Technologie et mobilité
La panne électronique
Si les voitures d'aujourd'hui sont globalement bien plus fiables, leur fort contenu technologique génère parfois des pannes. D'origine électronique, elles sont plus difficiles à diagnostiquer et entraînent des complications en après-vente. Mais les constructeurs ont pris conscience du problème.
La part de l'électronique va dépasser 30% du coût de revient d'ici 2010.
Si l'intégration de l'électronique remonte au début des années 1980, ce phénomène s'est accéléré ces dernières années. Aujourd'hui, une voiture compte en moyenne 40 calculateurs à bord. Ils sont nécessaires pour piloter les équipements de sécurité (ABS, airbags, ESP), de confort (climatisation, essuie-glaces automatiques, allumage automatique des phares, navigation) et de divertissement (système audio). Mais, à vouloir trop bien faire, les constructeurs sont allés trop loin et ont intégré toujours plus de logiciels et de capteurs. Résultat : des bugs sont apparus, comme dans l'informatique. Mais une voiture ne redémarre pas toujours comme un PC et reste alors sur le bord de la route. Il arrive aussi que des pannes inexplicables se produisent et ne réapparaissent jamais. Tous ces petits désagréments (voiture qui ne démarre plus, carte électronique qui n'ouvre plus les portes) ont contribué à dégrader l'image de l'industrie automobile et, en particulier, celle de certains constructeurs haut de gamme qui avaient pris l'habitude d'offrir toujours plus d'innovations. Mercedes a ainsi décidé de réagir en supprimant 600 composants électroniques de ses voitures.
Autosar : une initiative pour rendre l'électronique plus fiable
Dans la foulée, les constructeurs allemands et certains équipementiers ont décidé de se regrouper pour élaborer une architecture électronique commune. Les travaux sont menés dans le cadre du consortium Autosar*. L'objectif est de définir des standards communs pour les composants de base, sachant que le constructeur garde in fine le contrôle du logiciel. De la sorte, l'industrie automobile espère pouvoir fiabiliser le contenu électronique des véhicules. Il n'est de toute façon pas question de revenir en arrière. Sans l'électronique, il ne serait pas possible aujourd'hui de passer le cap des normes européennes pour l'environnement et la sécurité. Les ingénieurs se penchent donc sur le multiplexage (procédé qui permet de faire passer plusieurs informations par les mêmes fils électriques) et sur les réseaux de communication du futur. Si les données du véhicule passent aujourd'hui par le réseau Can**, il faut prévoir l'arrivée de nouveaux standards, en particulier pour le multimédia et les applications "by wire" où l'on remplace les circuits hydrauliques par des fils électriques (freinage, direction, suspension).
En attendant le diagnostic à distance
Les réparateurs sont de mieux en mieux équipés pour réparer les voitures modernes.
Pendant ce temps, les garagistes doivent affronter les pannes électroniques sur le terrain. Ils sont aujourd'hui équipés de boîtiers de diagnostic qui se branchent directement sous le capot. Comme sur un ordinateur, ils recherchent la panne qui est signalée par un code informatique. Une fois le problème localisé, il suffit de télécharger un nouveau logiciel ou de reprogrammer le calculateur. Naturellement, ce sont des opérations que seuls des réparateurs sont habilités à faire. Certains constructeurs, comme Peugeot et Citroën, ont même développé des plates-formes technologiques, où un opérateur peut à distance guider le réparateur ou agir lui même si nécessaire sur le véhicule. Pour réconcilier définitivement le conducteur avec l'électronique, l'industrie automobile compte beaucoup sur le diagnostic à distance. Grâce à un modem embarqué, la voiture sera dans le futur capable de prévenir le constructeur du risque d'une panne. Il ne restera plus alors qu'à diriger le client vers le garage le plus proche afin de réparer l'organe défaillant avant même que la panne ne se soit produite. Un rêve en passe de devenir réalité...
* automotive open system architecture
** controlled area network : réseau par lequel passent les informations liées au moteur, à l'habitacle et à la carrosserie.
Petit arcticle lu dans le site viamichelin !