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FAIT DIVERS
Escrocs à la TVA : huit suspects sous les verrous
par La Rédaction du DL | le 14/03/08 à 06h48
Ils pensaient avoir réalisé l'affaire du siècle mais ils ne verront sans doute jamais la couleur de la voiture de luxe qu'ils avaient commandée et payée rubis sur l'ongle. Pire: ces particuliers en seront sans doute de leur poche pour des dizaines de milliers d'euros après le démantèlement par la gendarmerie d'un réseau d'escrocs à la TVA cette semaine. Car le véhicule qu'ils avaient commandé il y a quelques mois ne leur sera jamais livré. Et pour cause: les "vendeurs" sont en prison!
Le coup de filet réalisé dans la région Rhône-Alpes - ainsi qu'à Marseille et dans le Var - par la Brigade de recherches et la compagnie de Grenoble en collaboration avec les fonctionnaires des douanes judiciaires de Lyon représente sans doute l'une des plus importantes affaires financières des dernières années dans la région.
Huit suspects parmi la quinzaine de personnes présentées ont d'ailleurs été écroués entre lundi et hier après avoir été mis en examen pour escroquerie en bande organisée. Sept autres, au nombre desquels quatre cadres de deux grosses concessions de Givors et de Lyon, ont été placés sous contrôle judiciaires après s'être acquittés chacun d'une caution de 10 000 euros.
Comme nous le relations hier, le réseau, basé en Haute-Savoie, proposait à des particuliers des citadines et des véhicules très haut-de-gamme - Audi RS4 ou Volkswagen 4X4 Touareg par exemple - à des prix défiant toute concurrence. En profitant des règles relatives à la TVA intra-communautaire, ils achetaient les véhicules hors-taxe chez des concessionnaires français en se disant mandatés par des sociétés allemandes. La TVA aurait dû être facturée aux clients allemands, mais les véhicules restaient en France et étaient officiellement vendus six mois plus tard en qualité de véhicules d'occasion. De faux documents permettaient ensuite de brouiller définitivement les pistes, le but étant, au final de ne pas s'acquitter de la TVA.
En qualité de "professionnels", les membres de l'équipe obtenaient 10% de réduction supplémentaire auprès des concessionnaires. Cette réduction n'était évidemment pas répercutée sur le prix de vente au particulier et les membres du réseau se partageaient cette somme.
Selon une source judiciaire, certains concessionnaires acceptaient même d'être réglés en espèces sur la base de sommes de plusieurs dizaines de milliers d'euros (la loi autorise des versements maximum de 3 000 euros). D'autres, pour être en règle avec le fisc, exigeaient un virement provenant d'Allemagne. Le réseau payait alors des "convoyeurs" recrutés dans les cités grenobloises et lyonnaises: ces jeunes gens se rendaient en Allemagne dans de belles voitures avec, en poche, des dizaines de milliers d'euros qu'ils déposaient ensuite sur le compte de la société germanique constituée à dessein. L'argent était viré peu après et le tour était joué.
Un Haut-Savoyard de 47 ans, habitant une petite commune de ce département,était à la tête de l'équipe. L'homme, dont l'identité n'a pas été communiquée, a été arrêté samedi ainsi que ses "associés" par les enquêteurs épaulés par des gendarmes des groupements locaux et par le GIR de Lyon. Il a été écroué avec les sept autres principaux suspects.
Le "patron" et ses lieutenants vivaient tous très confortablement malgré des revenus officiels modestes, certains touchant même les ASSEDIC. Une centaine de voitures - au nombre desquels des véhicules de luxe d'une valeur de 100 000 euros ainsi que 200 motos - sont concernés par l'enquête. Les investigations se poursuivent, notamment dans le milieu des concessionnaires des départements de la Haute-Savoie, de l'Ain, du Rhône, de la Loire, du Var et des Bouches-du-Rhône. Selon nos informations, d'autres développements pourraient intervenir dans les prochains mois.
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