Le ministre des Finances a officiellement annoncé la nouvelle. La rémunération restera toutefois symbolique, sauf exceptions.
Ca y est ! Comme Hervé Gaymard l'a précisé hier à l'occasion d'une conférence de presse riche en annonces, les comptes-chèques pourront être rémunérés dès le 1er mars prochain. Il ne faut pas attendre des miracles de cette opportunité enfin offerte officiellement aux particuliers français. D'abord, les taux d'intérêt à court terme sont à un niveau historiquement bas. D'ailleurs, la Fédération des banques françaises ne manque pas de rappeler que, dans les pays voisins, la rémunération des comptes est purement symbolique, puisqu'elle ne dépasse pas quelques dixièmes de pourcent, au demeurant imposables. C'est vrai, mais en moyenne seulement. Selon une comparaison européenne publiée dans le dernier numéro de l'hebdomadaire Agéfi Actifs, d'abord les banques en ligne sont plutôt plus généreuses que les banques à guichets. Ensuite, les gros clients bénéficient d'un meilleur traitement que le tout venant. Des rémunérations à 1% par an, voire bien davantage chez les banquiers sans guichets, ne sont pas rares. Rien ne nous dit que ces observations faites à l'étranger, en Espagne notamment, soient transposables à la France. Elles paraissent cependant indiquer que la concurrence va jouer au profit du client, surtout s'il laisse un gros solde créditeur comme le font volontiers les personnes d'un certain âge. Ce sont les seniors qui vont tirer le meilleur profit de la rémunération des comptes. On attend aussi beaucoup de la Caixa Bank espagnole qui, ayant osé braver l'interdiction de rémunérer, s'était fait renvoyer dans les buts par les autorités de tutelle. La Caixa pourrait offrir 1% par an, au-delà d'un certain seuil, sachant que la banque prélève depuis un certain temps déjà des frais mensuels de tenue de compte. Mais qu'en revanche, les chèques resteront gratuits. On ne serait pas étonné que ce type de démarche fasse des adeptes, notamment dans les réseaux mutualistes. De toute façon, une meilleure transparence des frais bancaires a été exigée par le ministère des Finances en contrepartie de la libre rémunération des comptes. Et cette transparence fait l'affaire de tout le monde, même ceux qui ne toucheront qu'un demi-pourcent sur le solde de leur compte.
François de Witt |