Trouvé
Le mythe des effets de l’amnistie sur l’insécurité routière.
Voici l'un des nombreux graphique qui agrémente le dossier :
On doit constater que l'attente d'une amnistie présidentielle n'a eu aucune influence décelable sur les variations de l’insécurité routière avant les cinq dernières élections. On peut en déduire que ladite attente de l’amnistie n’a eu aucun effet sur les " comportements de conduite " des automobilistes.
Il est raisonnable de penser que la probabilité des contrôles des infractions de conduite est suffisamment faible pour que les conducteurs habituellement prudents ne voient guère de différence entre la probabilité d’être sanctionnés en attente d’amnistie et en temps normal (8) et ne sont donc pas tentés par une modification de leur comportement habituel.
Il est par contre possible (et vraisemblable) que les automobilistes en prennent plus à leur aise avec les stationnements payants et interdits et que certains arrêtent de payer leurs contraventions en attendant l'amnistie. Mais, encore une fois, ce changement dans leur comportement n’a pas d’effet sur les accidents.
On nous a objecté que l’amnistie a des effets indirects sur la morale publique en général (en dévalorisant la loi et la sanction) et, donc, sur les comportements des conducteurs français. Nous n’avons pas d’opinion sur le sujet. Mais il est clair que ce n’était ni le propos du Pr. Got, ni celui de ceux qui ont repris son analyse (pour eux le lien entre attente de l’amnistie et augmentation de l’insécurité est direct), ni donc le nôtre ici.
Ajoutons une analyse pour 2001-2002. L’augmentation du prix des carburants de fin 1999 à début 2001 a entraîné un ralentissement du rythme de croissance du trafic, suivi d’une accélération à partir de la mi-2001 (par rapport à la tendance moyenne de croissance à long terme). Aussi, le total du nombre de tués/an en année glissante se détériore depuis juillet 2001 (sauf en octobre) puisqu’on le compare aux mois à carburants chers et trafic en augmentation ralentie. Ce que le Pr .Got ne manquera pas d’imputer à l’approche de l’élection !
Source : La recherche.fr