
Il s'agit de la perte la plus grave de la FMO, force indépendante ne relevant pas de l'ONU, depuis sa création après les accords de Camp David de 1978 et le traité de paix israélo-égyptien de 1979.
C'est aussi l'accident le plus meurtrier pour l'armée de l'air française depuis de nombreuses années.
Le pilote français était une femme issue de la base aérienne de Mont-de-Marsan (sud-ouest), comme cinq autres des victimes de l'accident.
"Le pilote avait lancé un appel de détresse pour signaler qu'il effectuait un atterrissage d'urgence à la suite d'une panne, mais nous avons perdu le contact juste après", a ajouté le responsable.
Le capitaine Ehab Mohieddine, porte-parole de la Société nationale de l'aviation, a affirmé à l'AFP que "d'après l'enquête préliminaire, l'accident pourrait être de la responsabilité du pilote, parce qu'il n'a pas respecté le niveau d'altitude minimum fixé par les règles internationales".
D'après l'état-major des armées, une équipe du Bureau enquêtes accidents défense (BEAD) se rendra lundi en Egypte pour tenter de déterminer les causes de l'accident.
"Toutes les informations qui nous sont parvenues aujourd'hui montrent qu'il s'agit vraisemblablement d'un accident et que le crash a dû se produire lors d'une tentative d'atterrissage d'urgence sur une route", a affirmé à l'AFP le capitaine de Vaisseau Christophe Prazuck, conseiller communication de l'état-major.
"Aucune date n'a encore été fixée pour le rapatriement des corps", a-t-il ajouté.
D'après un responsable de la FMO, Normand Saint-Pierre, les corps des victimes seront transférés à la base principale de la FMO à al-Gorah en attendant d'être rapatriés.
Deux appareils de la FMO ont survolé la zone de l'accident à la recherche des corps, a indiqué l'agence officielle Mena. Quatre seulement ont été retrouvés pour l'instant, a indiqué à l'AFP une source de sécurité.
A Paris, le ministère de la Défense a précisé que l'appareil, un Twin Otter de l'armée de l'air française, bimoteur de transport, "effectuait une mission de transport dans le cadre de la FMO".
Le président français Jacques Chirac a exprimé sa "très grande tristesse", tandis que les deux candidats à la présidentielle, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont présenté leurs condoléances aux familles des victimes.
L'appareil avait décollé de l'aéroport d'al-Gorah à destination de Sainte-Catherine (sud).
Selon les services de sécurité égyptiens, l'avion a perdu une aile en percutant un camion jordanien sur une route reliant la station balnéaire de Nouweiba, sur la mer Rouge, à la ville de Suez, où le pilote tentait un atterrissage d'urgence.
Puis l'appareil a été projeté contre une montagne, selon la même source, citant le chauffeur jordanien du camion sorti indemne de la collision.
Le chauffeur et un passager l'accompagnant venaient de Jordanie. Ils ont expliqué avoir sauté du camion lorsqu'ils ont vu l'avion arriver sur eux.
Le camion, qui transportait du verre, a totalement brûlé, selon Mena.
Le camp d'al-Gorah est la principale base de la FMO, notamment chargée de veiller au respect des dispositions complexes du traité de paix israélo-égyptien dans le domaine de la sécurité.
Onze pays participent à la FMO, composée de près de 2.000 hommes. La France compte un contingent d'une quinzaine d'hommes, le contingent canadien comprend 29 volontaires.
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