Pour plus de précisions.
Ça ne concerne que les mutuelles.
Le yaourt anticholestérol remboursé par les mutuelles
(source www.lefigaro.fr)
AGROALIMENTAIRE Unilever et Danone vont conclure des accords avec des compagnies d'assurances pour promouvoir leurs «alicaments».
Jean-François Arnaud
[28 novembre 2005]
C'EST UNE VRAIE GUERRE que se livrent les géants de l'agroalimentaire autour de la lutte contre le cholestérol. D'un côté, Unilever, inventeur en 1999 de la margarine Pro-Activ enrichie en stérols végétaux. De l'autre, Danone et son yaourt Danacol commercialisé depuis avril 2004, lui aussi riche de ces fameux stérols. Vendus dans la grande distribution, ces deux produits miracles pour la santé ont la particularité de faire baisser de plus de 10% le taux de cholestérol après seulement trois semaines de consommation.
Dans un pays où les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité (170 000 victimes par an), les «anticholestérolémiants» comme Danacol et Pro-Activ ne sont plus des produits de niche, mais un vrai filon.
Des marges élevées
Ces «alicaments» bénéficient depuis leur lancement d'un marketing très spécifique, mêlant adroitement les méthodes traditionnelles de la promotion des yaourts et margarines avec les recettes plus discrètes mais autrement convaincantes de la communication pharmaceutique. Lancés comme des médicaments, Pro-Activ (qui désormais existe aussi en yaourt) et Danacol ont été présentés à l'ensemble des médecins français par des visiteurs médicaux. Si bien qu'aujourd'hui de nombreux praticiens prescrivent ces produits alimentaires comme s'il s'agissait de médicaments.
D'ailleurs, tout comme des médicaments, ces produits ont obtenu des agréments scientifiques. Pro-Activ bénéficie d'un avis favorable du Conseil supérieur d'hygiène publique. Et Danacol est le premier aliment à avoir reçu le visa de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Résultat, les ventes explosent (80 millions d'euros en 2004 pour Pro-Activ) et les marges sont, dit-on, spectaculairement élevées pour des produits de grande consommation.
Mais une nouvelle étape, très étonnante, est en train d'être franchie par les orfèvres en marketing des deux multinationales. Puisque ces aliments sont bons pour la santé, pourquoi ne pas en faire assurer le remboursement par des mutuelles ? L'idée est astucieuse : les industriels vont doper leur vente, les assureurs diminuer leurs risques liés au cholestérol et les consommateurs améliorer leur santé gratuitement. Tout le monde y gagne.
Unilever a été le précurseur en la matière en s'associant dès le mois de janvier dernier à une compagnie d'assurances hollandaise pour promouvoir son produit aux Pays-Bas. L'entreprise s'apprête à dévoiler mardi matin la teneur de son partenariat avec Maaf Assurances pour la France. «Pro-Activ qui détient 80% du marché des aliments anticholestérol a finalisé son offre avec son partenaire», souligne-t-on chez Unilever. Pour Danone, le plan est moins avancé. On avoue chez le leader mondial des yaourts que la publication d'un article dans le magazine spécialisé LSA de la semaine dernière, dévoilant l'imminence d'une annonce avec AGF Santé bouscule le calendrier prévu. L'offre Danacol-AGF sera finalisée et annoncée début 2006.