La baisse des loyers a commencé
Cette fois, ça y est : les locataires reprennent la main face aux propriétaires un peu partout en France. Notre analyse du phénomène et la cote détaillée des logements à louer dans 51 villes.
C’est la mine réjouie qu’Anne et Christian, jeune couple de cadres parisiens, ont ouvert la porte de leur nouvel appartement à notre journaliste. Il y avait de quoi: 61 mètres carrés refaits à neuf, avec cuisine équipée, dans une copropriété soignée du boulevard Montparnasse, à dix minutes en métro de leur job. Le tout pour 1 200 euros de loyer mensuel, charges comprises. Soit près de 180 euros de moins que ce qu’ils payaient auparavant pour une surface identique dans le même quartier, dont ils avaient dû repeindre les murs et équiper la cuisine à grands frais. «Il avait aussi fallu batailler durant des jours avec le propriétaire pour faire passer notre dossier devant une dizaine d’autres, se souvient Anne. Cette fois, nous étions seulement trois sur le coup: la réponse positive est tombée dès le lendemain.»
Si vous ne voyez dans cette histoire que l’effet d’un heureux hasard, vous vous trompez : depuis quelques mois, les locataires ont repris la main. Fini, ou presque, les files d’attente dans les cages d’escalier et les contrats de bail signés en deux minutes sur le capot d’une voiture. Et plus question, pour les propriétaires, d’augmenter leur loyer de 10%, voire davantage, à chaque relocation, ou de proposer aux enchères privées – cela s’est déjà vu – un bien de mauvaise qualité. Pour visiter un logement des années 50 ou 60 dépourvu de tout confort moderne, les candidats ne se bousculent plus.
Tel est le premier enseignement de notre grande enquête sur l’état du marché locatif en France, analysé dans le détail, quartier par quartier, à Paris, en Ile-de-France et dans les principales villes de province. Non seulement les propriétaires, sauf dans les secteurs où il y a encore une pénurie de logements, ne dictent plus leurs conditions, mais dans beaucoup de communes, petites ou grandes, les loyers s’orientent à la baisse. (...)
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