Vous en pensez quoi ???
Mazda veut marier le moteur rotatif avec l'hydrogène
Inventé en 1919, le moteur rotatif trouve une nouvelle jeunesse grâce à la RX-8 de Mazda à hydrogène.
May Piaget, Hiroshima
Mardi 28 octobre 2003
Yoriaki Fujimoto travaille depuis trente ans en tant qu'ingénieur chez Mazda, au siège du constructeur automobile à Hiroshima. Il fait partie de l'équipe qui a mis au point le dernier moteur rotatif à essence, le «Renesis» de la nouvelle Mazda RX-8. Mais le clou du Tokyo Motor Show, le salon automobile qui se tient jusqu'au 5 novembre dans la capitale nipponne, c'est la même voiture équipée cette fois-ci d'un «Renesis» entièrement à hydrogène. Ce modèle-là en est encore au stade de prototype, mais le constructeur espère bien pouvoir le commercialiser rapidement, d'ici trois à quatre ans, afin de devancer ses concurrents qui, tous, planchent sur les moteurs hybrides (essence/électricité). «Notre voiture utilise l'hydrogène comme combustible, il ne sort que de l'eau du pot d'échappement», assure un technicien. Ce n'est donc pas un moteur hybride à pile à combustible produisant de l'électricité. Le combat est féroce entre les constructeurs japonais qui se battent pour trouver la meilleure formule de moteur écologique. Ils veulent s'imposer sur ce marché par rapport à leurs concurrents américains et européens. L'enjeu est de taille pour remporter le marché de la voiture «propre».
Quatre cents exemplaires de la nouvelle Mazda RX-8 équipée du «Renesis» viennent d'arriver sur le marché suisse. L'an prochain, le constructeur japonais espère en vendre 1300 dans notre pays. «Pour le moment, il fonctionne toujours à essence. Mais il économise 40% de carburant et 50% d'huile par rapport à la version précédente du RX-7», assure Yoriaki Fujimoto. Sur sa fiche technique, le constructeur donne une valeur moyenne de
10,7 litres/100 km pour la RX-8 à 192 chevaux. Il ne consomme pas moins qu'une voiture avec un moteur traditionnel, mais le «Renesis» a surtout l'avantage d'être moins lourd – 162 kg – et plus petit. Il n'a ni soupapes ni vilebrequin, mais deux rotors à la place des pistons. Le constructeur avoue à demi-mot qu'une version diesel est en train d'être mise au point.