Ayant remplacé ma 206 par une Clio RS, je me suis décidé à passer le stage de conduite Centaure, histoire de voir comment elle se comportait en situation difficile sans prendre de risque
Arrivé à 08h15, j'étais le premier des 20 participants de la journée. Les autres arrivent peu après, nous sommes accueillis par une équipe très chaleureuse qui nous offre le café
Rendez vous en salle de réunion un peu plus tard, où on nous expose le programme de la journée : sensibilisation sur les objectifs du stage, premier essai sur piste avec les voitures du centre, retour en salle de réunion pour discuter de ce qui se sera passé, reprise des véhicules, tests visuels, déjeuner, épreuves diverses au volant de nos véhicules persos, vérification de leurs organes de sécurité au garage, sensibilisation sur les dangers de la route. Ouf ! On est rapidement dirigé vers les voitures, en équipe de 2. Ce sont toutes des Saxo diesel :
On se rend rapidement vers un espèce de rond point très large, copieusement arrosé. Sur la droite et la gauche, on voit des panneaux qui seront utilisés plus tard pour les tests visuels :
Chaque voiture est reliée par radio à celle de l'animateur. Petit regret, on peut écouter, mais pas émettre. Ca aurait pourtant été pratique. Les instructions ne sont pas compliquées : on nous demande juste de passer la partie arrosée du virage à une vitesse de 25/30 km/h, en seconde. Les voitures partent, les une après les autres, et c'est à chaque fois la même chose : elles font un magnifique tête à queue, voire même 2 ou 3 en repartant
J'y vais à mon tour. Très rapidement le train arrière part. Je lâche l'accélérateur, contre-braque, mais rien à faire, tête a queue également
Au final, sur 20 conducteurs, un seul a réussi à rattraper sa voiture. Il n'y a pourtant pas de truc particulier (plaque tournante ...), simplement des jets d'eaux qui arrosent la piste :
La réaction est tellement brutale que je finis par soupçonner les pneus. Je me rapproche de la voiture qui me précède : bingo, l'arrière est chaussé avec des slicks, pas étonnant que ça glisse. Retour à la salle de réunion, on nous demande ce que l'on a essayé de faire pour maîtriser la voiture, et on a droit à un petit cours sur ce qu'il faut faire / ne pas faire dans ce type de situation. La théorie se vérifiera en pratique : de retour sur la piste, la plupart des conducteurs arrivaient à passer sans partir en tête à queue. La journée aura au moins servie à ça
On continue encore un peu, et des jets d'eaux à éviter viennent un peu compliquer le tout, les changements de direction se soldant systématiquement par une dérive du train arrière.
Retour au centre, on nous fait passer divers tests visuels (avec des trucs assez tordus, style "le panneau que vous voyez là bas, il est plutôt à 60 mètres, 80 mètres, 100 mètres ou 120 mètres"
, puis on se rend chez Campanile pour manger (Centaure a négocié des tarifs spéciaux avec eux, et je me souviens encore du buffet de desserts à volonté
)
L'après midi se déroule non plus au volant des Saxo du centre, mais de nos propres voitures. Vu qu'ils utilisent des émetteurs radios FM standards, on a juste à régler nos autoradios sur une fréquence donnée pour pouvoir écouter les instructions des animateurs. Pratique !
On commence par la même piste que le matin. Même avec des pneus normaux, mon premier passage se solde par un échec : la voiture ne survire plus, elle souvire. C'est ma première voiture a avoir ce comportement, et c'est assez déroutant au début. Le survirage est plus amusant, et me semble plus facile à rétablir. M'enfin bon, après quelques essais ça passe plutôt bien, et c'est vraiment intéressant de pouvoir faire glisser sa voiture en toute sécurité !
L'intérieur du virage étant munis d'un revêtement différent, on nous fait ensuite passer sur une voix de circulation où le côté gauche n'a pas du tout la même adhérence que le côté droit, et on nous demande de freiner brusquement. Survirage assuré, sauf pour une voiture sur les 20 présentes : une 106. Malgrès les encouragement du moniteur (feine plus fort, passe plus vite, etc.) il n'y a rien à faire, elle ne décroche pas. Ma Clio a au contraire un comportement très vif. Ils sont où les Talibans qui vantent en permanence la stabilité de son chassi ?
Mais bon, peu importe, ca se rattrape là encore très bien. Seule une S40, apparement très joueuse, aura un peu de mal à réussir cette épreuve :
Après un petit briefing sur tout ce qui concerne le feinage, on est invité à se rendre au garage du centre pour diverses vérifications (gratuites) sur nos autos. Sympa comme initiative
Un cours et des tests sur les pneumatiques étaient visiblement au programme, mais comme nous étions un peu en retard on a du passer à la suite. Il s'agit de stabiliser sa vitesse à 30 km/h (puis à 50 au second passage) et de freiner pour s'arrêter le plus tôt possible. Une borne permet d'avoir une vague idée de l'étalonnage de son compteur de vitesse, c'est sympa
Et des petits panneaux qui jalonnent la piste permettent de connaître les distances de freinage. Un Scénic s'élance, puis une 406, une 406 break, une 106, un RX4, une 405, etc. A peu de chose prêt, il leur faut une vingtaine de mètres pour s'arrêter à 30 km/h. Connaissant les capacités de freinage de la Clio RS par rapport à des véhicules plus conventionnels je m'élance, espérant intérieurement les 15 mètres
Bah j'ai vite déchanté. Il ne m'a pas fallu 15 mètres pour m'arrêter, ni 20, ni 40, mais 60 !!! Gloups. Le test à 50 km/h confirme cet écart : là où les autres voitures mettent 60 mètres pour s'arrêter (3 fois plus que 20 km/h en dessous, c'est impressionnant à voir) il m'en faut plus de 80
Sur les 20 voitures, on était que 2 à avoir ce problème. Outre ma Clio RS, la Volvo S40, également chaussée de pneus taille basse, avait des distances de freinage hors norme.
L'après midi s'est poursuivie avec un passage sur une plaque tournante, simulant un éclatement de pneus ou un choc latéral arrière. C'est brutal mais ça se rattrape. Par contre je ne donne pas cher du résultat en condition réelle, avec l'effet de surprise et une vitesse supérieure
Le dernier test a fini de me plomber le moral. Lancé à 50km/h, des jets d'eaux simulant un obstacle sortaient brutalement du sol. Il fallait freiner à temps ou les éviter par la gauche si les distances d'arrêt le ne permettaient pas. Comme pour les tests de freinage précédant, impossible de s'arrêter. Mais là où ça devenait plus inquiétant pour la Volvo et moi c'est qu'on perdait complètement la direction.
J'avais beau braquer, la voiture filait systématiquement tout droit. Point positif : je suis repartis avec un bas de caisse parfaitement nettoyé par les jets d'eaux. On se console comme on peut
La journée s'est terminée par la projection de situations d'accidents commentées et une sensibilisation classique sur la vitesse et l'importance des distances de sécurité. En dehors des problèmes de freinage, qui m'ont quand même bien foutus les boules, j'ai vraiment été content de la journée.
Elle coûte 140€. Ceux qui sont assurés chez Groupama et qui ont l'option "Service +" (elle comprend notamment l'assistance 0 kilomètres, qui est à 50 dans le contrat de base) ne payent que 42€. Toujours pour les assurés chez Groupama, on bénéficie d'une réduction de 40% si on est jeune conducteur, et de 20% si l'on a moins de 6 ans de permis
On part du stage en ayant réellement appris quelque chose, c'est très formateur. Par contre il s'agit très clairement d'un stage de conduite, pas de pilotage. Ceux qui tournent régulièrement sur circuit ont sûrement déjà rencontré la plupart des situations qui sont reproduites "à blanc" chez Centaure et n'apprendrons pas grand chose. Pour les autres, je ne peux que vous conseiller de vous y inscrire, vous le regretterez pas 