Essai : Saab 9-3 Cabriolet 2.0T Aero 210 ch
Révélateur de Saab
Tous les charmes et les faiblesses de la Saab 9-3 Cabriolet sont concentrés dans cette version Aero. Où l’on discutera des atouts et inconvénients de la formule consistant à transmettre 210 chevaux aux roues avant d’une voiture découvrable... > Eric Bergerolle - 07/06/2004 (http://automobile.nouvelobs.com)



Depuis ses débuts en automobile en 1947, Saab est resté fidèle aux roues avant motrices. Les atouts de cette formule, tant sécuritaires (tenue de route) que commerciaux (plancher plat et habitabitabilité supérieure), ont aidé à façonner l'image de la marque suédoise. Imaginez donc notre surprise en entendant un passant affirmer à son ami que notre 9-3 Cabriolet était une propulsion surpuissante !
Voilà qui devrait ravir les gens du marketing chez Saab, tant il est vrai que cette scène atteste du succès de leur long travail pour imposer la marque en haut de gamme. Toutefois, Saab se heurte aux exigences de la catégorie, dictées par les spécialistes allemands demeurés fidèles à la solution des roues arrière motrices, tant par conviction technique que par intérêt commercial.
Or, depuis qu'il s'est privé d'une bonne part de sa clientèle des années 60 et 70, poussée chez la concurrence faute d'avoir vu ses moyens financiers suivre la courbe ascendante des prétentions de Saab, le constructeur suédois se retrouve à prêcher la traction dans un monde acquis à la propulsion. Le succès d'Audi est une exception qui s'explique par ses origines allemandes et par la "diversion" organisée autour de la transmission intégrale Quattro. Un coup de génie que tente de reproduire Jaguar pour sa X-Type.
Il n'empêche. Force est de constater qu'avec la nouvelle 9-3, Saab égale les prestations dynamiques des tractions d'Ingolstadt.
Les progrès sont particulièrement sensibles sur le Cabriolet, qui profite à plein de la bonne rigidité de départ de la plate-forme Epsilon de General Motors, fondement des Opel Vectra III et Chevrolet Malibu. Adieu tressautements incessants du rétroviseur et du volant ! La découvrable suédoise absorbe désormais avec sérénité les saignées du revêtement, la solidité de sa structure optimisant le travail des suspensions pour offrir au train avant l'adhérence qui lui faisait défaut jusque-là.
Dans l'absolu, la 9-3 Cabriolet Aero délivre des prestations et un agrément de très haut niveau. Les accélérations (0 à 100 km/h en 8 s) font quasiment jeu égal avec celle d'une BMW 330i à moteur 6 cylindres de 231 ch, dans une discrétion de bon aloi. Et même si l'effet turbo se fait encore sentir, on est loin du "coup de fesse" d'autrefois.
Conformément aux pratiques de la catégorie, l'amortissement privilégie l'efficacité au confort, mais sans fermeté véritablement excessive. Dans les longues courbes abordées à vive allure, le train arrière fait montre d'un certain entrain, sans doute grâce à son épure auto-directrice.
Malheureusement, la 9-3 Cabriolet se décompose un peu lorsqu'il s'agit d'exploiter les 210 chevaux développés par son 2 litres turbo. D'où l'étrange contradiction de la version Aero, auréolée du lustre des Saab 99 et 900 Turbo d'antan en tant que Cabriolet le plus puissant de la gamme, mais cruelle révélatrice des faiblesses de l'architecture de la 9-3.
Les remontées de couple refont surface lors de la remise des gaz et sont une incitation supplémentaire à tenir son volant des deux mains. Il n'y a là rien d'handicapant en utilisation courante, d'autant que la 9-3 Aero peut compter sur son antipatinage et son contrôle de stabilité pour éviter les embardées embarrassantes. L'obligation d'anticiper et de compenser les dérives en conduite rapide apparaît même comme une source de plaisir pour certains.
Votre dilemne peut donc se résumer à ceci : décider si vous comptez parmi les conducteurs clairvoyants qui sauront apprécier les plaisirs de la 9-3 Cabriolet Aero, ou bien si vous êtes de ceux qui ne souffriront pas de devoir batailler avec leur volant passé 5.000 tr/min. Surtout qu'à 43.900 €, cette Saab ne joue pas vraiment la carte du prix d'appel dans la catégorie.
Toutes considérations dont se moqueront peut-être vos heureux passagers, conquis par la ligne réussie de ce cabriolet, par son aura héritée de ses prédécesseurs, par ses deux places arrière raisonnablement accueillantes, par l'insonorisation remarquable de sa capote, ou bien encore par son chauffage puissant autorisant de rouler tête à l'air lorsque la neige tient encore au sol.
MOTEUR
Disposition Transversale avant
Type 4 cylindres en ligne
Cylindrée (cm3) 1.998
Alésage x course (mm) 86 x 86
Puissance maxi (ch à tr/min) 210 à 5.500
Couple maxi (Nm à tr/min) 300 à 2.500
Type d'injection multipoint
Suralimentation turbocompresseur
TRANSMISSION
Type traction
Boîte de vitesses manuelle 6 rapports
CHASSIS
Suspension avant McPherson, amortisseurs à gaz. Barre anti-roulis. Support hydroformé
Suspension arrière Independente, quatre bras,. Amortisseurs à gaz. Ressort hélicoïdaux, Bras latéral, Barre anti-roulis.
Freins avant Disques ventilés 312 mm
Freins arrière Disques pleins 290 mm
ABS oui
EBD oui
ESP oui
Antipatinage oui
Direction assistée oui
Diamètre de braquage (m) 10,8
Pneumatiques 245/55 R 16
POIDS/RESERVOIRS
Poids à vide (kg) 1.680
Réservoir (L) 62
CONSOMMATION (constructeur)
Cycle extra-urbain -
Cycle urbain -
Cycle mixte 9,0