. Traces de sang dans l'urine en Médecine du Travail, que faire ?
La détection de traces de sang dans l'urine lors d'un examen de routine, en particulier en médecine du travail lors d'un test avec une bandelette trempée dans l'urine, correspond à une "hématurie microscopique" (c'est à dire qu'on ne voit pas de coloration de l'urine à l'oeil nu, mais que les globules rouges sont présents, visibles seulement au microscope). La première chose à faire en cas de test à la bandelette est de vérifier la présence de sang par un vrai examen au laboratoire (car les bandelettes sont parfois faussement positives).
En cas d'hématurie microscopique, le risque d'une maladie urologique (calcul, polype, malformation vasculaire ...) est plus élevé en cas de tabagisme, de troubles urinaires irritatifs (envies fréquentes d'uriner, envies pressantes), d'exposition à des substances chimiques, d'infection urinaire, d'antécédent de radiothérapie pelvienne, et chez les patients de plus de 40 ans. Si l'un au moins de ces facteurs est présent, une évaluation urologique complète doit être faite : une imagerie du haut appareil (l'urographie intraveineuse ou le scanner sont les méthodes de choix), une cytologie urinaire (recherche de cellules anormales dans les urines) et une fibroscopie de la vessie. La présence de protéïnes dans les urines, d'une insuffisance rénale et/ou la prédominance de globules rouges anormaux dans l'urine doivent faire demander l'avis d'un néphrologue.
Si l'évaluation initiale est négative, des contrôles doivent être faits à 6, 12, 24 et 36 mois, comprenant un examen des urines à la recherche d'une infection, une cytologie urinaire et la mesure de la tension artérielle. Si les résultats sont négatifs pendant cette période, aucun suivi urologique n'est nécessaire.
(Réf : Groosfeld G.D. et al. Evaluation of asymptomatic microscopic hematuria in adults, Urology, 57 : 604, 2001)