Comme toujours, ça part du "bon sens " et ça firira en mascarade.
Effectivement, j'ai pu vérifier entre Brioude et Aubenas le taux de mortalité. ils ont eu la "bonne" idée de mettre une silouhette de chaque mort sur le bord de la route et cette année ils ont rajouté "j'avais xx ans".
Pour bonne moitié ce sont des 16-21 ans, l'autre extrème ce sont les + de 70 ans. En tout, quelques 30-55 ans (3 ou 4).
Pour certains anciens, une échec à l'examen signera la fin de leur autonomie. Je vois le cas de mon beau-père, sorti d'une grosse chimio avec de lourdes séquelles, auditives, visuelle et diminution des réflexes c'est sûr qu'il ne passera pas le cap de l'examen. Pourtant je l'ai encouragé à reprendre le volant, au bout de 3 rétros, il a bien compris le pb du champ visuel. Son état c'est largement amélioré, et il ne conduit que sur de petits parcours en ville et de manière très modérée. En trois 3 ans, RAS. Et les quelques trajets lointains ils ne les fait plus que par étapes, pas plus de 300 bornes dans la journée. C'était un gros rouleur et un accro du champignon mais il connait parfaitement ses limites actuelles et s'y adapte parfaitement.
Ma tante, 89 ans cette année, et toujours en Uno sur ses routes de lozère, à moitié sourde, incapable de se retourner, elle a un "tourneur" sur son siège. Elle peut toujours en remontrer à quelques belges de passage, milieu de la route à 20 à heure, tétanisé par les ravins et les bagnoles surgissant en face.
De l'autre côté, il y a pas mal de daltoniens dans la famille. Un des mômes a passé son permis à Paris sans le dire bien sûr et s'accomode très bien de ce fait. Seul pb, les feux tricolore la nuit, il adapte sa vitesse jusqu'à voir quel feu est allumé (haut ou bas). Il devrait être interdit de permis ? Dans ce cas il peut faire une croix sur son boulot :commercial...
Mon gamin a un autre genre de pb, un oeil voit dans les infra rouges, l'autre dans les utra violets, bref il voit les couleurs d'un prisme beaucoup plus large que la moyenne des gens avec une vision nocturne complète (d'un oeil, impossible pour lui de dormir dans une chambre avec une diode, ou même un écran cathodique eteint mais ayant fonctionné, ça lui illumine la pièce pendant des heures..).
Seul problème, incapacité d'apprécier les distances entre chien et loup. Il s'arrête donc de rouler quand la nuit tombe et repart aux phares. Lui aussi faudrait le faire chier ? Qui pourra évaluer son handicap s'il ne dit rien ? Pour l'instant il a gagné des concours de treck, l'épreuve de nuit bien sûr :-)
D'après ce que j'ai compris c'est une visite médicale chez le généraliste qui prévaudra. J'en suis un, vous croyez qu'on va éliminer nos patients sur des critères objectifs ? On fera comme pour les formulaires d'assurances, on s'arrangera avec la réalité au bénéfice de nos patients comme on l'a toujours fait. Et ce n'est pas toujours facile quand on voit le nombres de cinglés en circulation et les impossibilités d'injonctions thérapeuthiques ou de simple hospitalisation en Psy (pas de place...). Et là je peux vous dire qu'il y a danger sur la route...
-un mec :" je ne sais pas je me réveille avec la R5 turbo, je suis à fond sur l'A4 à passer entre les voitures, ça m'arrive une fois par mois et j'ai la trouille de ma vie à chaque réveil"...
-Un autre: "ça me prend de temps en temps, à 200 j'ai envie de me prendre un camion, un arbre ou une pile de pont, mais au dernier moment je braque"...
Dernier exemple, j'avais un patient victime d'un accident de la route. Un bras et une jambe en moins du même côté. Une force de volonté, celui là, il faisait le jardin des autres. Il conduisait et très bien. Une boule au volant et hop. Il mettait ou non ses prothèses et il n'avait aucun pb avec un seul bras et une seule jambe. Vacances en caravane bien sûr et c'est lui qui manipulait seul l'engin à l'arrêt.
Et comme on est dans l'année du handicap, je me demande si ce gouvernement n'est tout simplement pas en train de faire une énorme boulette de plus.
PS vous savez qu'on a déjà à faire avec le secret médical et que la justice ne rigole pas avec. Pour ce qui est de la circulation, j'ai déjà eu à faire avec un chauffeur routier (camion d'essence...) diabétique à l'insuline et qui faisait une hypoglycémie par quinzaine...
Un autre chauffeur scolaire alcoolo... heureusement qu'ils ont soumis déjà à examen obligatoire, on s'est arrangé avec le toubib de la préfecture: maladie de foie, contre indication formelle de l'alcool et gammaGT tous les mois. RAS, il a été sobre jusqu'à la retraite
Bref on n'a pas fini d'être emmerdé