C'est vraiment désolant de voir quelles tournures prennent les discours de certains, qui parlent de policiers et gendarmes (pour ne pas reprendre le langage de certains imbéciles qui n'ont d'autres mots à la bouche que flics, poulets, keufs, condés ou que s'ai-je encore) en les dénigrants et en les insultants librement. Les amalgames que vous effectuez hâtivement, c'est facile de mettre tout le monde dans le même plat. Pourtant il y a aussi des pourris dans tous les corps de métiers, ce n'est pas pour cela qu'on dit que les VRP, les médecins, les ouvriers, etc... sont tous des cons.
Quand un médecin viole une mineure, on dit qu'il doit être puni (ref: informations télévisées), quand des infirmiers s'adonnent à des mises en scènes photographiques étranges aux côtés de personnes en phase terminale, on dit que ces infirmiers sont indignes de leur fonction et doivent être sanctionnés, quand un plombier frappe sa femme et l’enflamme avec de l’essence, on est indigné, à chaque fois c'est l'homme qui est responsable et non pas le corps de métier, pourtant quand un policier, douanier, gendarme, etc, fait la moindre petite connerie, c'est toute la profession qui est visée.
Oui il y a des pourris partout, même chez nous, mais il faudrait peut-être raisonner plus maturément. Ah vous me direz que ce forum est bourré d'anecdotes assez farfelues avec les Fdo, mais il y a aussi pas mal de fabulateurs dans ce forum, qui ont tendance à aggraver certains faits et à en diminuer d'autres pour que l'on compatisse pour eux. De plus on ne fait que parler de mauvaises rencontres avec les Fdo sur ce forum, et les bonnes rencontres qui sont les plus fréquentes on en parle pas, si ça ce passe mal c'est de leurs fautes, si ça se passe bien c'est normal, manquerait plus que ça se passe mal.
Avant de raconter des tas d'absurdités, vous feriez pas mal d'aller discuter avec les Fdo, prendre un peu de votre temps si précieux pour les questionner, vous comprendrez peut-être la difficulté de notre métier. De part ma profession, je vois beaucoup plus de choses que le citoyen moyen. Non ce n'est pas présomptueux de ma part de prétendre cela, mais je sais des choses que vous ne saurez jamais, vous ne voyez que la face cachée de l'iceberg (les gendarmes qui contrôlent sur le bord de la route et représentent 5 à 6% de notre activité). J'en vois certain sur le forum faire l’apologie de la vitesse, la défense des alcoolos de la route et des chauffards, et ça, ça à le don de me foutre en rogne, si vous aviez vu ne serait-ce qu’un centième de ce que j’ai vu, vous changerez d’optique et vous réviserez votre opinion.
Vous n’imaginez pas la difficulté de notre métier, la violence routière à laquelle nous faisons face tous les jours (forte heureusement en baisse, et ça ce n’est pas des statistiques, c’est du constaté et du vécu), l’agressivité humaine (qui s’accroît de jour en jour), les violences, les vols (perpétrés de plus en plus avec violences et avec armes), escroqueries, abus de confiance, les viols …
Contrairement aux idées reçues les gendarmes sont des êtres humains comme vous et moi. Hommes ou femmes, il en existe de toutes tailles et de toutes les couleurs. On les trouve partout : sur terre, sur mer, dans les airs, à cheval, en voiture et même sur votre dos.
Malgré le fait « qu'on n'en trouve jamais quand on en a besoin », ils sont tout de même là quand c'est nécessaire. Les gendarmes font parfois des sermons, mettent au monde des bébés, assistent la maman et rassurent le papa. Mais hélas ce sont trop souvent eux qui transmettent les mauvaises nouvelles. Le gendarme c'est donc cet homme, père ou mère comme vous, qui respire un grand coup avant de sonner à la porte et annonce le décès d'un être cher, et qui après se demande pourquoi il fait ce fichu métier.
Il doit faire preuve de discernement, être de la même trempe que Salomon, juste et équitable mais intraitable aussi. Quelle que soit sa silhouette, il devra être fort, pour faire face aux agressions. Dans les fictions, il est souvent gauche, peu futé, ne sachant que faire, qui ou quoi chercher. Dans la vie, on espère de lui qu'il trouve un petit garçon « à peu près grand comme ça » perdu dans une foule ou dans la nature. Si dans les romans il trouve aide et assistance auprès de tous, en réalité il doit faire avec l'autisme et à une amnésie collective.
Quand il dresse un procès verbal, c'est un monstre borné, quand il sursoit à l'acte c'est soit quelqu'un qui devient intelligent, soit un benêt que l'on a bien eu.
Pour les enfants il est présenté tantôt comme un croque mitaine, tantôt comme un sauveur. Il est militaire donc il travaille beaucoup, il surveille les autres finir leur semaine et prendre leurs récupérations du bord de la route sur laquelle il est pendant encore de longues heures.
Pour certains bureaucrates il ne travaille jamais assez vite, ni assez bien, ni assez tout simplement. Et quand il croit profiter d'une soirée en famille, il est rappelé pour une urgence souvent pour un problème dans une autre famille justement.
Quand il fait bien son travail, « il est payé pour çà ». Quand il fait une erreur, « c'est un incapable ». Quand il fait face au danger, à la violence, et risque de se faire écraser pour porter assistance, ce sont les risques du métier.
Quand il évoque parfois ses peurs, c'est un couard, et quand il parle de sa famille, c'est du sentimentalisme. Pourtant, un gendarme élève beaucoup d'enfants qui ne sont pas tous les siens. Un gendarme voit plus de misère, plus de blessés, de morts, plus de problèmes et plus de levers de soleil que la moyenne. Le gendarme est dehors par tous les temps, son uniforme change avec la météo, mais sa vision de la vie reste la même gardant l'espoir des jours meilleurs.
Contrairement aux apparences, les gendarmes apprécient aussi les jours de congés, les moments d'évasion et la vie de famille. Ils n'aiment ni les cris, ni les heurts, ni la violence, et se sentent tellement seuls quand un verbalisé plein de rancoeur leur rappelle qu'avec ses impôts il paye le salaire du gendarme.
Ils ont quelquefois des médailles pour leurs actions, mais parfois ce sont leur veuve et les enfants qui la reçoivent pour lui... Mais, le gendarme a aussi la satisfaction de l'aide apportée, de la victime rétablie dans ses droits, de l'affaire résolue, de la mise hors d'état de nuire de délinquants. Le gendarme a le bonheur de bien faire son métier, d'apporter sa pierre au bien être de tous et de contribuer à la construction d'une société plus sûre pour la sécurité des citoyens. Le gendarme a aussi le sentiment plein et entier d'être pour quelque chose dans la représentation de l'Etat et dans son action sur le terrain. Et, de temps en temps, il obtient sa plus grande récompense, quand après avoir retrouvé ou aidé un enfant, l'un le regardant de ses grands yeux, ils entendent dire « quand je serai grand je serai gendarme ! ».
Quand la catastrophe ou la crise est là, ces fidèles serviteurs de l'Etat répondent présents pour assurer et maintenir le service que nous devons au public en toutes circonstances.
Et pour témoigner de leur implication pour rétablir toute situation, je paraphraserai une citation de Winston Churchill : « Tout le monde disait que c'était impossible à faire, un gendarme est venu qui ne le savait pas, et il l'a fait ».
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Message édité par wob59dk le 25-07-2007 à 12:53:14