TRANSPORTS TERRESTRES
SÉCURITÉ ROUTIÈRE ET POLLUTION
ALTERNATIVES À LA PENSÉE UNIQUE
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Décembre 2007
LA DÉSINFORMATION :
Tout le monde (ou enfin presque…) sait que la télévision, la radio, et une large majorité de la presse écrite sont à la solde du pouvoir en place.
Par exemple, en matière de sécurité et d'environnement, sujets indissociables concernant la route, ces médias sont plus prolixes pour matraquer sans cesse l'opinion sur les mesures répressives souvent contestables, seule action des pouvoirs publics en la matière, que pour informer objectivement sur une vision globale et réaliste du contexte des transports.
Récemment, ces médias, toujours très réactifs lorsqu'il s'agit de transmettre la bonne parole de la pensée unique, se sont empressés de communiquer la trouvaille saugrenue du "grenelle de l'environnement", à savoir diminuer de 10 km/h la vitesse pour diminuer la pollution. Quelques semaines auparavant, ces mêmes médias informaient de la décision de la SNCF de supprimer des milliers de postes de cheminots dédiés au fret. Bonjour les camions… (non polluants ?)
La prochaine écotaxe, fruit de nos experts environnementaux, visera à pénaliser les "méprisables" possesseurs de certains véhicules jugés trop polluants, mais surtout pas une quelconque remise en cause des politiques favorisant les camions et les autocars, au détriment des transports ferroviaires.
Dans les préoccupations soit disant majeures de la protection de l'environnement, qu'en est-il de la situation actuelle des transports, et de ces politiques pratiquées depuis au moins 70 ans?
LE SCANDALE DU RAIL :
La carte nationale du réseau ferré de France à son apogée, dans les années 30-35, avant la création de la SNCF, était maillée au point que chaque chef lieu de canton bénéficiait d'une desserte ferroviaire. La casse organisée depuis cette époque est impressionnante. Des milliers de kilomètres ont été sournoisement sinistrés. La méthode est toujours la même : lorsqu'une décision est prise de supprimer un axe jugé non rentable, on commence par rendre difficiles les correspondances pour les voyageurs. Ensuite :
• soit la liaison ferroviaire est purement supprimée, toujours selon la même méthode : elle est d'abord tronçonnée et déferrée en son milieu ; les deux tronçons de liaisons ne présentant plus d'intérêt sont à leur tour supprimés,
• soit elle est à l'abandon, avec les rails rouillés et la végétation au milieu. Dans ce cas, elle est souvent parallèle à la route qui supporte les trains… de camions, et les autocars.
Parallèlement, la SNCF est, depuis de nombreuses années, le premier transporteur routier d'Europe.
LE CAMION, LE CAR ET L'AUTOBUS
Ces nouveaux "trains" de camions présents sur les grands axes, assurent aujourd'hui environ 80% du transport de fret. Tout confondu, cette calamité, indépendamment du danger qu'elle représente, engendrerait plus de 40% de la pollution automobile, selon le CITEPA. Ce chiffre parait d'ailleurs bien bas…?
Les produits transportés qui parcourent des milliers de km pour les manipulations diverses aux 6 coins de l'hexagone, la politique des flux tendus, sont autant de facteurs polluants passés pratiquement sous silence, par rapport à la sacrosainte limitation de vitesse des automobiles, solution miracle prônée par nos nouveaux inquisiteurs.
Il y a quelques décennies, un voyage de groupe ou une excursion s'organisait de la manière suivante :
Le long trajet du point de départ au point d'arrivée se faisait en train, souvent de nuit. Le car n'était alors utilisé que pour l'acheminement local ou les excursions. Aujourd'hui, le car assure le déplacement entier. Hormis ce choix inqualifiable sur le plan écologique, lorsque l'accident mortel arrive, ce mode de transport n'est jamais remis en cause. Comme pour le camion dans pareil cas, le "lampiste responsable", c'est le chauffeur.
L'autobus quant à lui reste la seule solution pour le transport des voyageurs sur les nombreux axes desservis autrefois par le rail.
On sait que chaque camion, chaque car ou autobus est individuellement source de pollution. Une locomotive, même diesel donc polluante, tracte des wagons qui ne le sont pas. Au nombre de voyageurs ou à la tonne de marchandise transportée, le niveau de pollution est incomparablement plus faible par le rail, n'en déplaise à certains détracteurs (il en existe !).
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S'ORIENTER VERS UNE AUTRE POLITIQUE DES TRANSPORTS TERRESTRES :
Seule une politique volontariste à long terme peut reconstruire et réhabiliter les réseaux ferrés démolis, et faire en sorte que grâce au rail (et au fluvial), par tous les moyens possibles, le transport routier du fret soit ramené à environ 20%, ce qu'il était à une certaine époque. Outre les solutions de ferroutage, le fret ferroviaire devrait être réhabilité en rétablissant le transport direct des marchandises sans camions, en rétablissant l'exploitation des zones de triages. Des antennes desservant les zones d'activités (industrielles, commerciales) devraient être créées.
Un large choix devrait être instauré au profit des citoyens voyageurs, par exemple :
• Développer et rendre compétitifs les trains autocouchettes, pour ceux qui n'aiment pas les longs trajets par la route, mais souhaitent disposer de leur voiture.
• Mêmes possibilités offertes aux caravaniers
• Rendre les voyages par la route plus agréables en fluidifiant le trafic, en réformant la réglementation et les comportements, par l'ensemble des suggestions évoquées dans ce document.
L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
L'aménagement du territoire en France est tel que plus de 80% de la population est concentrée sur moins de 20% du territoire.
Dans les années 60, il a été décidé de construire des "Paris" autour de Paris (Evry, Cergy, St Quentin, etc..). Aujourd'hui, le bétonnage à outrance aggrave la concentration dans les agglomérations déjà saturées. À de tels choix, n'aurait-il pas mieux valu étendre les zones urbanisées et élargir les dessertes ferroviaires au-delà des périmètres actuels, afin de rester dans une densité de population acceptable ?
Les choix opérés depuis des décennies conduisent les usagers des transports à se retrouver tous aux mêmes heures :
• soit sur le macadam, confrontés à d'ingérables problèmes d'embouteillages. Il en résulte un surcroit de pollution. Celui-ci est-il quantifié, avec autant de zèle que sont effectués les calculs démontrant soi-disant les gains résultant des limitations de vitesses ?
• soit dans les transports en commun, souvent dans des conditions d'inconfort intolérables, et confrontés aux aléas divers éventuels du trafic.
LES TRANSPORTS EN COMMUN URBAINS :
Les donneurs de leçons clament sans cesse : Prenez donc les transports en commun ! Oui mais… Faudrait-il encore que ceux-ci soient plus attrayants, et faudrait-il aussi bien souvent avoir le choix. Voyez les dégâts causés depuis des décennies par les politiques de nos grands décideurs :
• Lignes ferroviaires supprimées :
Boissy saint Léger à Verneuil l'Etang. Ainsi, plusieurs villes comme Brie Comte Robert ne sont plus
desservies
Ligne de Chartres par Limours (dont jonction vers St Rémy les Chevreuse)
Les nombreuses voies métriques dont Milly-Corbeil, La Ferté Etampes, etc…
Le carrefour ferroviaire de Pithiviers
La radiale Etampes Auneau Chartres
Et bien d'autres….
• Les choix douteux :
Le métro automatique de l'aéroport d'Orly, avec correspondance à Antony, alors qu'une liaison
ferroviaire importante et directe passe à proximité, desservant la capitale et une interconnexion TGV.
Le tram rétrécissant les boulevards des maréchaux, mais pourquoi pas la réhabilitation de la petite
ceinture ?
L'abandon des trolleys-bus électriques au profit des autobus à l'époque du lobby pétrolier
Et bien d'autres….
Ces quelques exemples en Île de France et à Paris ne sont pas exhaustifs. On pourrait faire un livre avec un inventaire détaillé (et nécessaire) sur le plan National.
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En outre :
• Qu'en est-il du confort dans les transports en commun, particulièrement aux heures d'affluence, ou les voyageurs doivent se pousser vers l'arrière pour la fermeture des portes ?
• Qu'en est-il de la sécurité sous toutes ses formes (entretien du matériel, prévention des agressions), avec une politique constante de suppression du personnel dans les services d'entretien, dans les gares et dans les rames en circulation ?
• Les banquettes lacérées, les vitres rayées, les rideaux déchirés, les gribouillis infâmes internes et externes, autant d'actes de vandalismes pratiqués par les désœuvrés relégués au ban de la société.
• Comment se déplacer d'un point à un autre d'une banlieue quand rares sont les liaisons radiales ?
• Vous voulez sortir le soir au spectacle ou chez des amis à Paris. Vous avez la chance d'habiter près d'une gare, mais à 50km. Il est 2 heures du matin. On fait comment pour rentrer ? Eh bien dans certains cas, il existe des dessertes, mais… tenez vous bien : par des autobus remplaçant le train ! On croit rêver.
L'hyper-concentration urbaine ne permet raisonnablement plus aucune solution pour améliorer la fluidité et la pollution engendrée par les déplacements. Toutes les mesures prises par les décideurs "autophobes" ne font qu'aggraver les choses. Seule une politique d'aménagement du territoire radicalement opposée, c'est-à-dire menant au rééquilibrage de la population sur l'ensemble du territoire, pourra améliorer durablement la situation. L'enjeu est de taille. C'est du long terme. Mais c'est aussi à la hauteur de l'ambition écologique actuelle.
L'étendue des réseaux ferrés urbains, un meilleur confort et une sécurité accrue, équilibreront naturellement le choix des usagers entre leur voiture et le rail.
LA VOITURE PARTICULIÈRE :
Haro sur la voiture ! Origine de tous les maux, seule décriée aussi bien par les pouvoirs publics, par des écolos de tous poils, et certaines associations "autophobes". Vous appréciez un véhicule motorisé pour vos déplacements personnels et vous être montré du doigt ? Achetez un camion ! Ils n'en parlent jamais.
Sur l'aspect environnemental, la F.F.A.C. précise que, contrairement aux idées reçues, la circulation des automobiles est une cause très minoritaire de la production de gaz à effet de serre, dont elle ne représente au niveau mondial que 6%, et qu'elle vient bien après d'autres sources, telles que la production d'électricité, l'industrie, le chauffage, ou même l'élevage.
Dans les zones déjà trop peuplées où on continue outrageusement à bétonner, on pourrait supposer que des mesures soient prises en conséquence pour fluidifier le trafic. Bien au contraire, partout on voit fleurir tout ce qu'il faut pour l'entraver : chicanes et obstacles en tous genres, "brises-amortisseurs", petites rues de dessertes (souvent sans issue) prioritaires sur les axes à grand trafic, ou encore suite abusive de stops trop banalisés, et de feux volontairement non synchronisés ; on observe même des axes principaux rétrécis après avoir été élargis au temps où les décideurs marchaient moins sur la tête, et des coûteux souterrains de croisements rebouchés. Tout cela sans concertation, aux frais du contribuable, au nom des restrictions et de la répression à la mode, seule réponse hélas à la sécurité routière. Il en résulte une circulation toujours plus polluante, plus usante pour les passagers et le matériel, et au final plus dangereuse. Le naturel trop souvent hélas agressif de l'automobiliste est exacerbé par ces situations. Cela favorise le "diviser pour régner". La faute de conduite ou la voiture qui gêne, c'est l'autre bien sûr !
Les 40.000.000 d'automobilistes que nous sommes devraient se fédérer pour imposer des commissions indépendantes (basées sur le principe de la défense des consommateurs) chargées d'inventaires méthodiques de toutes les malversations commises sur nos routes et nos rues, aux fins suivantes :
• que les auteurs répondent de leurs actes au cas par cas,
• que des moyens techniques et financiers pour les remises en état soient mis en œuvre.
Faut-il limiter la vitesse pour accroître la sécurité et réduire la pollution ?
Voici la pièce Maîtresse, la Solution magique de la pensée unique. Quand le sujet est abordé par les médias, qui sont les invités privilégiés ?
• La radicale représentante de la très violente "ligue contre la violence routière".
• Une autorité de la gendarmerie ou de la police, évidemment grande militante des mesures répressives
• Une sommité médicale reconnue, en accord parfait avec les précédents.
• Quelquefois un "quidam" dissident, mais hélas souvent peu convaincant, et de toute façon ridiculement minoritaire en face de cette armée d'inquisiteurs.
Beaucoup d'entre nous, plutôt de l'avis de ce dissident, déplorent autant d'erreurs dans l'évolution de la civilisation de l'ère automobile, sans trop oser s'exprimer, tant la pression de la pensée unique est forte. Le consensus général est ainsi forgé à coups de propagande démontrant que les seules solutions aux problèmes liés à la sécurité routière et à la pollution automobile sont celles mises en place. Eh bien NON ! OSONS un autre mode de pensée.
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Par exemple, concernant la pollution automobile, toutes les données des constructeurs mentionnent une consommation moyenne en ville supérieure à celle sur route. Il tombe sous le sens qu'un véhicule arrêté moteur tournant, ou constamment en accélération/décélération sur les rapports inférieurs de boîte de vitesse, est plus gourmand en carburant donc plus polluant, que sur la route en vitesse continue sur le rapport supérieur.
Les limitations arbitraires sur la route, hormis l'aspect sécuritaire objectivement très discutable, peuvent avoir des effets pervers sur le plan environnemental. Si effectivement plus le régime moteur est bas, moins le véhicule pollue, une vitesse trop basse peut nécessiter le choix d'un rapport de vitesse inférieur pour éviter un sous-régime préjudiciable pour la sécurité et la mécanique. En baissant d'un rapport, le régime moteur augmente, on consomme plus et on pollue plus… Ainsi par exemple, lorsqu'on recommande de ralentir à 50 km/h lors des pics de pollution dans une grande agglomération, on roule en 3ème au lieu de la 4ème et le résultat est inverse au but recherché. Il en est de même pour les moins 10 km/h, mesure phare prônée fin septembre 2007 par nos pourfendeurs habituels.
En réalité, ce lobby de la limitation de vitesse permet de culpabiliser arbitrairement en transformant en "pollueurs-chauffards irresponsables" ceux qui transgressent les règles. Il s'agit surtout d'une humiliation gratuite assortie d'une contravention possible, qui l'est moins. Mais les automobilistes ont l'habitude des rackets en tous genres. Le jour où une étude sérieuse sera réalisée, elle risque de démontrer bon nombre d'arguments à l'encontre de la supercherie des limitations de vitesses.
Un des arguments à la mode : vous n'allez gagner que quelques minutes en roulant vite, donc en prenant des risques intolérables pour vous et pour les autres… Répondons à cela que 500 km parcourus à 100 km/h, ça demande 2 fois plus de temps qu'à 200. C'est évident mais ça mérite d'être dit. C'est pour cela que l'on a créé des lignes à grande vitesse pour faire rouler des TGV sur des parcours comparables. Pourquoi la voiture devrait être reléguée au ban du progrès ? Les voitures modernes permettent le plus souvent des vitesses élevées. Alors assez d'hypocrisie.
Un conducteur expérimenté, en pleine possession de ses moyens, au volant d'une voiture puissante bien entretenue, est contrôlé roulant à 250 ou 300 km/h sur une autoroute dégagée. Pour ce "délinquant chauffard criminel" aux yeux des inquisiteurs : retrait de permis, contrôle d'alcoolémie, racket financier, prison… Et ensuite, tous ces journalistes zélés vont à leur tour s'insurger au point d'avoir du mal à reprendre leur souffle pour matraquer la nouvelle. Objectivement, Ce conducteur était-il dangereux ? Que dire de ceux qui "enclument" sur la file de gauche lorsque la voie de droite est libre, ou de ceux qui déboitent sans prévenir ou qui considèrent qu'ils sont prioritaires parce qu'ils ont mis leur clignotant, tout cela en respectant la vitesse arbitrairement limitée ?
Vitesse = danger, ça ne veut rien dire ! Ce qui est nécessaire pour la sécurité, c'est maitriser la situation en fonction de ses aptitudes (bien connaître ses limites), et des possibilités du véhicule. Ce sont là les seuls critères objectifs des limites de vitesse. Réagir en cas de danger, anticiper les obstacles, ça s'apprend et ça ce teste. Ce qui ne s'apprend pas encore hélas, c'est maîtriser son comportement vis-à-vis des autres et son agressivité. Aujourd'hui, on ne connaît que les méthodes coercitives : répressions tous azimuts, menaces, suspicions, humiliations, rackets. Tout pour exacerber la haine et l'agressivité.
Nos donneurs de leçons vont immédiatement rétorquer à ces arguments : Voyez nos méthodes : 20, 30 ou 40% de morts en moins sur les routes ! (en fait les chiffres qu'ils veulent, personne ne vérifie). Moins de morts sur les routes : tout le mode est pour ! Mais n'y a-t-il pas d'autres procédés pour y parvenir ? Leurs mesures régressives basées sur la peur du gendarme répondent à une logique "autophobe" qui, poussée au paroxysme se résumerait à ceci : vous ne voulez plus d'accidents de voitures ? Supprimez les voitures ! Ce qui freine cette logique absurde, c'est avant tout l'aspect "vache à lait" (depuis toujours) de la voiture, et le risque de nuire à l'industrie automobile. L'avantage du choix de la seule action répressive : non seulement ça ne coûte pas cher, mais ça rapporte. En outre, grâce à un consensus de la population mené de main de maître par le matraquage médiatique, cela permet de bien tester l'efficacité de l'instrumentalisation des esprits.
Il convient surtout de ne pas laisser penser à ces gens là qu'eux seuls ont le souci de diminuer le nombre de morts sur les routes. Ils n'ont pas le monopole du cœur. Tout le monde est d'accord pour reconnaître que plusieurs milliers, que ce soit 4 ou 5 ou 7000 morts par an, c'est intolérable. 1 mort par an serait intolérable. Des milliers de blessés dont beaucoup handicapés à vie, c'est intolérable. Même de la tôle froissée, c'est agaçant (sauf pour les carrossiers).
Alors soyons utopistes, imaginons des résultats incomparablement meilleurs à ceux obtenus par les répressions régressives dont nous sommes chaque jour victimes, au profit de moyens progressistes basés avant tout sur l'éducation et la prévention.
Précisons quand même que si 4 à 7000 morts par an sur les routes, c'est intolérable, 8 fois plus de morts à cause du tabac par exemple, c'est aussi intolérable. Même si ça devient interdit d'empoisonner les autres dans pas mal d'endroits, beaucoup de drogués du tabac ont encore du mal à comprendre qu'ils n'empoisonnent pas qu'eux-mêmes. De même, on observe moins d'acharnement de la part des pouvoirs publics à dénoncer et à traiter énergiquement une des premières causes de mortalité que sont les accidents domestiques, 3 à 4 fois plus de victimes que sur la route.
Pour revenir à la sécurité routière, il conviendrait pratiquement de repartir d'une feuille blanche. Il s'agirait là d'une véritable révolution de nature à décomplexer la civilisation automobile. Mais par quoi commencer ?
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D'abord informer objectivement pour une prise de conscience générale :
La tâche est ardue ! La propagande "autophobe" est telle qu'une majorité écrasante de citoyens, le plus souvent en toute bonne foi, approuve tout ce qui se dit et tout ce qui se fait. Pire ! La surenchère est courante dans les conversations de bistrot, les conseils municipaux, etc...
Une riposte à cette démagogie devrait débuter par la création et une large diffusion de slogans percutants sur quelques points évoqués ici. Ensuite, par le biais d'une presse spécialisée et indépendante, il conviendrait de rentrer dans le détail de "l'état des lieux" actuel, suivi de l'élaboration d'une politique alternative concernant les transports, intégrant des conceptions sérieuses, principalement sur la sécurité, l'environnement, et le respect des citoyens. Cette politique comporterait un plan ambitieux d'actions classées à court, moyen et long terme.
Il est hélas illusoire d'imaginer pouvoir convaincre et inverser la pensée unique au travers de débats. Trop d'intérêts basés sur des idées reçues sont en jeu. Seul, un rapport de force pourra éventuellement faire évoluer les choses dans le bon sens. Mais pour obtenir ce rapport de force, il faut déjà convaincre une majorité des 40.000.000 que nous sommes. Quelles associations de défense des automobilistes, quels partis politiques pourraient s'engager dans ce défi majeur ?
Ce qui peut rendre optimiste sur l'application d'une politique radicalement opposée à celle pratiquée en termes de sécurité routière et environnemental de l'automobile, c'est la nature humaine : On aura toujours tendance à respecter ce qui est respectable, comme on aura toujours tendance à transgresser ce qui ne l'est pas. Ainsi, si l'autorité sur ces sujets est confiée à des vrais spécialistes de la conduite que sont les pilotes de compétition (actuels et anciens), qui accepteraient de s'investir, et les moniteurs spécialisés dans les stages de perfectionnement, la crédibilité, et donc le respect de ces gens là, seront incomparablement plus naturels et importants, que le respect forcé au képi, qui incite surtout au jeu du chat et de la souris. Il conviendrait toutefois que ces équipes refusent de "pactiser avec le diable" !
Entre autres suggestions concernant la sécurité :
Le permis de conduire :
Des mesures préventives et non répressives pour responsabiliser les automobilistes sont à inventer et à mettre en œuvre : par exemple, une révolution d'un permis de conduire non permanent, dans lequel seraient évaluées de manière cyclique les aptitudes de chacun, en systématisant l'apprentissage à gérer les mises en situations dangereuses, comme cela existe déjà dans les stages de perfectionnement. Pourquoi pas un permis de conduire à plusieurs vitesses, tenant compte des résultats obtenus au terme de chaque réévaluation ? Ce permis comporterait également un réel apprentissage civique, dans lequel l'accent serait mis sur la manière de SE conduire au volant, notamment la lutte contre l'agressivité (surtout masculine), la prise de conscience de ses limites, le fait qu'il soit toujours difficile de reconnaître que les fautes et les erreurs ne sont pas toujours dues aux autres. En résumé : le respect de l'autre.
Objection : Mais ça va coûter horriblement cher ! A cela répondons :
Les actuels stages pour récupération de points, limités aux connaissances déjà inculquées lors du permis de conduire ne sont pas gratuits. Par ailleurs, on pourrait peut être revoir à la baisse cet autre racket que constituent les 80% de taxes sur les carburants. Pour quelle raison objective pénalise-t-on depuis toujours ce bien de consommation plus qu'un autre ? Imaginons un budget égal à celui actuel pour un automobiliste, dans lequel il y aurait moins de TIPP, et plus d'investissement pour le recyclage de ses aptitudes à la conduite…
L'alcool au volant :
Chacun admet le risque d'une conduite en état d'ivresse. Pour la lutte actuelle contre l'alcoolémie, des slogans hasardeux sont évoqués : par exemple la notion du verre d'alcool ; quel verre ? quel alcool ? Entre une flûte de champagne et un grand verre de whisky, le résultat est identique ? Ou bien un verre de vin par repas… Si le verre utilisé ne suffit pas, on le remplace par une chope alsacienne !
Lorsqu'on veut donner des leçons, il faut être un peu précis, si on veut être crédible.
Quant au risque découlant d'une dose d'alcool absorbée, est-il le même pour tout le monde ? Entre un habitué du vin à table ou de l'apéritif, et un non habitué qui fait une exception, la taille et le poids de chaque individu, ses réactions intrinsèques après avoir bu, etc…, n'y a-t-il aucune différence ? Autrement dit, le principe d'un seuil à partir duquel un individu est considéré comme inapte à la conduite ne constitue t-il pas une mesure arbitraire de plus ?
La prise en considération du danger concernant la diminution des capacités de chacun à la conduite d'un véhicule est utile. Mais le seuil limite est variable d'un individu à un autre, et même pour chaque individu, en fonction par exemple de son état, variable lui-même, au moment où il boit.
Cette mesure arbitraire est très pratique parce que facilement contrôlable et verbalisable. Mais comment contrôler un état de fatigue même sans alcool, tout aussi accidentogène ? Plus difficile dans ce cas de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'état.
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Certains médecins très médiatisés sur les thèmes concernant la sécurité routière sont très prolixes sur des sujets qu'ils connaissent peu ou pas du tout, et abondent généreusement dans la démagogie ambiante. Tout va bien, ils sont invités pour ça. Ces gens là feraient mieux de limiter leur énergie à leur domaine de compétence, et ainsi d'élaborer des mesures plus précises pour lutter contre les risques liés à l'alcool et la fatigue au volant. Cela en mettant plus l'accent sur des solutions préventives, que sur les solutions répressives à la mode.
La ceinture :
Sur ce point aussi la prévention devrait prévaloir. Des explications OBJECTIVES sur l'usage de la ceinture, démontrant dans quels cas elle permet la survie du passager, mais aussi dans quel cas elle peut se révéler dangereuse, devraient permettre de responsabiliser chacun.
L'automobiliste adulte, informé et responsable boucle ou ne boucle pas sa ceinture, conscient des risques qu'il prend, sans menace du PV racket habituel en la matière.
Toujours sur le thème favori de la coercition, une nouvelle trouvaille est dans l'air : un dispositif interdisant le démarrage du véhicule si la ou les ceintures ne sont pas bouclées. C'est d'autant plus ridicule que des parades simples, heureusement, pourront toujours annuler cette interdiction.
Les phares de jour :
Si un conducteur a du mal à repérer de jour un véhicule, même éloigné, qui vient en face, il aurait intérêt à faire contrôler sa vue, adopter des verres correcteurs appropriés, ou ne plus conduire dans les pires cas. Il suffit la nuit de supporter l'éblouissement de face ou dans les rétros, des phares mal réglés. Souhaitons que cette stupidité, obligatoire ailleurs, ne soit pas singée chez nous.
Cohabitation sur la route :
Voitures particulières, motos, poids lourds, vélos, piétons ; une cohabitation difficile dans laquelle chacun doit prendre ses responsabilités en cessant de croire que les droits "sont pour moi" et les devoirs "pour les autres". Si les conducteurs doivent être vigilants, les piétons (en particulier les enfants et les personnes âgées) doivent aussi respecter des règles. Beaucoup de cyclistes s'affranchissent allègrement de tout concept réglementaire. Solution? Toujours l'éducation aujourd'hui nettement insuffisante, en amont.
Quant aux conducteurs des poids lourds, le comportement se résume simplement au rapport de masse. Ainsi, trop nombreux sont les accidents graves dans lesquels les poids lourds sont impliqués (on en revient aux sujets évoqués précédemment).
Les progrès sur les véhicules :
Seuls, les constructeurs automobiles ont réalisé des progrès significatifs en termes de sécurité et de pollution.
Sécurité passive (critères EURO NCAP) ; Sécurité active : assistance au freinage et à la trajectoire (ABS, ESP).
Progrès sur les motorisations, avec une diminution spectaculaire des consommations de carburant et donc réduction de la pollution.
Progrès sur les lignes d'échappements (pots catalytiques, filtres à particules), contribuant également à la lutte contre la pollution.
Il convient toutefois d'agir sur le nombre trop important de voitures polluantes parce que mal réglées ou trop anciennes. Un effort sur les contrôles techniques serait peut-être à considérer. Un renouvellement plus important du parc serait bien sûr bénéfique, mais il s'agit là d'un vaste sujet lié au pouvoir d'achat des citoyens, et donc d'une politique de plein emploi…
Enfin, tout le monde reconnaît que la mise en œuvre des technologies permettant à terme une alternative au pétrole reste un ensemble de projets essentiels, qui ne devraient toutefois pas être ralentis par des intérêts financiers à court terme.
CONCLUSION :
Réaménager le territoire. Reconstruire des voies ferrées. Réparer le réseau routier. Révolutionner les modes de transports terrestres, afin de servir valablement la cause environnementale, et de nous respecter, nous, citoyens, au lieu de nous humilier et de nous imposer des régressions.
Mais avec quels budgets ?
Les progrès de la science dans tous les domaines, dont ceux de la production (la mécanisation, la robotisation, l'informatique, etc…), bref, l'évolution des technologies, particulièrement depuis un siècle, permettent d'accroître considérablement les richesses. Parallèlement, nous subissons depuis des décennies une régression sociale dont nous nous demandons si nous n'allons pas bientôt revenir au Moyen-âge (beaucoup n'en sont d'ailleurs jamais sortis, au moins dans les esprits).
Alors à qui profite cet accroissement des richesses ? Grande question…
Ne faudra-t-il pas engager un "grenelle" d'une autre ampleur, celui qui aurait pour ambition de mieux les répartir ?
Hélas, les grands possédants de notre planète usent toujours de leurs immenses pouvoirs pour asservir les peuples, aux fins de leurs profits sans limites.
Nous ne sommes plus là dans une notion de "grenelle", mais dans celle d'une révolution politique à l'échelle planétaire. Nos civilisations ont encore de grands progrès à accomplir avant d'atteindre l'âge de la Sagesse. Comme disait Carl SAGAN, espérons qu'elles sauront franchir les caps difficiles pour y parvenir, sans se suicider avant.
Message édité par WildOne le 24-09-2008 à 16:35:54