Sans compter l'autres grands scandales pour les contribuables que nous sommes : Credit Lyonnais - Executive Life...
Le 15 octobre 2003, le gouvernement de M.Jean-Pierre Raffarin rompt l’arrangement qu’il avait conclu un mois et demi plus tôt avec la justice américaine dans le but de clore le dossier Executive Life. Contre une amende de 440 millions d’euros, les pouvoirs publics pouvaient mettre fin aux poursuites engagées par la justice américaine après le rachat frauduleux par le Crédit lyonnais, alors nationalisé, d’une compagnie d’assurances californienne (1). Mais M. François Pinault, milliardaire et ami intime du président de la République, et M. Jean Peyrelevade, ancien directeur adjoint de cabinet de M. Pierre Mauroy à Matignon, puis président-directeur général de la banque aujourd’hui privée, tous deux personnellement impliqués dans cette affaire, seraient restés dans le collimateur du parquet de Los Angeles.
L’Etat préfère donc rechercher un nouvel accord qui protège cette fois tous les acteurs français impliqués, qu’ils soient publics ou privés. Le coût pour les finances publiques de l’arrangement judiciaire risque d’en être considérablement alourdi (2). D’autant que l’Etat prendra en charge les amendes imposées à Artémis, le holding personnel de M. François Pinault, l’une des plus grandes fortunes de France, et à M. Jean Peyrelevade, un banquier privé (3).
La gestion du dossier Executive Life illustre cette méthode, très ancienne, consistant à privatiser les gains et à nationaliser les pertes. Engendré par la promiscuité entre la technocratie d’Etat et les élites privées, protégé par le faible degré de connaissance de la chose économique par le public (d’autant que les médias, protagonistes et profiteurs de ce genre d’arrangement, en parlent assez peu...), le favoritisme d’Etat éclaire les politiques économiques suivies par tous les pouvoirs, de droite ou de gauche, depuis un peu plus de vingt ans.
L’affaire Executive Life est l’une des queues de comète de l’affaire du Crédit lyonnais, une carambouille à base de gaspillage, de légèreté et de brigandage. Pour les finances publiques, le désastre de la banque encore publique au début des années 1990 se solde par une facture d’une quinzaine de milliards d’euros, la somme des fonds publics consacrés au renflouement de la banque. Cette version-là du dossier a toujours été très médiatisée. Illustrant les méfaits de l’économie mixte et l’incapacité des inspecteurs des finances, elle arrange tout le monde.
Toutefois, l’affaire est loin de se résumer à un cauchemar pour le budget de l’Etat et les contribuables. Pour une poignée d’industriels ayant bâti leur fortune grâce aux généreux prêts de la banque publique, la déconfiture du Crédit lyonnais fera au contraire figure de conte de fées. Cette facette du scandale, largement restée dans l’ombre jusqu’ici, apparaît pourtant comme emblématique du principe de fonctionnement du capitalisme français (4).
Au temps de sa splendeur, le Crédit lyonnais public a fonctionné comme une fabrique de nouveaux milliardaires. MM. François Pinault, Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Jean-Charles Naouri, et nombre d’autres membres du Top 25 des grandes fortunes françaises, ont dû à la générosité du Lyonnais de pouvoir développer leurs affaires. Sous couvert de relancer l’économie française, les dirigeants de la banque semblaient toujours disposés à octroyer des prêts généreux à une poignée de ténors des affaires. Ils ne négligeaient pas non plus d’investir directement dans leur négoce en prenant des participations en capital (5). Une aubaine pour les aventuriers de la finance : un prêt se rembourse, pas une mise en capital...
En 1993, lorsque des pouvoirs publics aux abois ont cherché de l’argent frais pour renflouer l’établissement, il a suffi à ces mêmes milliardaires de racheter, à vil prix, les participations de la banque dans leurs affaires. En engrangeant au passage les très coquettes plus-values qui leur ont permis d’arrondir leur fortune. Faillite publique, richesses privées : voilà l’autre histoire du « scandale bancaire du siècle ».
Un brasseur d’affaires comme M. Jean-Charles Naouri, actuel propriétaire de Casino, Rallye et Go Sport, a pu racheter, en 1997, les actions que le Crédit lyonnais détenait dans ses holdings personnels 67 millions d’euros de moins que leur cours sur le marché. Pour chacun des dix-sept millions de contribuables français assujettis à l’impôt sur le revenu, le manque à gagner est de 3,94 euros. Les autorités publiques ont permis à M. François Pinault, conseillé par M. Alain Minc, désireux d’explorer personnellement les ressorts de La Mondialisation heureuse (6), de faire le même type d’opération. Là, la moins-value pour les finances publiques a atteint 300 millions d’euros, soit 17,64 euros par contribuable.
Je ne fais pas de procés d'intention gauche-droite étant donné qu'ils se sont partagés le pouvoir depuis plus de 25 ans et que chacun a eu sont lots de casseroles
c'etait juste pour indiquer que des millions d'argents publics partent en fumée pour des causes moins justes que le logement
et que je pense qu'il serait donc facile sans pour autant tjrs augmenter les prelevements obligatoires d'affecter differement les sommes deja disponibles avec une gestion plus seine et plus dans l'interet de tous