Un axe publicitaire attire actuellement les regards.
----> Peugeot: "Profitez des promos propres, la voiture s'en souviendra - 307 HDI"
(C'est presque un slogan avec les allitérations symptomatiques en "pro" comme "professionnel".)
---> Citroen: "Polluez moins, payez moins en profitant dès maintenant des écolonomies".
---> BP: « BP Diesel Ecology - vous faîtes le plein avec un produit plus respectueux de l’environnement sans pénaliser votre porte-monnaie …il permet de réduire considérablement les fumées noires quand vous roulez ( jusqu’à 30%) et les fumées blanches quand vous démarrez"
Un simple coup d'œil sur les statistiques de l'Ined (Institut National d'Etudes Démographiques) indique que le slogan de ces publicités est contraire à la réalité:
Citation :
Tableau 1 - Décès provoqués en France métropolitaine en 1996 par les maladies émergentes ou persistantes.
Pollution atmosphérique hors circulation routière (a) 14 063
Pollution atmosphérique par circulation routière (a) 17 629
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Pollution atmosphérique (a) 31 692
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( http://www.ined.fr/publications/po [...] S3492.html )
La Publicité sert de façon générale à distraire et informer , à mettre l'accent sur les qualités d'un produit pour lui permettre d'être connu rapidement et de rentabiliser les investissements.
Mais ici quel que soit l'usage des véhicules mis en avant, ils ne pourront que provoquer "mécaniquement" des maux qui, sans la main de l'homme n'existeraient pas.
(Et même s'ils suivent le marquage prévu du Co2, ils pourront favoriser la motorisation la plus dangereuse - sauf si par exception elle intègre le Fap -)
Alors comment peut-on partir des faiblesses d'un produit pour en faire des qualités, quelle prise de judo permet de profiter de notre inertie ou de notre poids collectif pour retourner la situation ?
Quelle accaparation des moyens de communication fait qu'il paraisse naturel de défendre l'indéfendable (des "véhicules propres" qui ne le seront jamais !) alors que l'on peine à exprimer que rouler a un impact dont il faut discuter ?
Et que l'on se passionne (c'est mon cas) pour un domaine qui n'a rien inventé de nouveau pour améliorer notre vie depuis des dizaines d'années ?
Le summum est atteint par ces armoires roulantes appelées 4x4. Comment peut-on aimer ça, est-ce masochiste ?
Et pour un publicitaire vue l'ingratitude du sujet, cela doit être difficile de parvenir à y plaquer une image gratifiante, même à travailler sur des concepts forts mais érodés comme la puissance, la différence sociale, la notion de vitesse bien relative…
On se découvre paresseux au point de ne rien demander de réellement nouveau pour se déplacer, à s'accommoder de ces empilements de technologies certes affûtées (et passionnantes), mais vieilles comme le monde (moderne) et sans aucun sens.
Est-ce parce-que le véhicule est le deuxième logis, qui n'existe que comme alternance au premier, et comme l'autre doit rester stable et inchangé pendant tout notre vie ?
Message édité par essonne le 10-05-2006 à 23:55:15