Bonjour à tous,
Après avoir lu les résultats du sondage et les commentaires, je me décide à intervenir en ma qualité d'ancien professionnel de l'assurance ( 16 ans successivement comme employé d'agence, agent général puis inspecteur de compagnie).
Je vous précise que je suis maintenant "passé de l'autre côté de la barrière" et que je conseille et j'assiste les assurés et victimes. Donc je ne pense pas que je puisse être taxé de parti pris pour les assureurs.
Cependant ma connaissance de la profession m'amène à faire quelques commentaires.
1°) je dirai que l'assurance est un "mal nécessaire". En effet, par la mutualisation des risques, elle permet de prendre en charge des sinistres que le particulier et même les entreprises, n'auraient pas les moyens financiers de supporter.
elle joue donc un rôle économique primordial dans le fonctionnement de nos sociétés occidentales.
Précisons que la filière emploie plus de 200.000 personnes et gère des sommes globales équivalente à 4 fois le budget national.
2°) si les gens ont le sentiments que les "assureurs" (au sens général du terme, c.a.d les compagnies et mutuelles) sont très "riches", il faut savoir que la grande majorité des capitaux qu'elles détiennent sont constituées par les "réserves" qui leur sont imposées par la loi pour garantir la prise en charges des sinistres. C'est ce que l'on appelle les "provisions techniques". A chaque fois qu'un sinistre est déclaré, en fonction de son importance prévisible, une certaine somme est affectée à son règlement. C'est obligatoire, prévu par le Code des Assurances et contrôlé par l'Etat. C'est là-dessus que seront prélevés tous les débours à intervenir suiter à ce sinistre.
Bien entendu, ces sommes sont investies pour être productives d'intérêts mais avant tout pour garantir la sécurité et la pérennité et le respect des engagements ( en clair, le règlement de votre sinistre) quoi qu'il arrive. Placements diversifiés comprenant actions, titre d'état, obligation et immobilier.
Un sinstre "matériel auto" bien moyen, genre froissement d'aile, coûte à l'assureur la prime moyenne d'une année. Mais un "sinistre corporel moyen" coûte environ 3000 primes annuelles...
si l'on ajoute à cela que lorsque l'assureur encaisse 100 € de prime ou de cotisation, tout ne rentre pas dans sa poche, puisque en assurance "auto obligatoire Responsabilité civile", il en redonne à l'Etat et à la Sécurité Sociale plus de 33 sous forme de taxes et contribution.
Bref, je ne veux pas vous inviter à sortir vos mouchoirs pour pleirer sur le sort des assureurs ( leurs résultats boursiers sont là pour dire qu'ils sont prospères), mais je veux simplement inviter à la réflexion et expliquerque tout n'est pas aussi simple.
Ajoutons aussi qu'il leur faut rémunérer agent et courtiers qui leur amènent les clients, supporter les frais de fonctionnement des sièges et bureaux divers ( personnel, entretien,etc. comme toute entreprise) et payer aussi dans certaine des prime aux réassureurs , sachant qu'au niveau mondial les assureurs se réassurent entre eux et que la réassurance coûte cher.
Ce qui veut dire que sur un exercice moyen, en assurance "automobile", le bénéfice net de la compagnie ne dépasse pas 2 à 2,5 %. ( bien entendu, sur la masse de prime, ça laisse néanmoins de beaux bénéfices).
La grosse difficultés en assurance est la fixation des primes. C'est le travail des actuaires qui sont certes aidés par les statistiques, mais il n'est pas facile d'évaluer le prix d'une garantie sans savoir de façon précise à quel sinistralité on va avoir à faire face et à quel coût quand il s'agit d'assurance de "responsabilité"...
Ceci dit, il indéniable que l'on peut néanmoins critiquer les assureurs.
Pour moi, actuellement et depuis le développement de ce que l'on appelé la "bancassurance", la concurrence s'étant développée, la notion de service est passé au second plan.Maintenant, les assureurs demandent maintenant à leurs représenta