Les 204 et 304 furent les premières tractions avant de Peugeot et aussi les premières voitures françaises de série à moteur transversal. Initialement proposée avec le moteur XL3 de 1288 cm3 qui développait dans la berline 70 Ch SAE, soit environ 65 CH DIN, les coupés et cabriolets 304 vont s'enrichir d'une motorisation qui, 30 ans après, surprend toujours par sa vigueur. S'inspirant des préparations sportives de l'époque, Peugeot va modifier le bloc tout alu pour en sortir une poignée de chevaux supplémentaires et pimenter son caractère. C'est ainsi que fut conçu le bloc "XL3S", avec chemises humides amovibles et un vilebrequin sur cinq paliers. L'autre grande originalité de ce moteur implanté transversalement à l'avant est aussi son arbre à cames en tête, entraîné par une double chaîne à rouleaux et tendeur hydraulique. L'alimentation est confiée à un carburateur Solex double corps (35EEISA). Le taux de compression est de 8,8:1. Appartenant à la catégorie des 7 CV fiscaux - le calcul de l'administration de l'époque ne tenait compte que de la cylindrée - la 304 S possède une mécanique au caractère plus sportif, développant 82 CH SAE soit environ 75 CH DIN à 5800 tr/mn. Le couple maxi est de 9,9 Mkg à 4500 tr/mn. L'échappement est très travaillé, on découvre avec bonheur un collecteur de type 4 en 2 en 1, avec un silencieux transversal, le pot de détente, placé sous la banquette arrière. De plus, sa sonorité agréable est un peu plus grondante et rauque, à cause de l'absence du silencieux normal des 304 en sortie de culasse. Les premières versions reçoivent encore une dynamo pour la production d'électricité, c'est elle qui est chargée du renvoi d'angle de la courroie de ventilateur. Ce dernier, breveté par Peugeot, n'est pas électrique mais actionné via une courroie qui vient de l'axe moteur avec une commande électromagnétique qui ne l'accouple que lorsque la température d'eau le demande. L'embrayage est à commande hydraulique, la pédale actionne un maître cylindre émetteur qui utilise le liquide de frein pour aller pousser un cylindre récepteur qui commande l'embrayage. Ce système a le principal mérite d'isoler toutes les vibrations dans le pédalier et de demander beaucoup moins d'effort à la pédale. En contrepartie, il est bien naturellement plus coûteux, et aussi moins progressif en action. La boite de vitesses à 4 rapports est intégrée dans le carter moteur. Le rapport de pont est 4,06 à 1. La manipulation de la commande de boite est un régal, le petit levier coudé tombe bien sous la main, les synchros sont rapides. Les différents rapports sont étagés au mieux pour obtenir une nervosité et des reprises agréables, au détriment de la vitesse de pointe et de la consommation. Il faut en effet rappeler qu'à cette époque l'essence n'était pas chère... Par conséquent, en dépit de caractéristiques modestes, les prestations de ce pétillant petit 1300 n'ont rien de ridicule ! La vitesse de pointe dépasse de peu 160 km/h, c'est vrai, mais les accélérations sont franches (environ 34 secondes sur le 1000 mètres départ arrêté) et les reprises énergiques, ce qui est bien plus appréciable encore. Lien de cause à effet, la consommation moyenne d'un coupé "S" ne tombera que difficilement en dessous de 9-10 L/100 Km. Cela étant, le moteur Peugeot se singularise par une sonorité chantante et une vivacité fort plaisante lorsqu'il s'agit d'emprunter les petites routes de nos vertes campagnes.