Bonsoir,
Je viens de découvrir ce sujet et d'en lire une bonne partie.
J'ai aussi été l'heureux propriétaire d'une GLS qui m'a toujours laissé un souvenir très agréable.
Par rapport à l'ensemble des messages lus ici, j'aimerai apporter quelques précisions.
Tout d'abord en ce qui concerne la confusion régnant à la vision des gammes Solara et Tagora.
Il est vrai que les silhouettes sont similaires, c'est indéniable, et les photos ne rendent pas justice aux différences qui démarquent les 2 gammes.
Tout ceux qui ont eu une Tagora savent de quoi je parle.
Mettez donc une Tagora et une Solara côte à côte sur un parking.
La confusion n'est plus possible.
En caricaturant mais à peine, à 50 mètres et vues de devant, on pensait à une Simca 1100 relookée, et à une Volvo 760.
La Solara est la digne descendante des gammes Simca 1100, une traction, étroite et assez haute par rapport à la Tagora, propulsion, qui était bien comme ça a été évoqué la voiture française la plus large de l'époque avec ses 1,81 m, soit de mémoire 1 cm de plus que les DS (tout ça hors rétros).
En fait, la Tagora se confondait bien plus avec une Volvo 760 qu'avec une Solara.
Mais bon, il faut les voir sur pneus, et ne pas se contenter de photos pour s'en rendre compte.
Je passe sur la comparaison avec les hauts de gamme de l'époque, il ne faut quand même pas se voiler la face, même à l'époque, il y avait un monde entre une Tagora et une série 7 ou une Audi 200.
Concernant le modernisme du véhicule, c'est également très relatif... ce qui était prévu, avec boîte transaxle, oui c'était une architecture très moderne.
Ce qu'il en est advenu sous la houlette de Peugeot, ça se discutte beaucoup plus... solutions éprouvées sans grande innovation : pour la GLS, moteur issu de la Chrysler, même si modernisé, un bloc des années 60 si je me souviens bien, suspension Mc Pherson (le quintescence d'un choix d'économie), tambours à l'arrière, climatisation manuelle (SX), carburateur etc... enfin bon, moi je ne vois rien de bien révolutionnaire là dedans.
Sa robe, à mon sens particulièrement bien réussie, ne permet en aucun cas d'affirmer qu'un véhicule est révolutionnaire ou avant-gardiste.
Pour en revenir à ma GLS, il faut remarquer que son moteur offrait un couple important disponible sur une plage de régime très large.
Très souple donc, il offrait malgré tout un niveau de performances correct.
La consommation moyenne était plus proche des 9,5 à 10 litres/100km.
La boîte mécanique aussi était particulièrement agréable à manier avec son levier direct et bien guidé.
Spacieuse, relativement confortable, mais un peu sèche sur l'amortissement, ce qui nuisait légèrement à son confort.
L'insonorisation n'était pas très poussé non plus, tout au plus répondait-elle à ce qui se faisait dans ce domaine... en France !
Malgré ceci, j'en garde un assez bon souvenir, enfin sauf pour le traitement anti-corrosion du soubassement qui était très sommaire.
Au second contrôle technique, recalage pour corrosion... sur un véhicule de 4 ans d'âge seulement, il faut le faire !
Concernant l'échec de sa commercialisation, la rétiscence du réseau commercial à déjà été très justement mentionnée.
En fait les commerciaux préferraient vendre une 505 ou une 604 à une Talbot Tagora.
Pour expliquer ceci, il faut rappeler aux lecteurs de cette rubrique que les grèves incessantes avaient troublé la vie de Talbot Poissy durant les années passées :
Le passage Simca à Chrysler France, puis de nouveau Chrysler, puis Simca, puis Talbot sous Chrysler avant de finir Talbot sous la houlette de PSA je crois de mémoire, chaque passage accompagné par des grèves à n'en plus finir.
Tous ces mouvements sociaux ne sont pas restés sans conséquences pour un Talbot renaissant de ses cendres... la confiance faisait défaut tant des clients que des professionnels.
PSA avait d'ailleurs dans ses cartons le projet de transformer Talbot Poissy en unité de sous-traitance de la production PSA qui aurait permis d'absorber les pics de production éventuels... ou mise en chômage technique quand la demande ne suivait pas.
Talbot n'a d'ailleurs pas été la seule victime des grèves... Les établissements Chausson eux non plus ne se sont jamais remis des grèves de 1974.
Enfin dernier détail concernant la 505 Turbo dont les premières séries étaient munies du moteur Peugeot qui se sont avérés trop fragiles.
Peugeot n'à donc pas eu d'autre choix que de piocher dans sa banque d'organes.
Or il s'est avéré que seul le moteur ex-Chrysler 180 de la Tagora GLS était en mesure d'absorber sans broncher les très fortes contraintes exercées sur l'embiellage et le bloc moteur.
Résurection de ce groupe donc sur la 505 turbo.
Une belle revanche quand-même
Bien cordialement
Roland