Il s’agit d’un BJ 42 de 1982 .
Pour ceux qui ne voient pas trop ce que c'est : c'est un utilitaire tout terrain et de transport de chose , à traction sur 2 ou 4 roues ( moyeux débrayables) dont le modèle original est né dans les années 50 , directement issu d'un petit camion de l'armée japonaise , et a assez peu varié jusqu'à la fin de la production en 1985 .
C'est le premier des "Land Cruiser" Toyota ...
L’usage sera – après remise en état - utilitaire : tirer des remorques , aller au bois – ramener du bois de chauffage , treuiller .. mais aussi de collection .
Je compte bien le garder .. si j’en suis content à l’usage en tout cas .
Il est tout d’origine … je veux dire aussi par là que la plupart des pièces datent vraiment de 1982 … même les pièces d’usures qui auraient manifestement du être changées .
Je ne l’ai pas payé très cher , mais il est à bien entendu à refaire complètement . De A à Z .
Avec changement de caisse . Je ne compte pas récupérer ni réparer la caisse actuelle .
Il existe encore des caisses neuves pour ce modèle , heureusement . Homologuées et tout et tout , reproduction stricte de l'origine , mais on a le choix : acier , inox ou aluminium .
Seule entorse au respect strict de l'origine : pour ma part , j'ai choisi l'aluminium ... l'expérience d'un autre type de "Land qqchose" (Rover) dont l'origine remonte à cette même période d'immédiat après guerre , avec caisse en aluminium d'origine, est claire : c'était le bon choix . Ca ne rouille pas , ca ne bouge pas .
En revanche , ce recul de presque 60 ans montre que Toyota avait plutôt fait le bon choix pour les trains roulants : la traction débrayable permet de ne pas user inutilement les différentiels qui ne servent pas lors du cheminement sur route ... comme le différentiel central qui équipait les Land Rover et a posé pas mal de problème ...
Depuis ... la technique a bien évolué et tout cela ne pose plus de problème ....
Mais ... c'étaient les choix de l'époque ...
J’ai la chance épatante d’être aidé dans cette restauration par mon beau père , à la retraite depuis peu , mais qui a dans le cadre de sa vie professionnelle remis en état ses deux BJ 40 à lui … il connaît donc fort bien le modèle , et cette connaissance est précieuse , cela fait gagner pas mal de temps .
Voici donc le début de l’aventure démontage remontage .
J’ai une certaine expérience en restauration de voitures anciennes , mais que des caisses autoporteuses jusqu’ici .
Mes premières impressions après 3 séances de travails de quelques heures sur cet engin
-Toutes les pièces sont lourdes , impressionnantes , largement sur dimensionnées .
-C’est fort bien conçu , pas de compliqué , les temps de démontages n’ont rien de comparable avec ceux d’une voiture ordinaire . Ca va 3 à 4 fois plus vite .
-C’est plutôt agréable de travailler à trois dessus … les trois générations … mon beau père , moi même et le fiston de 8 ans qui nous rejoins à l’occasion . Il s’est mis en tête de faire tomber toute la rouille avec un vieux tournevis ….
Oter les batteries
Oter calandre
L’échappement a été ressoudé à plusieurs endroits . Dont juste à la sortie du collecteur.
Les garnitures en mousse du tableau de bord sont démontées .
Toutes les connexions électriques sont étiquetées afin de faciliter le remontage ultérieurement.
Face avant ôtée … le radiateur a des traces de réparations multiple … il sera changé .
Observer les petites mains à droite ... :-D
Que 8 ans mais déjà en lutte contre la rouille ...
Le hard top est démonté en 3 pièce pour faciliter le transport …
Le temps de dépose des portes m’impressionne : 1 minutes pour déposer la porte et 30 minutes pour les charnières que je dois récupérer . C’est peu par rapport à ce que je connaissais ... et encore les vis de charnières ont un peu résisté par endroit .
Démontage du hard top . Récupérable je pense …. à une ou deux réparation près .
Le bas de la baise de pare brise est … comment dire .. inexistant .
Les planches avant sont bien sûr percés sur les bords extérieurs .
Une tôle de rajoute a fermé le trou durant un temps … colée au silicone transparent .
Quand j’ai retiré le cric … il est venu avec une partie du plancher . Et oui .. on voit le sol en dessous ..
Je prends de nombreuses photos pour m’aider lors du remontage
Quitte à ajouter quelques détails et remarque à même l’image
Mon beau père annonce et montre la procédure qu’il connaît par cœur ( il a déjà démonté – remonté plusieurs BJ)
Je fais les travaux de force .
Le fiston trône sur le siège resté dans la caisse, tient la baladeuse et pose les questions … à quoi ça sert ça …
:-D
Les deux ailes avant sont ôtées .
Complètement irrécupérable , trouées de partout et abondamment polymasticochoucroutée
.
Elles seront remplacées par des neuves en acier .
Le circuit de refroidissement est vidangé
Démontage de la commande ( simplissime) de robinet d’eau chaude pour le chauffage intérieur .
Une simple tirette terminée par un ressort servant aussi de point de fixation ..
La mécanique , c’est beau quand c’est simple :-D .
Tout le circuit des tuyaux à dépression pour le servo frein est démonté également
Ainsi que le pédalier et le servo frein et cylindre émetteur d’embrayage
Le bloc chauffage habitacle et les feutrine ( très humides encore malgré le séjour de 3 semaines au sec , dans le garage chauffé
)
Toujours la technique de photos abondantes , retouchées au besoin .
Si ça ne sert pas .. tant mieux .
Si un doute existe lors du remontage ….. serais bien content de les avoir prises
.
Voilà . La caisse est nue
Environ 16 heures de travail réparties en 4 séances de 4 heures dont une ou j’étais seul à travailler .
Nous avons enlevé une pleine remorque de pièces diverses .
Et quand je dis une pleine remorque …. Ce n’est pas qu’une image ..
Le voilà prêt à décaisser .
Il faut débrancher la goulotte
Avant le lever de la caisse , la goulotte à carburant est bien repérée avec ses multiples tours et retours et dégazages .
Y compris dans les recoins et selon tous les angles
La trappe est récupérée pour le montage sur la future caisse aluminium . Cette trappe est une des rares pièces de carrosserie en bon état
Déjà quelques photos de repérage du trajet de câble de frein à main … bon , la vue sera certainement meilleure après avoir ôté la caisse .
Le cable est démonté et décroché de la tôle de garniture .
Une vue de repérage par dessous
Les passages et trajets des tuyaux de freins sont déjà repérés .
Il existe en fait sur ce BJ un double circuit de frein .. comme sur les haut de gamme récent … un must … sauf que sur ce BJ , un des circuit est non branché car mangé par la corrosion . Il a seulement été doublé , en parallèle par un réseau de tuyau en cuivre pré cuit norme sanitaire – plomberie , les anciens tuyaux restant simplement en place pendouillant dans leur rouille . Beeuurk .
Les freins arrières sont débloqués
Décrochage de la commande à l’étrier et taper avec un marteau pas trop lourd tout le tour du tambour . Ca bouge … nous sommes sauvé … car l’étape suivante c’est bouger l’engin à la main pour le placer sous la poutre ou court le chariot du palan .
Cette partie du trajet tuyau de frein est bizarre . On dirait que le circuit rentre dans un mécanisme .. Un répartiteur peut être ? On verra mieux une fois la caisse enlevée et dés que j’aurai la revue technique …. Elle est en commande .
Les insonorisant en mousse – goudron sont tous photographiés afin de les reproduire ultérieurement en isolant (comptoir de la carrosserie ?) . Ils faudra les reproduire .
J’ai bien tenté de les décrocher au décapeur thermique et spatule … mais rien à faire ils refusent obstinément de collaborer . Ils préfèrent se déchirer , racrapoter sur eux même , se déformer .
J’avais pourtant pu récupérer ceux de vielles Peugeot très facilement , intacts et même réutilisables . Question de consistance probablement .
Jusque dans les coins cachés ..
Pour terminer , les anciens supports de caisse type sillent bloc caoutchouc sont tous impitoyablement tranchés .
Inutile d’espérer les dévisser .. un simple coup d’œil à l’état du pas de vis dissuade immédiatement .
Sous les ailes arrières aussi
Et ceux de traverses arrières .
Quelques élingues sont attachées à la caisse .
Et le levage commence .
Ce que je craignais un peu survient : la caisse arrière est tellement mangée de rouille que l’aile arrière gauche se décroche du plancher au lieu de le soulever .
L’enlèvement proprement dit de la caisse malade .
La voilà en l’air
Dessous intéressants
Le châssis est éloigné quelques heures le temps de bidouiller ce qui reste de la caisse à l’aise .
La caisse est redescendue au sol et couchée sur le flanc avec une sécurité au palan …
Bidouiller … en fait surtout démonter le réservoir .
Les sangles sont tellement amincies par la corrosion que c’est miracle que le réservoir ne soit pas tombé …
A remplacer . Existent elles en neuf ? Sinon ce sera deux bande d’acier inoxydable par exemple .
Les trois petits tuyaux parallèles qui courent entre dessus de réservoir et galette en plastique de reniflard (pourquoi 3 tuyaux ?) sont largement rouillés … obstruées par la corrosion par endroits et les pipettes sortant du dessus du réservoir presque inexistantes
.
J’espère que tout cela existe encore en neuf … sinon … aie .
Tout est reproductible avec de la patience mais ….
Certains tuyaux n’existent carrément plus . Totalement digérés par la corrosion . Comme cette sortie de reniflard ingénieusement placée dans la traverse pour s’y trouver à l’abri des poussières et boues … mais ici le caoutchouc sensé s’y brancher pendait à terre muni du petit bout de métal qui un jour y fut accroché :-D.
Voilà le réservoir à terre . Plusieurs trous de corrosion largement perforantes . Irrécupérable .
Lui .. je sais qu’il existe en neuf
..
La tôle pare feu sous les pieds du passager … une des rares pièces récupérable sur ce dessous de caisse :-D .
Voilà donc la caisse complètement dégarnie . Elle peut quitter le local , mais sera stockée néanmoins jusqu’au montage des éléments sur la nouvelle caisse . Peut être faudra il encore récupérer quelque morceau .
La caisse est coupée en deux . Coupe logique comme pour remplacement de la partie arrière .
Les morceaux seront moins lourds à déplacer quand même … d’autant plus que cette caisse avait subi de multiple réparation à la ferraille lourde … très lourde . Genre 8 mm d’épaisseur en cornière le long des plancher
.
Le châssis reprend place sur les lieux de travail . A l’abri .
Le moteur est quand même assez imposant . C’est la première fois que je le vois sous cet angle
Bon .. et bien c’est confirmé , je n’ai pas de prise de force . Dommage , j’avais la possibilité d’acquérir un treuil mécanique à un prix intéressant . Ce sera un électrique donc .
J’espère aussi que la réserve de dépression existe encore en neuf .. sinon .. réfection avec re tôlage nécessaire
.
Ce drôle de dispositif est bien un répartiteur . Il a l’air récupérable à ce que je vois et palpe jusqu’ici .
Les attaches de caisse seront à refaire ici . L’ancien propriétaire , probablement dans le soucis d’éviter un enlèvement de la caisse avait changé les sillent blocs .. en les fixant sur des pattes ressoudées en hâte au châssis , à coté des emplacement d’origine
.
Les arbres de transmissions sont repérés .
Le coulisseau est coté avant sur l’arbre arrière
Et coté arrière sur l’arbre avant .
Le démontage de la boite à air apporte quelques surprises .
Les durites en fait ne tenaient plus à rien . Les déplacer suffit à faire tomber les nippes auxquelles elles se trouvent accrochées
.
Le BJ ne freinait donc plus depuis un bout de temps que sur la force du mollet du conducteur
Le Servo est bien là … mais « vide » du vide qu’il aurait du contenir :!: .
La profondeur de l’atteinte est évidente une fois la boite à dépression décrochée : la paroi latérale est largement ouverte par des trous de corrosion . Et la base des nippes pour les deux durites s’y trouvait .
Le support sous la boite est, lui, récupérable
Repérage des sillent bloc d’échappement .
A noter que deux circuits d’échappement semblent prévus : un à droite ( celui qui existe effectivement sur ce BJ 42 )
Et un à gauche dont je trouve des traces de présence , notamment cette tôle pare feu … qui ne pare de rien .
Les écrous de sillent blocs du moteur et de la boite sont déposés , l’une ou l’autre vue avant la dépose du moteur – boite , comme cette masse au châssis .
Le palan est disposé
Et on tire . Lourd un moteur de Bj .. nettement plus lourd que ceux des cacahuètes que je bidouille habituellement .
Peu de chose restent sur le châssis :
Le boîtier à bille de la direction.
Quelques reliquats du circuit de freinage .
Derniers repérage sur le limitateur .
Et les correspondances à l’avant
Et cette curieuse vis – nippe M10 creuse qui sert à la fois de fixation au T de frein arrière et d’embout au reniflard du limitateur . Bien pensé … les vapeurs d’huile filent vers le tube de pont et le protége de la corrosion , et le bout du tuyau est protégé des saletés et boues .
Les trajets de tuyaux de freins sont répertoriés .
Y compris les accès vers les pivots
Les tuyaux sont dans un état pitoyable et à posteriori inquiétant .
Ils craquent au moindre mouvement , mangés par la corrosion jusqu’à cœur …. sauf là ou ils ont étés remplacés par du cuivre recuit sanitaire .
Le nouveau circuit sera en acier cuivré . Origine course auto . Tout ce qu’il y a de plus homologué . Très facile à cintrer . Diamètre d’origine . Couche de cuivre à l’extérieur …. D’où leur résistance à la corrosion .
Démontage des amortisseurs .
Curieusement ils sont encore tout bons
.
Changés récemment semble t’il …. Mais pas les lames de ressorts qui sont gonflées par la rouille et cassées à de multiples endroits .
Démontage du pare choc avant
La traverse plate est amovible . Otée aussi .
Les anciennes attaches de caisse sont éliminées , enfin les restes …
Ainsi que les prothèses placées sur les bord du châssis dans le but de retenir la caisse probablement éprise de liberté à la suite de la disparition prématurée des attaches d’origines :-D
Puis un peu de nettoyage .
Et une vue du châssis presque nu .
C’est que j’ai un aide – apprenti très motivé :-D .
.
Message édité par fast doc le 10-09-2008 à 14:41:42