Actuellement le budget carburant d'un véhicule roulant est moitié plus élevé pour l'essence que pour le diesel. (*1).
Cet écart entraîne un vrai plébiscite en faveur du diesel, au point que l'on considère parfois qu'il représente "quasiment 90% du marché français" pour les particuliers (*2).
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Hypothèse: il s'agirait d'une simple lutte anti-gaspi qui aurait mal tourné, sur de faux airs de sauvegarde de la planète et de stratégie industrielle.
On aurait repris les vieilles lunes étriquées d'il y a 30 ans, sur le créneau de la culpabilisation de l'individu quoiqu'il fasse, rhabillées pour l'occasion d'atours neufs… avec des effets collatéraux hors du raisonnable.
Voici les arguments.
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Sauvons la planète: le leurre !
Déjà cela fait toujours un peu bizarre d'entendre la France défendre l'humanité, alors que comme tout le monde elle préserve simplement ses intérêts, même si parfois ses idées dépassent ses actes.
Comme l'on produit toujours la même proportion d'essence et de diesel, si l'on consomme l'un il y a toujours un utilisateur pour l'autre.
Globalement il est donc inutile de diminuer le dégagement de Co2 en changeant de carburant, puisque le pendant de l'autre carburant sera aussi produit et brûlé ailleurs.
Alors faut-il plutôt diminuer la consommation de l'un et de l'autre, et réduire ainsi la consommation et la production de Co2 , en utilisant toutes les ressources disponibles localement (et non importer comme nous le faisons, avec un transport nécessitant aussi de l'énergie) ?
Même cette optique plus raisonnable est battue en brèche car le pic de production va bientôt être atteint - entre 2007 et 2025 – (*3).
A cette date toute proche, tous les hydrocarbures que l'on peut produire chaque année seront transformés en Co2, car il n'existe pas de solution de recyclage de Co2 pour les véhicules (s'ils existent cela sera sur des centrales au fioul !).
A cette date la production de Co2 des hydrocarbures sera gérée par ce seul seuil et toutes les réductions de consommations ou les "bascules" de carburant n'y pourront rien.
Le recyclage/stockage de Co2 ne sera plus un enjeu que pour les anciens/nouveaux carburants comme le charbon, qui viendront remplacer progressivement les usages des hydrocarbures (stockage en sous-sol …) !
Alors une explication à ce déport de quotas de Co2 disponibles par transfert d'une énergie vers l'autre, c'est que l'on souhaite tricher et consommer le Co2 autrement (industrie …) !
Stratégie industrielle !
En favorisant le diesel on détourne ainsi les particuliers et les constructeurs, qui se félicitent de la réduction ponctuelle et fictive obtenue, des seules façons de minimiser la consommation – et donc le Co2 rejeté -.
Il s'agit de la diminution de la puissance, de la vitesse, et de la masse des véhicules.
Et on retarde ainsi l'adoption d'autres modes de propulsion beaucoup plus respectueux (électricité et hybrides …), plus novateurs et prometteurs en terme de stratégie industrielle.
Effets collatéraux: même un travail d'apprenti sorcier se paye / prolifération des cancers du poumon
On a donc échangé un futur inaccessible (la diminution du Co2 par une action sur les hydrocarbures) avec un présent fortement dégradé.
En fait c'est comme si on avait concentré chez nous les impacts en terme de santé publique que le Japon, les USA et l'Allemagne par exemple refusaient, de par leur méfiance vis-à-vis du Diesel.
Une autre réalité pratique, c'est que les seuls véhicules équipés de Fap sont actuellement ceux qui en ont le moins besoin, car prévus pour rouler aux longs cours et peu en ville (grande-routières, monospaces, 4x4 …).
En particulier si l'on part des 6 à 11% de cancers du poumon liés au diesel (*4) surtout lié aux particules de faible diamètre (*5), cette participation à la première cause de mortalité masculine par cancer ne représente pourtant qu'une partie des impacts réels auprès de la population.
On peut imaginer que pour qu'un cancer de ce type se déclare avec cette intensité, il faut que des millions de personnes aient été soumises pendant de longs mois à des expositions et des irritations fortes, l'être humain disposant de défenses naturelles importantes.
Dès lors il ne paraît pas indécent de considérer qu'une grande partie des maladies propres à la respiration (asthmes, allergies) sont dues au particules en particulier diesel, ainsi que d'autres liées de façon moins évidentes (maladies cardiaques, autres cancers…).
Ceci sans parler de la dégradation générale de la qualité de l'atmosphère, qui est sensible dans la vie de tous les jours :
· par grande chaleur toutes les forêts à 100 km de Paris sont à fuir, tellement l'ozone qui se concentre sur ces régions boisées crée une impression de malaise. La seule solution consiste à se terrer chez soi volets clos,
· par temps hivernal, c'est comme si on absorbait un air saturé de substances délétères. On voit l'air scintiller, comme s'il était devenu solide,
· quasiment chaque matin en région parisienne la gorge est piquante et comme imprégnée de matières chimiques (sauf par grand vent).
Le diesel étant reconnu comme maladie professionnelle (*6), on a jugé bon de mettre ce professionnalisme au service de tous les amateurs.
On a fait jouer à la population entière le rôle de "Kamikazés" potentiels involontaires.
Le cancer du poumon se révélant aussi très professionnel en son genre, il limite l'espérance de vie à quelques années (13% à 5 ans – http://www.asrt.ch/rgt/documents/cancer_gva1970-1998/graph_survie.pdf ), dans des conditions souvent déplorables.
Effets collatéraux: le non respect des normes européennes
En 2010, la France ne pourra pas respecter la limitation concernant les rejets d'oxydes d'azotes, de particules et d'ozone (*7) en région parisienne, malgré la ventilation naturelle de la région (zone plane, vents fréquents et présence d'un axe libre d'évacuation - La Seine - ).
La quantité d'ozone a été multipliée par deux en 15 ans.
Et ces éléments en particulier liés aux véhicules diesel, sont extrêmement dangereux (*8).
C'est un peu une honte que la 4ème ou 5ème puissance économique de la planète, membre fondateur de l'Europe, se retrouve avec un tel bonnet d'âne en terme de protection de ses citoyens.
Et les chiffres précédents montrent qu'à l'évidence il s'agit d'un profond problème de respect des individus.
Conclusion
On aurait pu pourtant déterminer dès 2000, que faute d'en connaître exactement les conséquences il valait mieux maintenir la proportion d'usage des deux carburants en l'état, avec une répartition des rôles qui:
1) limitait l'usage du diesel dans les zones urbanisées (peu de camions, grandes routières et véhicules de loisirs).
2) diminuait les rejets dangereux par deux, puisqu'ils ne sont pas les mêmes pour l'essence et le diesel.
Pour cela un "bon père de famille" aurait été jusqu'à:
. supprimer l'avantage fiscal du diesel (voir même en prenant en compte la valeur énergétique ou le poids, plutôt que le volume),
. prôner un niveau de dépollution similaire pour les deux types de combustibles en rendant obligatoire le Fap (filtre à particule) rapidement après 2000 qui aurait participé par son surcoût à maintenir le marché en l'état.
Le Fap "à entretien" - celui de Peugeot ou Ford - aurait été prescrit aux dépens de celui qui ne filtre pas suffisamment les suies les plus fines - de Bmw ou de Volkswagen – (*9) .
Au lieu de cela le choix à été fait de privilégier outre-mesure le diesel, qui a bénéficié d'investissements industriels élevés et de la mansuétude et des faveurs des pouvoirs publics, s'adossant ensuite sur des mesures de réduction du Co2.
Le problème c'est qu'avec ce choix, on n'a fait que déplacer le problème et masqué ou différé sa solution. En faisant encourir des souffrances fortes à la population.
Si l'hypothèse évoquée ici est vraie, l'histoire se résume à un troc entre un replâtrage de la balance des paiements, et un emplâtrage de nos capacités respiratoires, sur fond de désarroi fiscal (taxe sur la restauration) et budgétaire (la dette de la France), en oblitérant le respect pour la vie ou la qualité de vie humaines.
La seule chose à faire concernant tous ces gens qui se sont découverts sacrifiés, sans savoir qu'ils s'étaient portés volontaires pour aller au front, c'est espérer qu'ils rejoindront au moins le Paradis d'Allah du combattant pour des causes inavouables !
Message édité par essonne le 02-02-2006 à 20:42:07