De fil en aiguille, je parviens à San Diego et alors là, c'est l'horreur.
Pendant une heure, chaque fois que je vois l'enseigne au néon d'un motel, je sors de l'Interstate 8-West, un ou deux kilomètres trop loin à chaque fois, et deux secondes plus tard, je suis complètement paumé. Inévitablement, je me résigne à m'orienter vers l'Ouest et recommence.
Carrément inhabituel, les gens d'ici roulent à toute berzingue sur les 6 voies en simultané : tout le monde est à 110 !
Je finis par me laisser entraîner vers la 5 South, non loin de Downtown. C'est un bon choix, demain, je ne serai qu'à dix minutes du centre. Vu l'heure, le tôlier est claquemuré derrière un guichet recouvert de barres d'acier, tout comme la machine à glaçons de l'autre côté de la cour… ça change de Needles !
06:30, à San Diego donc, et déjà des embouteillages ! Mais assez vite, on se retrouve tous à 90-100, genre banc de sardines, sauf que c'est incessant, très dense et que les règles de conduite à l'américaine continuent de s'appliquer : insertion ultra-simple entre deux voitures pour changer de file, à partir du moment où le clignotant à tiqué au moins deux fois. Je n'ose pas dire que je suis "comme un poisson dans l'eau" mais la fluidité est sans nul doute à porter au crédit d'une excellente harmonie de vitesse commune.
Balade à pied sur les quais brumeux, dans une fraîcheur grise et humide qui me fait vite frissonner. Reconnaissance du centre-ville, avec dégustation de glace, puis visite du Star of India, beau voilier qui serait le plus ancien vaisseau marchand encore à flots (les américains ont le chic pour dénicher le truc qui va singulariser leurs curiosités !).
Il s'enorgueillit aussi d'avoir pas mal fait de tours du monde. Une très belle pièce, vernie et revernie, comprenant trois de ses propres maquettes à l'entrepont, avec l'évolution de la mâture et du pontage. A sa poupe, le Berkeley, ancien ferry de 1898 avec une exposition sur le Titanic, forcément émouvante.
De là, montée au Balboa Park, où sont regroupés tous les musées d'importance de la ville. L'Automotive, cela va sans dire, mais je suis un peu déçu, les voitures sont alignées sans génie et sans âme.
Je consacre donc nettement plus de temps à l'Aérospace Museum, juste à côté, où on découvre une réplique ma foi extrêmement réussie du Spirit of St-Louis (ce ne sera pas la seule !).
Incontournables dans ce pays, les louanges extasiées devant les prouesses des frères Wright, sans un mot sur Clément Ader (Français, pas Américain, ça fâche un peu…), précurseur et l'un des vrais pères de l'aviation.
On passe par la Première Guerre mondiale, où, par manque de modèles authentiques, eh bien… on expose des répliques.
A vrai dire, c'est chouette… mais ça reste du faux !
Le hall suivant s'intéresse à la Deuxième Guerre mondiale, où les Anglais sont en bonne place
(la Bataille d'Angleterre a marqué les esprits)
A bien retenir, sournoisement répété au travers des gravures et descriptifs : quoiqu'il arrive, les USA, non seulement ont été à la hauteur mais ont largement devancés leurs adversaires !
La navette spatiale américaine rend dérisoires les tentatives soviétiques…
Je sors de là à 13:00, crevant de faim et sans jambes.