Les Chinois tâtent le terrain
Le Salon de Francfort était annoncé comme celui de la grande offensive des constructeurs chinois sur le marché européen. Sur base de ce qu'il nous a été donné de voir à Francfort, il s'agirait plutôt d'un ballon d'essai dont le bilan est pour le moins contrasté.
Sur le plan de la communication d'abord : les trois constructeurs présents - Jianling, Geely et Brilliance - clament haut et fort qu'ils sont chacun le premier à débarquer en Europe. Un peu désordre... Tout comme l'accueil plutôt improvisé qui était réservé aux visiteurs sur les trois stands, la palme, si l'on peut dire, revenant à Brilliance qui, durant les journées presse du moins, n'avait à proposer pour toute documentation, qu'une... adresse internet ! Les produits ensuite : certes les tarifs annoncés sont attrayants, mais leur niveau de qualité nous ramène vingt, voire trente ans en arrière...
Le couinement plaintif des portières du tout-terrain Jianling Landwind, ou sa planche de bord aux plastiques grossièrement ébavurés ne lui permettent, pour le moment, que de séduire les amateurs d'originalité exotique. En termes de qualité perçue, les productions chinoises sont très clairement en dessous d'une voiture occidentale, fût-elle à vocation « basique » comme la Dacia Logan de Renault... Et ce ne sont pas les mauvais résultats de cette réplique chinoise de l'ancienne Opel Frontera lors des récents crashs-tests organisés par le très sérieux Adac (l'automobile club allemand) qui vont arranger les choses. Au point que Jianling semble peiner à trouver des distributeurs en Europe.
Contacté par nos soins, Karel Cardoen, qui était jusqu'il y a peu en pourparlers avec la marque, nous a confirmé avoir renoncé à distribuer les Lanwind chez nous. Dans l'état actuel des choses, c'est non ! Nous ne voulons pas vendre des véhicules dangereux pour nos clients. Landwind nous répond que des progrès sensibles pourraient être réalisés à brève échéance, mais nous n'y croyons pas trop.
A côté de Jianling et de son Landwind (vendu en Allemagne à partir de 14.995 euros en version essence deux roues motrices et 18.950 euros en 4 × 4 diesel à moteur Isuzu), les deux autres constructeurs chinois présents à Francfort étaient Brilliance, qui commercialise la Zhonghua, une grande berline (4,88 m) à moteur 2.0 ou 2.4 essence, aux lignes plutôt élégantes, et Geely qui propose une large palette de modèles parmi lesquels on épinglera la CK, dérivée d'une ancienne Daihatsu Charade, que le constructeur présente comme une voiture superéconomique avec vingt-huit fonctions de sécurité, la HQ, une voiture équipée de la première boîte automatique d'origine chinoise ou encore la CD (China Dragon), le nouveau modèle de la gamme de voitures de sport Beauty Leopard (!).
Bref, ce n'est pas demain que les marques chinoises pourront concurrencer leurs homologues européennes, japonaises ou coréennes. Mais attention, les hommes de l'Empire du Milieu apprennent vite... Et l'après-demain pourrait arriver plus vite qu'on ne le croit...
23 septembre 2005
Commentaire : Brillance souffre de la mauvaise image de la Landwind dans les articles.