automobilix  viking sénégalais Profil : Pilote semi-pro | UNE "3 = 6" MADE IN HANOVRE
La HANOMAG « Partner »
Certes, la firme HANOMAG n’a jamais, de près ou de loin, appartenu au groupe AUTO UNION. Alors, vous demandez-vous, pourquoi parler d’une auto qui n’a rien à voir avec nos chers quatre anneaux ? Rien à voir, c’est vite dit : cette auto, restée à l’état de prototype, avait épousé les techniques DKW éprouvées : moteur 3 cylindres « 2 temps » et traction-avant. Si vous n’en n’aviez jamais entendu parler, je vous la présente.
La société HANOMAG, fondée au milieu des années 1830, se consacra durant 15 ans, de 1924 à 1939, à la construction automobile. Après la seconde guerre mondiale, en 1948, elle s’essaya à un « come back » dans le domaine des voitures particulières et étudia un modèle entièrement nouveau qui aurait dû normalement entrer en production en 1951 ou 1952. Cette nouvelle auto était pour le moins originale : moteur 3 cylindres « 2 temps », traction-avant, carrosserie de forme ponton et trois places de front, bien avant MATRA. Seuls 11 prototypes furent assemblés dans l’usine de Hanovre. Mais le « niet » de la direction de la firme pour passer à une fabrication de série évita à HANOMAG de subir le sort qui guettait déjà GOLIATH, GUTBROD et qui, plus tard, sera aussi fatal à DKW.
Quelques articles publiés par la presse spécialisée allemande au printemps 1951 commentaient avec optimisme la reprise d’activités automobiles par HANOMAG. Le « miracle économique » allemand profitait déjà pleinement aux produits traditionnels d’HANOMAG, tracteurs, engins et remorques agricoles ainsi qu’aux poids lourds de la firme de Hanovre. Aussi se posait-on la question de la diversification des produits par un retour à la fabrication d’automobiles laquelle, de 1924 à 1939, avait été assez lucrative. Certes, HANOMAG n’avait pas fait partie des grands constructeurs allemands d’avant-guerre, les séries produites n’étant pas très importantes, mais cette firme avait obtenu une certaine renommée au travers de la qualité de ses autos ce qui avait fidélisé une couche non négligeable de clientèle.
HANOMAG 1,3 litre « Autobahn » à moteur 1300 cm3 de 1938 : elle a (presque) tout d’une DKW « F 9 » !
Comme la plupart des constructeurs européens de l’époque, HANOMAG envisageait, au lendemain des hostilités, de remettre en fabrication sa fameuse voiture aérodynamique présentée en 1938, la « 1,3 litre, Typ Autobahn ». Les chaînes de production et d’assemblage avaient survécu à la guerre, quoique les outillages de carrosserie restaient stockés chez AMBI-BUDD, désormais à Berlin-Est. Mais la direction d’HANOMAG caressait aussi une toute autre idée en visant, pour la nouvelle voiture à construire, un créneau plus « populaire » et donc plus lucratif. La direction de la firme se rappelait du grand succès rencontré avant-guerre par les petites DKW « Meisterklasse » et « Reichsklasse » de respectivement 600 et 700 cm3 qui, à cette époque, avaient fait partie des autos les plus vendues en Allemagne et qui avaient popularisé, à la fois le moteur « 2 temps et la traction-avant. La nouvelle HANOMAG se devait donc de s’inspirer de cette recette et alors la renaissance de la « 1,3 litre Autobahn » ne fut plus d’actualité. Il paraissait évident qu’une petite voiture bien conçue fidéliserait la clientèle à terme, la concurrence GOLIATH, GUTBROD et bien entendu DKW en étant la preuve.
C’est ainsi que les premières études de la future « Partner » furent entamées. Pour la motorisation on fit appel à un spécialiste bien connu de notre microcosme, l’ingénieur MÜLLER-Andernach ayant participé en 1939 à la mise au point de la DKW « F 9 ». MÜLLER-Andernach, établi à son compte après la guerre, avait développé divers moteurs « 2 temps » à 2 et 3 cylindres pour le compte de HEINKEL, TEMPO et SAAB en Suède. Mais c’est finalement sous le capot de la nouvelle HANOMAG que le 3 cylindres MÜLLER-Andernach fera ses débuts, alors que DKW utilisait encore son vieux bicylindre d’avant-guerre, son moteur 3 cylindres du prototype « F 9 » de 1939 n’étant toujours pas au point. HANOMAG se trouvait ainsi être le premier constructeur, même avant IFA, à utiliser un « 3=6 », pour reprendre la formule chère à AUTO UNION.
Moteur 3 cylindres « 2 temps », thermosiphon, traction avant : ça ne vous rappelle rien ?
Le moteur développé par MÜLLER-Andernach était un 700 cm3 de 28 ch, accouplé à une boite à 3 rapports tous synchronisés, laquelle entraînait les roues avant. Le train avant et l’essieu arrière étaient suspendus par un original et ingénieux système de silent-blocs composés d’un noyau de caoutchouc enfermé dans un cylindre en acier et agissant un peu comme des barres de torsion. Ce système avait été développé par la firme CONTINENTAL et avait déjà trouvé son application sur le train avant de la HANOMAG « 1,3 litre » de 1939. Si l’effet de suspension était satisfaisant, les contraintes dynamiques exercées latéralement en virage avaient tendance à décentrer les noyaux de caoutchouc, ce qui conduisait à terme à provoquer un carrossage négatif du train avant.
La « Partner » en version coupé 3+2
En dehors de son moteur inédit, la HANOMAG « Partner » se distinguait par une carrosserie autoporteuse de forme ponton, étudiée et développée par le carrossier KARMANN d’Osnabrück, lequel dessinera aussi les coupés et cabriolets « F 89 » pour le compte de DKW. Le coffre à bagages de grande capacité était pourvu d’un couvercle mais était aussi accessible de l’intérieur. La carrosserie, assez joufflue, était d’une longueur identique à celle de la « VW » mais plus large de 16 cm afin d’offrir trois places assises de front. Cette disposition audacieuse ne sera que peu appréciée du public bien qu’elle offrit l’avantage, sur le plan de la suspension, de placer les sièges de tous les occupants exactement au milieu de l’empattement. Derrière ces trois sièges se trouvait encore assez de place pour accueillir deux jeunes enfants, faisant finalement de la « Partner » une petite berline familiale du genre 3+2. Pour l’époque, la forme générale de l’auto était agréable et traduisait dans son styling les influences américaines contemporaines.
Manque un occupant sur cette photo...
Le modernisme de l’auto se révélait aussi au travers d’un certain nombre de détails, tels les clignotants remplaçant les antiques flèches de direction que l’on trouvait encore souvent sur les voitures de cette époque, la commande des phares et des clignotants située au volant, l’ouverture des portes par boutons-poussoirs et non pas par poignées articulées, la surface vitrée relativement importante, bien que les glaces latérales ne fussent que seulement coulissantes et non pas actionnées par manivelle. Côté technique, le radiateur (système thermosiphon) était placé derrière le moteur, juste au dessus de la couronne de démarreur, ce qui autorisait une excellente accessibilité au moteur pour les travaux d’entretien (comme sur les DKW d’ailleurs !). Les jantes de 13 pouces et l’équipement électrique en 12 volts de la « Partner » étaient loin d’être répandus dans cette catégorie de voiture où on en était encore souvent aux jantes de 15 pouces et au « 6 volts » comme, par exemple, sur les VW et autres DKW contemporaines.
Au musée Hanomag, un des 2 modèles subsistants, une version « coach » bicolore
Les essais routiers de la « Partner » se déroulèrent au cours du second semestre 1950 et le « déverminage » de l’auto était quasiment achevé au printemps de l’année suivante. On imprima alors catalogues et documents publicitaires, tandis que quelques uns des onze prototypes de présérie furent exposés au Salon de Francfort en Avril 1951. C’est la firme KARMANN qui aurait normalement dû assurer la fabrication des carrosseries jusqu’à ce que HANOMAG ait mis en place sa propre chaîne de fabrication. Mais la réaction du public fut assez mitigée, les acheteurs potentiels rechignant à s’asseoir à trois de front dans une auto .
Le catalogue était déjà imprimé...
Les quelques 200 concessionnaires allemands de HANOMAG se joignirent aussi à ce front du refus. Et le prix de vente annoncé de 5850 DM pour une voiture de 700 cm3 seulement était jugé excessif, quoique une DKW « Meisterklasse » à 2 cylindres seulement n’était finalement moins chère que de 20 DM ! Mais pour 300 DM de plus on avait une OPEL « Olympia » de 1500 cm3 ou une VW en finition « Export » coûtant 700 DM de moins, sans parler de la version dépouillée « Standard » affichée à seulement 4400 DM.
Alors qu’à l’été 1951 tout laissait à penser que la fabrication de la « Partner » allait démarrer incessamment, la direction générale de HANOMAG hésitait toujours à donner son feu vert. Quelques problèmes préoccupaient encore le service « qualité », comme l’usure rapide des bougies ou le verrouillage défectueux du capot moteur. Et la guerre de Corée occasionna une inflation sur le prix des tôles minces utilisées par l’industrie automobile. Chez HANOMAG on se demandait de plus en plus si la « Partner » pouvait être une source de profit commercial. Après mûre réflexion, la décision fut finalement prise de ne pas commercialiser cette auto dont la technique globale était pourtant au « top » de l’époque. Et des onze prototypes construits, deux seuls survécurent.
Photo de la « Partner » prévue pour le catalogue commercial
Caractéristiques techniques
MOTEUR
3 cylindres « 2 temps » en ligne, vilebrequin sur 4 paliers à roulements, 700 cm3, 28 ch à 4000 tr/min, balayage inversé, refroidissement à eau par thermosiphon, carburateur Solex, équipement électrique 12 V
TRANSMISSION
Traction avant, boite à 3 rapports synchronisés, embrayage mono-disque à sec, commande des vitesses au volant
CHASSIS
Carrosserie monocoque autoporteuse, 4 roues indépendantes, suspension avant par triangles superposés et éléments combinés élastiques caoutchouc-cylindres en acier, amortisseurs télescopiques, suspension arrière par bras tirés et éléments combinés identiques à ceux de l’avant
DIMENSIONS
Empattement 2165 mm, voie avant et arrière 1320 mm, longueur hors tout 4000 mm, largeur hors tout 1700 mm, garde au sol 180 mm, pneumatiques 5.60 x 13 , poids à vide 730 kg, carrosserie pour 3 passagers de front et 2 places de secours à l’arrière, réservoir de 34 litres à l’avant
PERFORMANCES
Vitesse maxi 100 km/h, consommation environ 7 litres aux 100 km
Après la guerre, la « Autobahn » n’aura pas d’héritière…
LA HANOMAG "PARTNER", une DKW de Basse-Saxe donc?
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Fumeur de diesel passif...
www.forum-auto.com/sqlforum/section5/sujet364705.htm
La rubrique riche en oméga 1, 2, 3, 4, 6, 8, 12 et 16 (cylindres) pour les amateurs d'Auto Union vraiment anciennes
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