Actualité - sociologie
Après avoir lu l'article ci-dessous, veuillez répondre à la question suivante : votre voiture est-elle une source de bonheur ?
Mieux vaut être riche et en bonne santé
Il ne faut pas croire le proverbe. L'argent peut faire le bonheur, mais à condition d'être un peu plus riche que son voisin.
C'est en tout cas la conclusion à laquelle sont parvenus deux sociologues américains, Glenn Firebaugh, de l'université de Pennsylvanie, et Laura Tach, de Harvard, qui ont présenté leurs travaux dimanche 14 août à l'occasion du centenaire de l'Association américaine de sociologie. D'après leur étude, la principale condition pour être heureux est la santé physique ; viennent ensuite l'argent, le niveau d'éducation et la situation familiale
Les deux chercheurs ont travaillé sur un échantillon de 20 000 personnes de 20 ans à 64 ans, représentatif de la société américaine. Ils ont conjugué de nombreuses données provenant d'études sociales réalisées aux Etats-Unis entre 1972 et 2002. Ils ont utilisé l'âge, les revenus des familles, la santé, le niveau d'études, le vieillissement, la race et la situation conjugale.
Mais comment peut-on mesurer le bonheur ? Les sociologues ont établi un classement à partir de réponses spontanées données par des Américains sur leur situation personnelle, allant de "très content", à "plutôt content" et "pas très content".
"Nous avons trouvé que plus les revenus des gens qui vous entourent dans un même groupe d'âge sont supérieurs aux vôtres, moins vous avez de chances d'être heureux", explique Glenn Firebaugh. "Les familles dont les membres ont des salaires qui ne progressent pas ont un accès plus difficile au bonheur", ajoute-t-il. Ce ne sont pas les ressources financières dans l'absolu qui comptent : le critère pertinent est la richesse relative. Un individu gagnant 20 000 dollars de plus par an que les personnes qui l'entourent a 10 % de chances d'être plus heureux.
Les universitaires décrivent une société américaine marquée par une compétition permanente pour la richesse au sein du même milieu socioprofessionnel et d'une même classe d'âge. Les perdants sont en général malheureux. Cela montre aussi, selon M. Firebaugh, qu'augmenter les revenus dans les pays développés n'a aucun lien avec le niveau de satisfaction des individus. "Au lieu de contribuer à accroître le bonheur général, accroître la richesse alimente une course permanente à la consommation. Les gens achètent toujours plus, juste pour maintenir un niveau constant de satisfaction par rapport aux autres", souligne-t-il.
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-680397@51-659297,0.html
Message édité par Katrina le 10-09-2005 à 17:19:23